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26.05.2008

Laurent FABIUS juge le débat Royal-Delanoë sur le libéralisme "tout à fait surréaliste" (VIDEO)

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da405cd0a6fd801d3d48b8713e88237f.jpgL'ancien candidat à la présidentielle Laurent Fabius a estimé lundi que le débat entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sur le "libéralisme" était "tout à fait surréaliste".

"C'est un débat tout à fait surréaliste", a-t-il estimé, interrogé à ce propos sur BFMTV et RMC. Les deux probables rivaux au poste de Premier secrétaire lors du congrès du Parti socialiste en novembre, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, se sont affrontés dimanche, par médias interposés, sur la définition du "libéralisme".

Selon Laurent Fabius, "le débat (au sein du PS) doit porter sur des questions de fonds", comme "l'emploi", les "retraites", "l'Europe", la "santé", "l'environnement". "C'est ça les vrais problèmes, plutôt que d'inventer des oppositions qui sont un peu factices", a-t-il critiqué, estimant qu'il y avait aussi "un aspect un peu tactique" dans la prise de position de Bertrand Delanoë pour se démarquer de Ségolène Royal.

Souhaitant "qu'on évite justement ces pugilats", Laurent Fabius a répété qu'il n'estimait pas que ce soit "une bonne chose" de nommer à la tête de PS quelqu'un qui sera aussi candidat en 2012, car "c'est un peu confondre les échéances". Déclarant soutenir les "reconstructeurs", le député de Seine-Maritime a jugé que le PS devait aussi préciser sa "stratégie" d'alliances par rapport à la gauche et au centre. AP


Fabius bfm
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18:05 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste : un constat avant le débat.

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1) La déclaration de principes est un texte important.

Elle fixe les bases idéologiques, historiques et même philosophiques de notre parti. Ni texte d'orientation politique (une motion de Congrès) ni relevé de propositions sur tous les sujets (un programme électoral), elle énonce les valeurs qui nous rassemblent. C'est une charte.

Par-delà les époques et les dirigeants, les femmes et les hommes qui se réclament du socialisme sont animés d'un idéal commun (préambule). Socialistes, nous sommes les héritiers de l'humanisme des Lumières et de la Révolution française (18ème siècle), de la critique du capitalisme et du combat pour l'émancipation par l'éducation (19ème siècle), de l'universalisme qui s'oppose au totalitarisme et au colonialisme (20ème siècle).

Pour être vivante, notre déclaration de principes doit s'adapter aux grands mouvements de l'Histoire. Ses précédentes révisions en témoignent : 1905 lors de l'unification des courants socialistes ; 1945 après la Seconde guerre mondiale ; 1969 avec l'après-De Gaulle ; 1990 après dix ans d'expérience du pouvoir. En 2008, il s'agit d'inscrire le socialisme dans les défis de la mondialisation.

2) Au 21ème siècle, le socialisme est plus que jamais d'actualité.

A l'inverse des conservateurs qui se résignent au monde tel qu'il est - ou qui s'en réjouissent -, les socialistes refusent le fatalisme. Nous croyons à la puissance du politique face aux injustices de la nature ou de la société (article 1).

Contre le creusement des inégalités, le PS poursuit le combat de Jaurès pour la République sociale. Nous voulons bâtir une démocratie qui étend les traditionnels droits civils et politiques des citoyens, mais qui leur garantit des droits économiques et sociaux réels. Pour nous, liberté et égalité sont indissociables (article 2), démocratie politique et démocratie sociale sont inséparables (article 5), citoyenneté et esprit critique vont de pair (article 11), droits et devoirs sont une même réalité (article 15), résistance à la marchandisation et soutien à la culture un même combat (article 16).

Face aux obscurantismes et aux intégrismes de toutes sortes, les socialistes croient dans la force de la science, de la technologie, de la culture, de l'éducation. C'est pourquoi nous mesurons le progrès humain à l'aune de l'amélioration effective des conditions de vie, et non des seuls indicateurs quantitatifs de la croissance économique (article 4).

Loin de la vaine croyance des libéraux dans les capacités autorégulatrices du marché, les socialistes croient dans l'intervention de la puissance publique face au marché. Nous sommes partisans d'un Etat présent et moderne, protecteur et redistributeur, entrepreneur aussi en cas de carence de l'initiative privée (article 8). C'est cet Etat régulateur qui, en garantissant l'équilibre entre les territoires et l'intérêt général, permet une décentralisation positive (article 14).

Devant la montée du communautarisme ethnique et du fondamentalisme religieux, les socialistes revendiquent leur attachement à la laïcité et au respect de la liberté de conscience (article 12), ainsi qu'à la lutte contre les discriminations (article 10).

Refusant le repli sur soi et la logique du choc des civilisations, les socialistes demeurent internationalistes. Nous assumons le choix de l'intégration européenne (article 17), oeuvrons au rapprochement des peuples et à la défense des droits de l'homme (article 9), inscrivons notre action dans le cadre des institutions internationales (article 18).

3) Au 21ème siècle, le socialisme doit intégrer une part fondamentale de nouveauté : l'économie sociale et écologique de marché.

Dans la mondialisation, chacun le sait, notre rapport au marché doit être précisé. Mais attention au contresens ! Ce n'est pas la reconnaissance de l'économie de marché qui est inédite pour les socialistes, mais notre volonté explicite de l'orienter dans une perspective sociale et résolument écologique. En procédant à cette clarification, le Parti socialiste reprend à son compte l'approche défendue par L. Fabius et ses amis (par exemple, voir la tribune intitulée "Pour une économie sociale-écologique de marché" dans Les Echos, 26 novembre 2007. http://www.laurent-fabius.net/article1008.html).

En affirmant son attachement à une économie mixte (article 6), combinant un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d'économie sociale, la déclaration de principes traduit notre pratique depuis 25 ans ! Le texte ne fait que reprendre dans les mots en 2008 ce que nous avons collectivement traduit dans les faits depuis 1983, au plan gouvernemental comme à la tête des collectivités territoriales.

En revanche, il est clairement nouveau d'inscrire l'exigence du développement durable au coeur de notre doctrine socialiste et non plus à sa périphérie (article 3). Cette évolution aura un impact majeur quand viendra le temps d'élaborer notre projet et de choisir nos moyens d'action. Une économie sociale et écologique de marché signifie qu'il n'y a pas de croissance durable sans prise en compte de l'emploi, de la protection sociale ou de l'écosystème (article 7). Inversement, compte tenu des coûts à supporter, aucun progrès social ni aucune amélioration environnementale durable ne seront possibles sans une croissance économique soutenue. Les pays européens les plus prospères - en Europe du Nord, notamment - ne sont-ils pas aussi les plus écologiques et ceux où la justice sociale est la plus forte ?

Cette approche conjugue toute la gamme de l’action politique - innovation, production, régulation, protections. C'est pourquoi elle peut permettre à la France et à l’Europe de retrouver le chemin de la croissance, de la justice et de l’influence. "L'économie sociale et écologique de marché" n'est pas un slogan, mais une vision de la société et de l'humanité : elle peut être le socle d’une alternative au simplisme dangereux du laisser-faire, peut rassembler la gauche (article 21) et bien au-delà en faisant prévaloir l'intérêt général sur la somme des intérêts particuliers ou privés (article 19).

4) La déclaration de principes doit précéder le débat et non le clôturer ou l'empêcher.

