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30.12.2007

POUVOIR D'ACHAT : 3 Français sur 4 ne font pas confiance au gouvernement

c7ef38b724aa0426acf9671300af58ce.gifSelon un sondage Ifop, les Français, dans leur grande majorité, ne font pas confiance au gouvernement pour augmenter le pouvoir d'achat.

C’est ce qu’il ressort d’un sondage IFOP pour Ouest-France Dimanche, publié vendredi. Ils ne sont que 25% à croire en l’action gouvernementale sur ce point, un taux en chute de 11 points par rapport à août 2007. Selon ce sondage, ils sont 27% (-16 points) à lui faire crédit de baisses d'impôt à venir. 31% (-14) lui accordent leur confiance pour lutter contre l'exclusion et la pauvreté, et 40% (-16) pour intégrer les personnes issues de l'immigration. Ils sont plus nombreux, à 42% (-11), à faire crédit au gouvernement pour lutter contre le chômage.

En revanche, une large majorité de Français lui font confiance pour lutter contre l'insécurité (62%, en baisse de 14 points) et protéger l'environnement (59%, -4). L'optimiste général des Français a augmenté depuis août dernier: ils sont 53% à se dire optimistes contre 47% de pessimistes. En août, ils se partageaient à stricte égalité 50-50 entre ces deux camps.

28/12/2007 - L'Expansion.com

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Laïcité : Bayrou (démocrate chrétien) : «Sarkozy remet en cause la laïcité républicaine»

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e2ae338f6e192dabc04ae18d2168f218.jpg«La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. Elle est en charge de réaliser un monde meilleur», dit François Bayrou. Crédits photo : Le Figaro

Le président du Mouvement démocrate reproche à Nicolas Sarkozy «le mélange des genres, entre l'État et la religion».

LE FIGARO. Que pensez-vous du concept de «laïcité positive» défendu par Nicolas Sarkozy ?

François BAYROU. Quand on a besoin d'un adjectif, c'est qu'on veut changer le sens du mot. Il y a dans le discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran quelque chose de profond, passé à peu près inaperçu, une remise en cause de la conception de la laïcité républicaine autour de laquelle, depuis la Libération, la France s'est construite. S'exprimant comme président de la République, il introduit la notion de «racines essentiellement chrétiennes» de la France, oubliant le grand mouvement d'émancipation des Lumières. Il affirme que la République a «intérêt» à compter beaucoup de croyants. Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. C'est le retour, qu'on croyait impossible en France, du mélange des genres entre l'État et la religion. Ce mélange des genres n'a jamais produit de bons fruits, je le dis comme citoyen, et je le dis aussi comme chrétien de conviction.

Est-ce une erreur de parler d'espérance quand on fait de la politique ?
La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, on croyait qu'elle était loin derrière nous ! Ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx. C'est un leitmotiv chez Nicolas Sarkozy, notamment quand il a parlé des bienfaits de la présence de l'islam pour pacifier les banlieues. En réalité, l'espérance religieuse et l'espérance civique ne sont pas de même nature. Elles ne sont pas du même monde. Au demeurant, la foi, ce n'est pas seulement l'espérance, ce n'est pas seulement pour l'avenir. C'est pour le présent, c'est voir le monde et voir l'autre dans une certaine lumière qui les révèle et les grandit. C'est en cela qu'il existe un humanisme chrétien.

La République doit-elle prendre en compte ce que Nicolas Sarkozy appelle l'«aspiration spirituelle» de l'être humain, qui existe selon lui chez chacun de nous ?
L'aspiration spirituelle est un mouvement précieux de l'être humain. Sur ce point, je suis d'accord avec Nicolas Sarkozy. La société doit la respecter. Mais lorsqu'on suggère que la morale républicaine doit se fonder dans les religions, on change d'approche. D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. Il est aussi anormal de voir un président dire qu'il faut se référer à la religion que d'en voir un autre affirmer qu'il faut rejeter toute religion. Cette orientation, dans un sens ou dans un autre, n'est pas dans ses compétences. De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré­pare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ?

Quelle est votre conception de la laïcité ?
Celle de Jules Ferry. Quand Nicolas Sarkozy dit que «jamais l'instituteur ne pourra remplacer le pasteur ou le curé» dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, parce qu'il lui «manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance», il exprime exactement le contraire du message de Jules Ferry. La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. La laïcité est un bien très précieux que la France a su définir avant et mieux que les autres. Elle détermine un espace public à l'intérieur duquel on ne fait pas intervenir la religion par l'autorité du dogme, et un espace intime, familial, où chaque être humain cultive des convictions, une vision du monde, qu'il ne peut imposer aux autres. L'idée qui fonde la démocratie, c'est la vision géniale que Pascal a exprimée de la distinction des ordres : il y a l'ordre du pouvoir, l'ordre de la religion et l'ordre de la science. Le pouvoir doit garantir la liberté de prier et la liberté de penser dans les deux autres ordres. Mais l'homme n'est libre que si on empêche toute interférence entre ces ordres distincts. De la même façon, quand Nicolas Sarkozy établit un parallèle entre la vocation religieuse et sa vocation présidentielle, il mélange ce qui ne doit pas l'être.