Ce texte est le rappel de nos valeurs pour le 21ème siècle. C'est beaucoup, mais ce n'est pas tout. Au moins trois enjeux ne sont pas abordés qui devront l'être lors de notre Congrès à l'automne.

- Le PS est-il un parti de transformation en profondeur du monde capitaliste ou voulons-nous seulement le réformer à sa marge ? Le concept de "réformisme de transformation sociale radicale" est bien flou pour être retenu.

- Le PS confirme-t-il sa stratégie sociale et électorale du rassemblement de la gauche élargi à d'autres forces ou, au contraire, lui substitue-t-on une autre démarche, privilégiant le centre et le centre droit ? Dans un cas, on peut gagner les élections (mars 2008), dans l'autre cas, on les perd (2007).

- Le PS reste-t-il attaché à l'exigence d'une Europe ouverte, mais sociale ou se résigne-t-il à l'Europe libérale et offerte à tous les vents du dumping et du laisser-faire ? Dans la perspective des élections européennes de 2009 et des échéances de 2012, nous devrons dire aux Français quelle Europe, donc quelle France, nous voulons construire.

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18:04 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

- Pourquoi la nouvelle déclaration de principes du PS n'est pas acceptable:

748e161cff215a9f584f09f980dddf6f.jpgTrop tôt ou trop tard… par Paul QUILES

On nous dit que la « déclaration de principes » du PS est sa « carte d’identité », qui permettrait, à travers quelques phrases, de définir sa compréhension du monde, ses objectifs pour le changer et les valeurs qui justifient que des hommes et des femmes rejoignent son combat. Dans ce cas, fallait-il la réécrire et, si oui, comment fallait-il le faire ?

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Depuis l’époque de la rédaction de l’actuelle déclaration de principes (1990), alors que l’on tentait d’imaginer les conséquences de la chute du mur de Berlin, le monde a certes bougé : des bouleversements considérables ont affecté et affectent la planète, le capitalisme mondialisé subit une crise profonde, les socialistes français et la gauche ont vécu plusieurs expériences (échecs électoraux, cohabitation, exercice du pouvoir, opposition…). Autant d’évènements et d’évolutions qui justifient une réflexion en profondeur et probablement des ajustements. Mais alors, pourquoi ne pas procéder de façon plus transparente, plus démocratique et, finalement, plus efficace ?

En effet, la méthode suivie laisse perplexe plus d’un militant socialiste, comme j’ai pu le constater au cours des réunions auxquelles j’ai participé. Le nouveau texte proposé au vote des socialistes dans quelques jours serait, nous dit-on, le fruit d’un « consensus » entre les responsables des courants.

- Dois-je rappeler que les courants, appelés désormais pudiquement « sensibilités », se définissent au moment des congrès, par le vote sur des motions d’orientation ? Quelle est aujourd’hui la réalité de courants qui sont en train de se défaire et de se recomposer, en préparation du prochain congrès ? Quelle est la légitimité de ces responsables des anciens courants, qui ne manifestent pas -c’est le moins qu’on puisse dire !- une grande continuité dans leurs convictions et leurs projets ? Un jour on affiche haut et fort l’objectif de la 6ème République, un autre jour on recherche un « compromis historique » avec les défenseurs de la monarchie républicaine ; un jour on promet de lutter impitoyablement contre le cumul des mandats, un autre jour on « oublie » de s’appliquer à soi même cette exigence !

- Quant au terme de « consensus », mot nouveau dans le fonctionnement du PS, qui est normalement régi par la règle de la majorité, on voit bien qu’il a été utilisé pour empêcher tout débat. Les choses sont claires : « seules les propositions qui auront fait l’objet d’un travail collectif en vue de trouver un consensus au sein de la fédération pourront être transmises » (l’Hebdo des socialistes-26 avril 2008). En d’autres temps, le Parti socialiste dénonçait le « centralisme démocratique »….des autres partis, où les militants n’avaient comme seul rôle que d’avaliser les décisions des dirigeants !

Il est d’ailleurs surprenant que ces mêmes dirigeants, qui ont inscrit à l’article 21 de la nouvelle déclaration de principes la nécessité de respecter les règles et les statuts du PS et qui ne se privent pas de les invoquer pour condamner et exclure, aient accepté de délibérément les violer. En effet, pour réviser la « carte d’identité » du Parti socialiste, les statuts prévoient (article 14) une procédure étalée sur 2 congrès qui permet de se donner du temps pour consulter les militants. De plus, il est bien indiqué qu’il faut clairement préciser « les points susceptibles d’être modifiés ». Comment se fait-il alors que le texte actuel , dont je vous recommande la lecture, n’ait pas été diffusé, avec la mention des sujets qui feraient problème ? Il ne suffit pas de dire….ou de laisser dire qu’il s’agirait d’un texte archaïque ou « démodé » pour en justifier l’abandon. Quels sont les formulations ou les concepts qui sont décalés ou insuffisants dans le texte actuel?

Prenons quelques exemples. Ce texte donne-t-il le sentiment que les socialistes ont peur du marché (lequel ?) ou de la concurrence ? A-t-il tort de citer explicitement la laïcité de l’école, exprimant ainsi l’engagement prioritaire des socialistes pour le rayonnement et l’efficacité de l’école laïque, école de la République ? Devrions-nous nous affirmer comme libéraux ? L’ «Europe sociale» serait-elle devenue un simple slogan de campagne ? L’expression « le réformisme au service des espérances révolutionnaires » (article 1 du texte actuel) est-elle un gros mot, qu’il convient de faire disparaître pour ne pas effaroucher les électeurs modérés ? On aurait pu à ce sujet réfléchir au sens que donnait Jaurès à la réforme, qui devait permettre ce qu’il appelait, dans une formule paradoxale mais forte, l’«évolution révolutionnaire». Pour Jaurès –que j’ai la faiblesse, comme Gilles Candar, de préférer à Clémenceau-, « les réformes ne sont pas seulement des adoucissants : elles sont, elles doivent être des préparations. Ainsi, (…), elles prennent un caractère et une efficacité révolutionnaire ».

Ce texte n’est donc pas acceptable. Non seulement parce que, on l’a vu, il a été élaboré dans des conditions critiquables, en contradiction avec nos règles et en tenant à l’écart les militants, appelés à le ratifier par une sorte de plébiscite, mais aussi parce qu’il traite des débats de fond de façon trop sommaire.


Finalement, ce texte vient trop tard ou trop tôt.

- Trop tard : On nous dit que c’est l’échec de 2007 qui rendrait nécessaire la réécriture de la déclaration de principes. Mais alors, pourquoi n’a-t-on rien fait depuis l’échec précédent, celui de la présidentielle de 2002, qui avait causé un véritable traumatisme au PS et à la gauche ?

- Trop tôt : Si l’objectif est de réfléchir en profondeur aux raisons de ces échecs et de préciser les nouveaux fondements du projet, de la stratégie et du fonctionnement du PS, il faut se donner du temps. On ne peut pas « évacuer » des questions aussi essentielles que la réponse au capitalisme globalisé par des formules qui se veulent habiles, mais qui ne sont pas dénuées d’ambiguïté, comme le « réformisme de transformation sociale radicale ».

Ce temps à prendre est celui de la préparation du congrès. Plutôt que de se passionner pour l’« écurie » la plus prometteuse, de vivre au rythme fou et trompeur des sondages, d’inventer des clivages sur le dernier mot à la mode venu enrichir la langue socialiste ou sur la dernière petite phrase à la « une » des médias, parlons sérieusement :

- de la modernité de la gauche et des réponses qu’elles propose à la véritable crise de civilisation qui se dessine ;

- de notre fidélité aux valeurs qui distinguent clairement la gauche de la droite ;

- de notre devoir d’opposition, face à une droite décomplexée ;

- de notre stratégie pour accéder au pouvoir, en contribuant au nécessaire rassemblement de la gauche, qui ne peut se confondre avec l’appel illusoire lancé à « tous ceux qui partagent ses valeurs » à rejoindre le PS (article 22 de la nouvelle déclaration de principes).

Alors, peut-être, si le prochain congrès s’intéresse à ces sujets, sans se concentrer sur des combats incertains, si les militants font entendre leur voix dans de vrais débats, sans se laisser enfermer –comme on le leur propose trop souvent- dans des votes automatiques, si les courants issus des motions jouent leur rôle sans se contenter de répartir les postes….alors le Congrès de Reims marquera l’histoire du Parti socialiste. Il ouvrira, pour la Gauche, la voie de l’espérance.

Paul Quilès : Réflexions à haute voix

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Laurent FABIUS : « Mes pistes pour financer les retraites » (PODCAST)

e90d69b0ec543beda11ffb56dd3fa508.jpgLaurent Fabius, député PS et ancien Premier Ministre, était l'invité de Bourdin&Co lundi 26 mai. A cette occasion, il a présenté ses solutions face à la crise du pouvoir d'achat et au financement des retraites : « On paye chaque année des intérêts de la dette qui sont énormes. C'est une des raisons pour lesquelles je trouve mauvais le choix qui a été fait par le gouvernement de dépenser au moins 15 milliards d'euros supplémentaires chaque année pour des dépenses qui n'étaient pas prioritaires. Je suis partisan de revenir sur une partie de ces dépenses ».

« Il y a d'autres choses à faire. On parle beaucoup du financement de la retraite, mais nous avons travaillé sur ce financement et je vous donne des pistes : le Cour des Comptes propose de taxer les parachutes dorés et les stock-options, ça peut rapporter 3 ou 4 milliards. Deuxièmement, au fur et à mesure que s'améliorera la situation de l'emploi, la cotisation qui va à l'Unedic pourrait aller sur la retraite. Troisième point : il y a toute une série d'exonérations sociales, les unes sont justifiées, les autres ne le sont pas ».


Laurent Fabius répond aux auditeurs :

podcast


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PS : Bertrand le libéral contre Ségolène la participative

par PLACIDE



Les deux rivaux au poste de Premier secrétaire lors du congrès du Parti socialiste en novembre, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, se sont affrontés dimanche, par médias interposés, sur la définition du "libéralisme".

Dans son ouvrage "De l'audace!", Bertrand Delanoë se proclame "socialiste et libéral", ce qui lui a valu une vive réaction de Ségolène Royal. "Le mot 'libéralisme' est le mot de nos adversaires politiques", a t-elle lancé dimanche sur Canal+ . "Il est tellement chargé et tellement synonyme aujourd'hui de capitalisme débridé et de dégâts, d'écrasement des bas salaires" et "de creusement des inégalités. Ce n'est pas utile et ce n'est pas possible d'aller le réhabiliter", a-t-elle estimé.

"Ségolène dit que c'est incompatible d'être socialiste et libéral. Je respecte son point de vue. Ce n'est pas le mien", a-t-il rétorqué dimanche lors du "Grand Rendez-vous" Europe-1/TV5Monde/Le Parisien/Aujourd'hui en France. Il s'est dit "agacé" par le fait "que la droite revendique l'idée et le mot alors qu'à chaque fois qu'elle est en responsabilité elle est plutôt anti-libérale". Les socialistes "se battent pour des droits nouveaux. C'est ça le libéralisme politique", a-t-il expliqué. Il a ainsi cité comme mesure "libérale" introduite par la gauche: l'abolition de la peine de mort, la parité ou le PACS. "On aurait honte de cette partie de notre âme?".

Quant à la démocratie participative chère à Ségolène Royal, "ça fait 15 ans que je fais de la démocratie participative", a-t-il affirmé. Pour le reste, "je ne me déroberai pas, mais ma personne ne peut pas être la question principale" du congrès du PS en novembre à Reims, a t'il précisé modestement : "Je suis disponible mais je ne demande rien", a affirmé le maire de Paris. Il entend "s'engager" mais "ça peut être à n'importe quelle fonction, y compris la première".

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25.05.2008

Mai 68, toujours...

42e33e8125286a9cac1a45e15d261ea3.jpgInterview de Gérard Filoche dans le Journal d’Elbeuf par Dan Lemonnier Journaliste/photographe territorial

Quelles ont été les avancées en terme de règlement du travail après mai 68 ?

Gérard Filoche : Mai-juin 68, c’est la plus grande grève générale de l’histoire de France, et sans doute de l’histoire de l’humanité, si on met en relation le nombre de grévistes et le nombre de salariés concernés par le mouvement.

Incontestablement, c’est la question des salaires qui a été au coeur du démarrage et de l’extension du mouvement, mais l’oppression dans l’entreprise, l’exploitation assez féroce, cadenassée, qui régnaient ont poussé l’ensemble du salariat vers cette grève. La réduction du temps de travail (revenir vraiment aux 40 h) est l’autre motif face des heures supplémentaires à tire-larigot, et donnant un salaire insuffisant pour vivre décemment.

On y a gagné aussi des droits syndicaux, et des droits “invisibles” (plus de respect, de la dignité, des "petits chefs" muselés). Par contre l’abrogation des néfastes ordonnances de De Gaulle et Pompidou qui mettaient à mal, déjà, la Sécurité sociale (et qui avaient fait l’objet de grandes manifestations les 17 mai 1966 et 1967) n’a pas été obtenue. Et sans doute, le rapport de force était tel que, peut-être, à Grenelle, des revendications plus importantes auraient pu être arrachées. Mais déjà, 33 % d’augmentation de salaire, et même 55 % pour les ouvriers agricoles, ce n’est pas mal ! Si on gagnait la même chose aujourd’hui, cela porterait le Smic actuel à 1750 euros...

Qu’en reste t-il 40 ans plus tard ?

GF : La force propulsive de mai 68 n’est pas épuisée. La preuve c’est que Sarkozy veut encore "’liquider mai 68". Il faut être un bien petit homme pour vouloir liquider une si grande page d’histoire. Mais 40 ans après cela l’obsède encore. Il est vrai que la succession de mouvements de la jeunesse et du salariat inspirés de 1968 depuis quarante ans font toujours peur au patronat : 1973 (loi Debré) 1986 (Malik Houssekine) 1994 ( CIP) Novembre Décembre 1995 (plan Juppé), 2003 (retraites) 2006 (CPE)... Nous sommes capables de grands mouvements d’ensemble pour défendre, conquérir des droits sociaux : 71 % des français croient que Sarkozy ne tiendra pas 5 ans, 78 % estiment que mai 68 fut un grand mouvement social, positif, 61 % croient qu’il y aura d’autres mai 68. Moi aussi, et je milite pour !

Vous êtes membre de la CGT depuis 1962, votre engagement politique a t-il été un handicap dans l’exercice de votre profession d’inspecteur du travail ?

GF : Pourquoi cela le serait -il ? Nous sommes des fonctionnaires indépendants mais pas neutres. Notre travail est de faire respecter l’état de droit dans l’entreprise, de protéger les salariés, de sanctionner la délinquance patronale. Il y a de quoi faire ! La convention n°81 de l’OIT nous donne comme mission "d’alerter les gouvernements en place sur le sort qui est fait aux salariés", je le fais, comme tous mes collègues. En mars 2006, deux ans après l’assassinat de deux inspecteurs du travail à Saussignac en Dordogne, nous avons fait des états généraux massifs et unanimes pour un "code du travail plus protecteur", contre les circulaires Sarkozy nous enjoignant un travail de contrôle spécifique de l’immigration... Nous étions, avec tous nos syndicats, unanimes !

A plus de 60 ans vous êtes toujours en activité, pourquoi ne prenez vous pas votre retraite ?

GF : Parce que je n’ai pas "les sous" encore, ni le nombre de trimestres, et que toutes les mesures de la loi scélérate et injuste de Fillon diminuent le niveau des retraites de toutes et tous, y compris la mienne. Mais rassurez vous, je vais la prendre très bientôt, à regret, car vous savez que j’aime mon métier.

Que faisiez-vous en mai 68 ?

GF : J’avais 22 ans, et j’habitais route de Neufchâtel à Rouen, je travaillais depuis l’âge de 17 ans, je vivais de petits boulots, pion, facteur, livreur, manutentionnaire, prof de philo, conducteur de diesel en second, j’étais à la fois étudiant à Mont Saint-Aignan et fils d’ouvrier SNCF (mon père, sédentaire était menuisier au dépôt de Rouen - Orléans), et d’une aide soignante (ma mère travaillait à la clinique Jeanne d’Arc). C’est vous dire si j’étais au croisement des luttes sociales, à la fois à la CGT et à l’UNEF. Je fus membre du comité de grève des étudiants de Rouen et animateur, je crois, très actif de tout ce qui s’est passé, meetings, manifs, rencontres étudiants et salariés. J’exprimais en moi mai 68 avant qu’il ne surgisse et depuis quarante ans je continue...

Mercredi 21 mai 2008.

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23:39 Publié dans 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , Actualités , Associations , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Le Joli mois de mai

par Ernest Simon Offensive socialiste

cb7d4a38d7d508b59abaa826ad83b407.jpgNicolas Sarkozy parlait de liquider Mai 68. Le raz-de-marée littéraire et médiatique de ces dernières semaines est une première réponse cinglante : Mai 68 fait parti du patrimoine social et politique de notre pays. Alors certes, il y a ce Mai 68 mondain que l’on nous retrace avec les "people" d’alors. Mais imputer cette révolution inachevée à quelques personnalités, c’est imputer la marée aux flots.

Une révolte internationale de la jeunesse
Derrière les pavés, il y a d’abord pour une classe d’âge, un contexte international mêlant guerre froide et guerres de décolonisation. Guerre d’Algérie, guerre du Viêtnam, assassinat de Martin Luther King, dictature politique en Europe de l’Est, ces pratiques, avec leurs cortèges de tortures et de violences, entrent en contradiction avec les "acquis" de la seconde guerre mondiale : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la folle absurdité du racisme. La jeunesse ne veut pas aller se faire tuer pour rien : elle entre en conflit avec cette génération qui pour une part revendique un monde "libre" (Etats-Unis, France, Royaume-Uni d’un côté, Europe soviétisée de l’autre.) et qui pour une autre part s’est compromise dans le nazisme et ses avatars (Allemagne, Italie, Japon).

La révolte étudiante est aussi une formidable contestation de l’ordre moral. Il s’agit d’étendre les droits et les libertés des individus, dans un cadre collectif renouvelé. Loin d’un individualisme replié sur soi et du relativisme moral, Mai 68 secoue le joug moralisateur de l’Eglise et de l’Etat, et invite au développement de nouvelles organisations collectives permettant le plein épanouissement des individus.

Mais si Mai 68 a marqué durablement les rapports sociaux en France, c’est que le mouvement étudiant, s’est doublé d’un des plus grands mouvements de grève de l’histoire de France, riche en enseignements, tant d’un point de vue syndical que politique.

Un des plus grands mouvements de grève de l’histoire de France
Mai 68 est le produit d’un long processus de luttes sociales qui commencent en 1963 avec la grève des mineurs, qui se poursuivent en mai 1966 et 1967, avec deux journées nationales d’actions unitaires (1 à 2 millions de manifestants à chaque fois) contre les ordonnances de Pompidou sur la sécurité sociale.

Si la révolte étudiante a pu servir de détonateur, c’est le mouvement de grève générale qui va faire trembler le régime. Au cours du moi de mai, la France est progressivement paralysée par des salariés qui se battent pour les salaires, la durée du travail et les conditions de travail.

samedi 17 mai 2008.

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16.05.2008

J-17 : Rassemblement national du pôle des reconstructeurs

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5a4e1bb5ff6b8259c39900b54fe16f24.jpg« Le 1er juin, pourquoi j’y serai » par Bariza Khiari, Sénatrice de Paris, Membre du Bureau national :

« La journée du 1er juin rassemblera des socialistes animés d’une même conception exigeante de notre Parti. A mes yeux, le PS doit rester porteur d’une ambition de transformation sociale, et ne doit en aucun cas devenir un instrument au service d’une ambition personnelle. Parce que l’attente dans le pays n’a jamais été aussi grande, nous avons aujourd’hui l’impérieuse obligation de nous rassembler pour proposer une alternative politique crédible et authentiquement de gauche.

Face aux attaques répétées contre notre modèle social et notre tradition républicaine, il est de notre devoir de reconstruire le plus grand parti de la gauche française, et de proposer un nouveau dessein pour notre pays. C’est notre ambition ; c’est pourquoi je souhaite que nous soyons nombreux à participer à ce travail pour construire ensemble l’avenir. »

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14.05.2008

"My blingbling is ringing": Quand la République gêne le "Président"

55d039a24c1eedf26100a4e998a00db4.jpgPAR Dominique Rousseau *
La Constitution gêne ! Celle que le général de Gaulle a voulue, celle que la gauche a critiquée et qu’elle a pourtant utilisée, cette Constitution-là gêne le « président » Sarkozy.

Le Conseil constitutionnel, se référant au principe de non-rétroactivité de la loi pénale, censure l’application immédiate de la rétention de sûreté aux condamnés exécutant actuellement leur peine. Censure prévisible car logique au regard du droit. Mécontent de cette décision, le « président » Sarkozy demande au Premier président de la Cour de cassation de lui indiquer les moyens juridiques qui permettraient de rendre immédiatement applicable le maintien en rétention, à la fin de leur peine, de personnes condamnées. Bref, il demande au plus haut magistrat de France de lui donner un conseil sur le moyen de violer la Constitution ! Car il existe un principe constitutionnel clair, celui, énoncé à l’article 62 de la Constitution, de l’autorité de la chose jugée : « Les décisions du Conseil ne sont susceptibles d’aucun recours ; elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. » Et cette demande vient du président de la République, c’est-à-dire, de celui qui, en vertu de l’article 5 de la Constitution, est le gardien de cette dernière et doit garantir le bon fonctionnement des institutions !

Dans ces circonstances, il faut saluer la réponse du Premier président de la Cour de cassation qui, en déclarant qu’il ne remettrait pas en question la décision du Conseil constitutionnel sur la non-rétroactivité, a rappelé à Nicolas Sarkozy qu’il était président de la République et non roi, qu’il devait donc exercer le pouvoir dans le respect de la Constitution et que la Justice était un pouvoir indépendant.

La responsabilité constitutionnelle du « président » Sarkozy est ainsi clairement engagée puisque, par cette demande, il a manqué gravement et manifestement aux devoirs de sa charge. Et ce manquement est intentionnel car ce qui gêne Nicolas Sarkozy ce sont les valeurs de la République telles qu’elles sont exprimées dans la Constitution. « La devise de la République est Liberté, Égalité, Fraternité. La République est indivisible, laïque, démocratique et sociale », énoncent les articles 1 et 2. Or, tous ces principes, qui sont ceux de la France depuis 1789, fonctionnent aujourd’hui comme des obstacles à la politique ultralibérale que Nicolas Sarkozy met en oeuvre. D’où, par exemple, ses discours sur le rôle des religions, sur les quotas par lesquels il appelle à contourner, sinon à lever (c’est la mission donnée à la commission présidée par Simone Veil et à celle présidée par Pierre Mazeaud), les « obstacles » des principes de laïcité et d’égalité. L’affaire de la lettre au Premier président de la Cour de cassation n’est donc pas anecdotique. Elle révèle qu’une bataille est engagée par le « président » Sarkozy contre les valeurs de la République qui lui paraissent incompatibles avec les valeurs du marché qu’il veut imposer à la France. Et, parce que la gauche a souvent fait l’impasse sur les institutions et, plus généralement, sur le droit, elle doit prendre en charge au plus vite une réflexion et une action sur ces questions où se joue la qualité d’une société démocratique.

POLITIS, jeudi 28 février 2008

* Dominique Rousseau est professeur de droit public à Montpellier-I, membre de l’Institut universitaire de France, ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature.

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Après la loi OGM, l'Assemblée renâcle sur les institutions

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e95a21fafaa738e220739dc84490f8b3.jpgPar Julien Martin Rue89 14/05/2008

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Et de deux en deux jours! Après le rejet mardi du projet de loi sur les OGM par l'Assemblée, la commission des Affaires étrangères de la même chambre a rejeté mercredi le texte sur la réforme des institutions.

Et comme mardi sur les OGM, le texte a été rejeté d'une seule voix. Ils n'étaient pourtant que sept députés ce jour au sein de ladite commission, dont un seul communiste et aucun socialiste. Les députés UMP Hervé de Charette, Roland Blum et Jacques Myard, ainsi que l'élu communiste Jean-Paul Lecoq ont voté contre.

Une opposition qui sonne comme un nouveau camouflet pour le gouvernement, mais qui n'étonne guère au vu des vives oppositions suscitées par le texte depuis plusieurs mois, depuis que les députés pressentent que l'exécutif entend leur imposer la quasi intégralité du rapport rendu par la commission Balladur.

"Ce projet me paraît inutile et dangereux"

"Dans l'état actuel du texte, ce projet me paraît inutile et dangereux", se justifie Jacques Myard. Inutile, parce qu'il est selon lui nul besoin de réforme pour que le Parlement puisse compter davantage. Dangereux, parce qu'il rend possible l'intervention du chef de l'Etat devant les deux chambres, ce qui affaiblirait la position du Premier ministre:

Autre parallèle avec le projet de loi sur le OGM: le processus n'est pas interrompu pour autant. L'avis de la commission des Affaires étrangères, aussi significatif soit-il, ne demeure que consultatif. Le véritable examen de la réforme des institutions est du ressort de la commission des Lois de l'Assemblée. Il s'est d'ailleurs également déroulé ce mercredi. 300 amendements ont été passés en revue.

PS et UMP, ensemble tout est possible

Mais, là encore, des voix de la majorité et de l'opposition se sont unies pour modifier le texte qui leur était soumis. Notamment sur trois points représentatifs:

La suppression du transfert au président de la République des compétences du Premier ministre en matière de défense
La suppression du nombre maximum de ministres prévu, alors que Nicolas Sarkozy s'était pourtant engagé sur ce sujet
L'ajout de l'interdiction aux membres du gouvernement d'être en même temps maire d'une commune de plus de 20 000 habitants ou président de conseil général ou régional.

"Ça montre bien qu'il y a des interrogations fortes"

Le résultat de ces discussions sera présenté la semaine prochaine en séance publique à tous les députés. Et le débat promet d'être agité. A gauche, où le PS a d'ores et déjà brandi la menace d'un vote contre. A droite, où le président du groupe UMP, Jean-François Copé, n'arrive pas à faire respecter un minimum de discipline. Il avait encore enjoint ce mercredi matin les députés de son camp à plus de respect du travail gouvernemental. Raté!

Revenant sur le vote négatif de la commission des Affaires étrangères dont il est membre, Jacques Myard estime que "ça montre bien (...) qu'il y a des interrogations fortes au sein de ce groupe", même s'"il n'y a pas là de crise de régime". Reste que le gouvernement ne peut pas "vouloir revaloriser le Parlement et lui dire 'fermez vos gueules'"

RUE89

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"My blinbling is learning" : Sarkozy ou le refus de comprendre

Par Hélène Franco, L’Observatoire du 6 mai

Le président de la République est, notamment en matière de justice, un ennemi de la pensée complexe. Si, pour beaucoup, juger, c’est comprendre, Nicolas Sarkozy répète, lui, à l’envi, comme le 29 novembre 2007 après les émeutes survenues à Villiers-le-Bel, que « quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable ». Il récuse toute recherche des causes : « Les violences à Villiers-le-Bel n’ont rien à voir avec une crise sociale mais tout à voir avec la voyoucratie », gommant ainsi sa responsabilité de ministre de l’Intérieur et de chef de l’État dans ces événements. Il y a, dans le refus d’analyser et de comprendre manifesté constamment par Nicolas Sarkozy lorsqu’il parle de délinquance, une bonne part de démagogie. Les formules simplistes qu’il affectionne sont incontestablement efficaces en période électorale. En 2005, à la suite du meurtre d’une femme imputé à une personne ayant bénéficié d’une libération conditionnelle, il met en cause la juridiction ayant accordé l’aménagement de peine en déclarant : « Le juge doit payer pour sa faute », sans s’embarrasser d’exactitude, ne serait-ce que sur la procédure judiciaire (la libération conditionnelle avait été accordée par trois juges, avec l’aval du Parquet). De même, en juin et en septembre 2006, Nicolas Sarkozy décide de mettre en cause « le laxisme du juge des enfants de Bobigny » au moment des émeutes d’octobre-novembre 2005. Ne craignant pas de travestir la réalité en citant de pseudo-cas d’espèce qui se révéleront tous présentés de manière fallacieuse, le ministre de l’Intérieur dénonce « une forme de démission devant des délinquants chaque jour plus violents ». Il s’agit alors de dissimuler l’échec de la politique sécuritaire menée depuis 2002.

Mais le plus préoccupant, ce sont sans doute les convictions de fond de Nicolas Sarkozy sur la place des enfants dans notre société. Il manie une contradiction permanente entre, d’un côté, la nostalgie d’une autorité verticale, non discutée, entre parents et enfants, entre « maîtres » et élèves, et, de l’autre, le souhait de voir considérer les mineurs de 16 à 18 ans comme des adultes par la justice pénale. Le premier mouvement relève du registre passéiste, mis au service d’une dénonciation de Mai 68, qu’il convient de « liquider ». À l’inverse, Nicolas Sarkozy présente les adolescents comme des adultes à partir du moment où ils ont affaire à la justice pénale, avec des arguments aussi rudimentaires que curieux. Il insiste sur leur taille pour les assimiler à des adultes, comme si justement les transformations corporelles de ces jeunes n’étaient pas constitutives de leur malaise. Il les résume à leurs actes, en instrumentalisant les victimes : « Quand Mama Galédou se retrouve à l’hôpital de la Timone à Marseille, qu’est-ce que ça lui fait, à elle, de savoir qu’elle a été brûlée par un mineur [1] ? » Nicolas Sarkozy répugne à toute démarche d’introspection. À l’occasion d’un entretien avec Michel Onfray, le futur président de la République a déclaré, à propos du « Connais-toi toi-même » : « Fort heureusement, une telle connaissance est impossible, elle est même presque absurde [2] !  » Nicolas Sarkozy dit aussi sa foi dans le caractère inné de la pédophilie ou du suicide des jeunes… Rien d’étonnant à ce qu’il suggère de détecter les futurs délinquants dès le plus jeune âge, ou souhaite en finir avec la spécificité de la justice pénale des mineurs, qui repose sur une approche globale de l’enfant.

L’installation par Rachida Dati le 15 avril 2008 d’une commission chargée de « réécrire l’ordonnance du 2 février 1945 sur la délinquance des mineurs » fait craindre le pire. « Quant à vous, pour qui un crime d’aujourd’hui justifierait une punition d’hier, vous ne savez pas raisonner. Mais pis, vous êtes dangereux pour nous et pour vous-même, si du moins, comme nous, vous ne voulez pas vous trouver un jour sous le coup d’une justice endormie sous ses arbitraires. Vous êtes aussi un danger historique. Car une justice doit toujours s’interroger sur elle-même tout comme une société ne peut vivre que du travail qu’elle exerce sur elle-même et sur ses institutions [3]. » On croirait ces lignes de Michel Foucault écrites aujourd’hui. C’est à cela qu’on reconnaît un grand esprit, soucieux de comprendre.

POLITIS, jeudi 8 mai 2008

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Démocratie et socialisme : Appel au rassemblement de ceux qui veulent ancrer le PS à gauche

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c12a6a0dd16a2d6f334f7445e21827a2.pngCongrès du Parti Socialiste
Appel au rassemblement de ceux qui veulent ancrer le PS à gauche


Le prochain congrès de notre Parti ne doit pas être, avant tout, l’occasion d’un affrontement entre « présidentiables », mais bien l’occasion de définir une ligne de rassemblement de toute la gauche indispensable pour mettre fin au pouvoir de la droite.

Bien évidemment, les animateurs de DS prennent tous les contacts nécessaires pour atteindre cet objectif, particulièrement avec les sensibilités avec lesquelles des combats ont été menés en commun ces dernières années.

Nous ont actuellement répondu : Jean-Luc Mélenchon, Michaël Moglia, Emmanuel Maurel, Marc Dolez.

Pour lire les lettres adressées aux représentants des sensibilités du Parti Socialiste ainsi que le compte-rendu de la réunion du 5 avril du secrétariat de rédaction de D&S :

Appel au rassemblement de ceux qui veulent ancrer le PS à gauche

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21:02 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Journée nationale d'échanges de RAG le 1er juin

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13c5d056e86d194c53418d6c0e84c986.jpg Cher(e) camarade,

Alors que les mauvaises nouvelles s’accumulent – crise financière, crise alimentaire, explosion des prix de l’énergie, baisse du pouvoir d’achat, croissance en berne -, N. Sarkozy et son gouvernement mettent en œuvre mois après mois une politique économiquement inefficace et injuste, une politique de régression sociale et de casse des services publics, une politique de recul démocratique et citoyen.

Face à N. Sarkozy, reconnaissons-le, la gauche n’est pas assez audible. Absence de ligne directrice dans notre démarche d’opposition, manque de crédibilité et de renouvellement de nos propositions, éparpillement des équipes et insuffisance d’esprit collectif. D’où l’importance du Congrès de novembre 2008. Les Français ne comprendraient pas que nous ne nous saisissions pas de cette occasion pour dépasser ces difficultés et construire l’alternative de gauche qu’ils attendent.

Ce congrès ne sera pas un congrès ordinaire. En fonction de son résultat, en fonction des équipes dirigeantes qui en sortiront, le Parti socialiste pourra devenir le grand parti moderne de toute la gauche que nous appelons de nos vœux, ou au contraire il pourra se fourvoyer sur des orientations certes conformes à l’air du temps, mais en rupture avec notre identité de socialiste et de surcroît sans réelle logique électorale. De ce congrès dépendra l’existence d’une gauche de gouvernement à la fois de gauche et crédible.

Face à cet enjeu inédit dans l’histoire récente du parti, nous avons pris l’initiative avec des camarades de sensibilités diverses d’un processus de débat en vue de rendre possible le rassemblement de tous les socialistes au service de la gauche et de la France.

Ce pôle des reconstructeurs organise une journée nationale d’échanges et de débats le dimanche 1er juin 2008 qui se tiendra en présence de ses différents responsables et notamment de Laurent Fabius. C’est une étape très importante dans la préparation du Congrès et nous comptons vivement sur ta présence. Merci de renvoyer à l’adresse indiquée le bulletin d’inscription que tu trouveras ci-joint. Pour participer aux frais et contribuer à la vie de notre sensibilité, tu peux également faire un don à l’aide du formulaire inclus (minimum 15€). D’avance nous t’en remercions.

En espérant t’y retrouver et avec mes amitiés socialistes,

Claude Bartolone

Programme prévisionnel

9h: Accueil par le Maire du 13ème arrondissement

9h15: Retour sur la déclaration de principes du Parti Socialiste

10h – 11h30: Nous voulons prendre au sérieux la rénovation de la gauche et du PS

11h30-13h: Nous voulons un autre modèle de croissance crédible et réaliste dans la mondialisation

13h – 14h30: Déjeuner libre

14h30 – 16h: Nous voulons fonder un nouveau pacte républicain sur nos valeurs

16h – 17h: Conclusion des travaux

RASSEMBLEMENT NATIONAL DU PÔLE DES RECONSTRUCTEURS
DIMANCHE 1er JUIN 2008 – 9 h / 17 h
Ecole Nationale Supérieure des Arts & Métiers

151 boulevard de l’Hôpital – 75 013 PARIS
M° Place d’Italie (lignes 5, 6, 7) ou Campo Formio (ligne 5), Bus : 57-67-83.

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20:45 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Jean-Luc Mélenchon : MODERNISATION ARCHAIQUE

d42b1e18f5b8c4b9cdf7f7fbb2412884.jpgMardi 6 et mercredi 7 mai au Sénat a été discuté le texte qui transpose l’accord entre les syndicats de salariés et ceux des patrons sur le contrat de travail. Naturellement ce texte de régressions archaïques portait le titre pompeux de « modernisation » du marché du travail. Tous les syndicats avaient signé cet accord, à l’exception de la CGT. A l’assemblée nationale le texte a été adopté avec les voix de droite. Les élus socialistes se sont abstenus sauf Marc Dolez (PS Nord) qui a voté contre. Les communistes et les Verts ont voté contre. Au Sénat il en a été de même. La droite a voté pour le texte, les communistes et les Verts ont voté contre, les socialistes se sont abstenus sauf Maryse Bergé Lavigne (PS Haute Garonne) et moi (PS Essonne) qui avons voté contre. Mes interventions peuvent être lues dans le compte rendu intégral des débats du sénat consultable en ligne. Dans cette note je me concentre sur quelques questions de principe que la situation de ce débat soulevait.

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20:32 Publié dans 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 007 POSITIVE PRECARITE ! , Actualités , Associations , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Laurent FABIUS : "Ce n’est pas en singeant la droite qu’on va la battre"

Interview de Laurent Fabius publiée dans Paris-Match.

Paris Match. Vous venez d’investir dans une société de vente aux enchères, Piasa. Est-ce un retour à la tradition familiale du négoce d’antiquités ? L’amorce d’une reconversion ?

9e460e1555f67dd20d717e326dd57f71.jpgLaurent Fabius. C’est un hobby. Il s’agit d’une participation, avec des amis, dans une maison de qualité et de renom, de taille moyenne. J’ai toujours été très intéressé par l’art, à la fois traditionnel et contemporain. Je vais souvent à Drouot, je chine chez les brocanteurs, dans les foires à tout... Je mets mon petit chapeau, et hop !

N’êtes-vous pas atterré par l’état de la politique et la course aux ego dans votre propre parti ?

Depuis quelques années, la politique est devenue une sorte de show permanent. On dit que c’est l’influence américaine. Peut-être... Cette conception “bling-bling”, à gauche comme à droite, ne m’intéresse pas. Un jour, je l’espère, on reviendra à des critères de compétence et de sérieux. Quant aux concours d’ego dans mon parti, je ne m’en mêle pas. La cuisine interne me déplaît, alors qu’il y a tant de problèmes importants auxquels nous devrions réfléchir : environnement, vieillissement, protection sociale, mondialisation...

Vous vous opposez au duel annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë...

Je ne veux tout simplement pas que l’on tranche en 2008 la question de 2012, ni que l’élection présidentielle paralyse tout. Pour cela, je recommande à mes amis socialistes de soutenir le mouvement des Reconstructeurs, qui partage mon analyse. Mais je ne le conduis pas personnellement. Si ces responsables et ces militants socialistes, qui proviennent d’horizons différents, parviennent à s’entendre et à proposer un projet de fond, ce sera un très bon signe. Ils refusent avec moi la “politique people” et sont également convaincus qu’il faut moderniser la pensée du Parti socialiste, sans pour autant confondre la droite et la gauche.

Le PS est-il au plus mal ?

C’est toute la social-démocratie européenne qui va mal, et c’est à cela qu’il faut réfléchir. Le SPD allemand, en s’alliant avec la droite, a perdu des millions de voix et des centaines de milliers de militants. La gauche italienne, dont on nous expliquait qu’elle était l’exemple à suivre, a laissé la place à Berlusconi ! Et le Labour britannique, comme chacun sait, vient de remporter un véritable triomphe aux municipales... Le paradoxe est que la social-démocratie est partout en difficulté alors que, sur le terrain, dans le monde entier, les faits démontrent l’échec de la financiarisation, de la dérégulation et des thèses classiques de la droite. Voilà la question !

La social-démocratie souffrirait-elle d’être social-démocrate ? Insuffisamment à gauche, au fond ?

C’est plus compliqué que cela. Lorsque, d’un côté, la droite fait jonction avec l’extrême droite et que, de l’autre, la gauche officielle ne répond pas aux espoirs placés en elle, laissant ainsi le champ libre à l’extrême gauche, alors les ingrédients sont réunis pour que beaucoup d’électeurs restent à la maison... Il faut, bien sûr, moderniser la pensée de gauche, mais ce n’est pas en singeant la droite qu’on va la battre. C’est tout un aggiornamento qui nous attend.

Faut-il changer le nom du PS - comme le préconise Manuel Valls - en “Parti de la gauche” ?

C’est une vieille lune ! Quand on veut essayer de se distinguer, à gauche, on adopte des positions de droite. Ça peut aider dans les sondages. Mais pourquoi, plus simplement, ne pas se déterminer en fonction de ses convictions ?

A une certaine époque, c’est à vous que l’on reprochait cette droitisation !

J’ai toujours été partisan de concilier la gauche et la modernité. Je le reste. Mais la vraie modernité ! Je ne confonds pas sondages d’opinion et démocratie. S’il y a des points sur lesquels, à partir de l’expérience, j’ai pu évoluer, sur beaucoup je persiste et signe. Regardez ce qui se passe en Europe. Quand je disais que l’euro cher allait démolir notre industrie en obligeant à des délocalisations, certains poussaient des hauts cris. Or même le patronat européen rejoint aujourd’hui ce discours. Comme dit excellemment Hubert Védrine, l’Europe, faute de stratégie, devient “l’idiot du village international”. Je suis favorable à la monnaie européenne, mais celle-ci est très mal gérée. Qu’on arrête de raconter des billevesées sur le fait que “l’euro fort” permet de payer moins cher le pétrole, par exemple. C’est notamment parce que le dollar est faible que les pays producteurs, qui facturent en dollars, l’augmentent ! L’euro n’est pas “fort”, il est cher. Sa gestion est trop dogmatique. Moi qui suis très attentif à ce qui se passe en Allemagne - et partisan du couple franco-allemand -, j’entends le patronat d’outre-Rhin menacer lui aussi de délocalisations si la Banque centrale européenne persiste avec ses taux d’intérêt élevés. Et je m’irrite aussi contre le fait qu’il n’existe pas de politique européenne de la recherche et de l’innovation, alors que c’est la clé de l’avenir. L’inquiétude gagne. En France comme ailleurs : Nicolas Sarkozy n’a pas inventé la crise, mais sa politique l’aggrave, et on peut craindre des tensions sociales sérieuses à l’automne.

“Ça va mal finir”, en somme, selon la formule consacrée ?

Je refuse tout fatalisme, et la France a beaucoup d’atouts. Mais, quand quelqu’un se fait élire en prétendant qu’il sera le président du pouvoir d’achat, alors que chacun constate régression, déception et division, les éléments d’un malaise profond sont réunis... A la gauche, au PS en tout cas, de relever la tête. C’est plus important que les batailles d’ego entre Monsieur X et Madame Y.


RAG 34. Les lolo's 34

20:07 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Fiers d’être de Gauche

4e2885fb3f94bd63c1452d2695fea4aa.jpgLundi 5 Mai, Gauche Avenir va présenter le livre « Fiers d’être de Gauche ». Cet ouvrage a pour ambition de fournir un outil de dialogue entre les composantes de la Gauche à propos de ses valeurs, des grands objectifs qu’elle se doit d’atteindre dans les vingt ans qui viennent.
Gauche Avenir souhaite que ce débat contribue à l’Unité de la Gauche et à un nouveau projet politique.

Entre l’appel lancé en juin 2007 par les 18 premiers signataires et la sortie de l’ouvrage « Fiers d’être de gauche », un travail collectif et démocratique énorme a été entrepris:

- 4 Juin 2007 : appel des 18 signataires fondateurs

- 3 Juillet 2007 : Assemblée Générale des premiers signataires ; 5 rapports introductifs pour les débats futurs devant 300 participants ; constitution de 7 groupes de débat issus de l’AG, avec demande de contributions

L’idée commence à s’imposer d’un document de synthèse qui pourrait servir de Charte de l’Unité de la Gauche

- Septembre 2007 : publication des « 7 clés du renouveau de la gauche », qui confirme la démarche

- 13 réunions territoriales touchant environ un millier de personnes

- 5 auditions publiques : Liem Hoang Ngoc, Emmanuel Todd, Jacques Généreux, Eric Dupin, Jacques Landfried

- Janvier 2008 : premier canevas établi à partir de tous les documents parvenus

- Constitution d’un collectif de rédaction. Mise au point du canevas et présentation aux 18 fondateurs

- 15 février 2008 : soumission du plan détaillé à une AG (200 personnes) ; appel à amendements et contributions

- Analyse des 76 contributions et travail documentaire

- 26 mars 2008 : tenue du « Forum du désenvoûtement idéologique »

- 1er avril 2008 : soumission du texte final aux 18 fondateurs

- 25 avril 2008 : version finale

- 5 mai 2008 : sortie du livre « Fiers d’être de gauche »

Au delà de ces contributions, de ces réunions, de ces auditions, nous avons largement puisé dans de nombreux travaux de sociologues, de politologues et d’économistes, car beaucoup convergent pour dire qu’on ne peut plus continuer comme cela et pour plaider en faveur de solutions radicales et rapides. Cette richesse intellectuelle rejoint le vécu que, comme militants politiques ou associatifs, comme élus, nous rencontrons chaque jour sur le terrain. La parole populaire et les abstentions électorales plaident en faveur d’un bouleversement politique à gauche.

Le fait d’avoir pu débattre entre communistes, socialistes, écologistes, républicains de progrès, altermondialistes, ...nous a aussi été d’un apport considérable. A condition de se débarrasser des vieux préjugés, la richesse de la gauche réunie est bien supérieure à celle de chacune de ses parties.

Vous trouverez plus de détails sur cet ouvrage en consultant le site www.gaucheavenir.org dans les prochains jours.

19:57 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Une stratégie made in America

Par François DELAPIERRE

6a7f9336806209c5d15e2ab8734fd124.jpgCombien de gadgets et d'attrape-gogos dans la longue liste des 166 mesures présentées par Nicolas Sarkozy pour soi-disant faire des économies et réformer l'Etat ? Un bon nombre, assurément. Notons pour commencer qu'ils ne sont même pas d'accord entre eux sur le montant des économies à en attendre : de 5 milliards selon Accoyer à 8 selon Arthuis, presque du simple au double selon qui en parle !

En fait, ces 166 gadgets visent à créer un paysage. Et à l'installer dans les têtes. Il s'agit d'abord de fabriquer l'évidence que la réduction des dépenses publiques serait un impératif aussi urgent qu'absolu. Il s'agit ensuite de faire croire que l'effort du pouvoir porte en premier lieu sur la réduction du fameux "train de vie" de l'Etat, et s'attaque donc en quelque sorte au superflu plutôt qu'au nécessaire.

Or les chiffres, dont ceux fournis par le gouvernement, démentent ces deux idées. Premièrement, on constate que les économies annoncées représentent moins de la moitié des 15 milliards de cadeaux fiscaux distribués l'an dernier. Non seulement ce plan de rigueur veut faire payer par le plus grand nombre les largesses accordées à une minorité de très riches. Mais en outre, on voit que le levier des recettes fiscales serait bien plus efficace que celui des dépenses pour réduire le déficit budgétaire. Deuxièmement, le pouvoir dit lui-même qu'il escompte que la moitié des économies réalisées proviendront en réalité de la réduction drastique du nombre de fonctionnaires et non de celle du "train de vie" de l'Etat.

Certains espèreront peut-être que la réduction du nombre de fonctionnaires n'affecterait pas la qualité des services publics. Mais savent-ils que la moitié des fonctionnaires travaillent pour l'Education nationale ? Or dans des secteurs tels que celui-ci, on ne peut attendre des gains de productivité réguliers permettant de faire toujours plus avec toujours moins de personnel, comme dans le reste de l'économie. La plupart des services publics sont même pris dans la spirale inverse :

plus le marché du travail devient "concurrentiel", plus les dégâts sociaux sont lourds et plus les moyens pour y faire face doivent être importants. La réduction des effectifs ne signifie donc rien d'autre que la réduction du service public et de sa logique. Les lycéens qui défilent ne s'y sont pas trompés.

Pour réaliser les économies exigées par les baisses d'impôts pour les plus riches (mais aussi sur les bénéfices des entreprises et sur les revenus financiers), le gouvernement doit donc s'attaquer au cœur dur des services publics, notamment l'éducation, surtout si les dépenses militaires et de police sont "sanctuarisées". Mais cela ne suffira pas, d'autant que les suppressions de postes mettent longtemps pour produire leurs effets sur l'équilibre budgétaire. Le gouvernement devra donc s'attaquer à un deuxième gros gâteau : la Sécurité sociale. Le Ministre du budget, Woerth l'a admis au détour d'une phrase dans un couloir de l'Assemblée : "pour parvenir à l'équilibre d'ici à 2012, il nous faut économiser 40 milliards d'euros. En gros, ça fait 5 à trouver sur le train de vie de l'Etat et 5 à économiser sur les dépenses de Sécurité sociale tous les ans". On doit donc s'attendre notamment à une nouvelle augmentation des franchises médicales jusqu'à des niveaux très supérieurs à ceux mis en place au 1er janvier 2008.

Tout ceci a connu un précédent : les Etats-Unis d'Amérique. La "doctrine économique" de Sarkozy tient en effet en une maigre idée : importer en France le modèle américain dans l'espoir d'obtenir une croissance identique. Reagan puis Bush ont commencé leur mandat par des réductions massives des impôts des plus riches. Le déficit budgétaire s'est alors envolé. Lorsqu'ils se sont résolus à faire mine de le maîtriser, ils ont refusé d'augmenter la fiscalité et s'en sont pris aux dépenses de l'Etat. Or au même moment, ils ont orienté le budget militaire à la hausse.

Et il paraissait impossible de réduire davantage les dépenses stratégiques en terme de compétitivité économique comme la recherche ou l'enseignement supérieur. Ils se sont donc attaqués violemment aux dépenses sociales. Actuellement, la principale obsession de Bush est d'abattre le mince filet de protection sociale qui subsiste dans ce pays (Medicare et Medicaid) car leurs dépenses doivent beaucoup augmenter dans les prochaines années en raison notamment de la crise des fonds de pension et de la multiplication des travailleurs pauvres.

Une fois encore, Sarkozy ne fait donc que suivre Bush. Le connaissant, le plus étonnant n'est pas qu'il puisse croire que la société française supportera les conséquences de ce modèle économique fondé sur la suprématie absolue de la "création de valeur" pour l'actionnaire : désindustrialisation, pauvreté de masse, explosion des inégalités. Il croit sans doute qu'avec une bonne communication, entre images de Gandrange, casque sur la tête, et caution de Martin Hirsch, charité à la bouche, tout ceci passera sans peine. Non, le plus étonnant est que Sarkozy épouse ce modèle au moment où celui-ci rencontre aux Etats-Unis mêmes la plus grave crise de son histoire.

RAG 34. Les lolo's 34

19:56 Publié dans