Cela vous choque ?
Oui. En outre, c'est un paradoxe troublant que celui d'un pouvoir qui affiche chaque fois qu'il le peut sa complaisance avec le matérialisme financier et, en même temps, souhaite faire de la religion une autorité dans l'espace public. Cela s'est déjà produit dans l'histoire. Aujourd'hui, par exemple, chez Bush. Et cela, les citoyens républicains, laïques aussi bien que chrétiens, ne peuvent l'admettre : ils ont quelque chose en commun, c'est le «rendons à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu».

Note précédente sur le même sujet : La laïcité selon le chanoine Sarkozy

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INTERNET : Les petites mains de Ladiesroom.fr se mettent en grève

Par Philippe Crouzillacq, 01net.

85f8655b423360d0a6b707b89452a329.gifDans le Web 2.0, les internautes sont sympathiques. Ils (ou elles) sont prêt(e)s à travailler pour des cacahuètes et à enrichir, de leur contenu éditorial (articles ou chroniques sur la mode ou la famille), un site comme Ladiesroom.fr. Et tout ça pour la gloire d'une publication en ligne. Leurs contributions sont le plus souvent de bonne qualité et, malgré tout, il ne leur viendrait pas à l'idée de se mettre à leur compte et d'éditer leur respectable production sur un blog.

C'est tout le secret du Web… communautaire : créer un environnement où les gens, à force de microtâches indolores mais chronophages se retrouvent heureux de travailler bénévolement au bien-être d'entreprenautes totalement décomplexés. Il ne faut toutefois pas pousser le bouchon trop loin. Car s'ils sont cools et prêts à tout pour faire plaisir à leur prochain, les travailleurs du Web 2.0 détestent au moins une chose : la dissimulation et les petits mensonges. Car dans ce cas-là, la confiance change de camp.

C'est ce qui est arrivé au site Ladiesroom.fr. L'une des collaboratrices du site s'est mise en tête de savoir qui était aux commandes du site auquel elle contribuait. Et a découvert qu'il s'agissait en fait d'une agence de communication, la société Heaven. Ce manque de transparence a choqué d'autres contributrices, explique Le Monde. Et plus de 10 % d'entre elles se sont alors mise en grève (un paradoxe pour des travailleuses non rémunérées). Elles ont toutes d'un commun accord décidé en signe de protestation de « déshabiller (symboliquement) leur avatar », la petite figure stylisée que chacune peut utiliser comme une signature. Une cybergrève tout ce qu'il y a de plus sexy en somme.

Vendredi 28 décembre.

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29.12.2007

POUVOIR D'ACHAT : Contrôle technique auto + 30 % le 1er janvier !

Contrôle technique : Plus sévère... et plus cher

Huit examens supplémentaires dès le 1er janvier prochain.

0eceab58a10ed03a9535e04eb62970d1.jpgLe contrôle technique, auquel sont soumis tous les deux ans les véhicules de moins de 3,5 tonnes, dès le début 2008. Actuellement, les centres agréés doivent contrôler 125 points , dont 68 sont soumis à une contre-visite. Un arrêté du 13 octobre 2006 entrant en vigueur le 1er janvier 2008 vient ajouter huit points de contrôle :

- Amortisseurs (avant et arrière)
- Pédale de freins
- Caches des airbags
- Lave-glaces des phares avant
- Niveau du liquide de freins
- Etat des ceintures de sécurité
- Diagnostic anti-pollution embarqué (On Board Diagnostic)
- Homologation des pare-buffles (4x4)

Ainsi, les amortisseurs défectueux n'échapperont bientôt plus à une contre-visite. À partir du 1er janvier 2008, le moindre problème d'étanchéité constaté devra obligatoirement être réparé dans les deux mois. À défaut, le propriétaire ne recevra pas son attestation de contrôle technique, sésame indispensable pour avoir le droit d'utiliser son véhicule pendant les deux années à venir.

La fin des pare-buffles "sauvages"

Des éléments présents sur les véhicules vendus récemment pourront également faire l'objet d'une contre-visite en cas de dysfonctionnement, comme les systèmes de rétractation des ceintures de sécurité, les lave-glaces des phares avant ou le troisième feu stop.
Le liquide de frein devra être "à niveau" et les pare-buffles, qui trônent devant la calandre de certains 4×4, devront être homologués sous peine de devoir être retirés.

La fin de l'à-peu-près

Par ailleurs, un jeu minime dans les rotules de direction ne sera plus toléré et l'écart de profondeur des pneus d'un même essieu ne pourra plus dépasser 5 mm. Plus question non plus d'intervertir les pneus avant usés avec les pneus arrière en bon état juste avant le contrôle : tous les pneumatiques seront vérifiés lors de la contre-visite.
Autre nouveauté : chaque véhicule mis en circulation depuis le 1er janvier 2004 sera soumis à titre indicatif à un diagnostic antipollution. Enfin, le délai de validité de deux ans du contrôle technique débutera à partir du premier contrôle, et non plus à la date de la contre-visite.

Le temps, c'est de l'argent

Cette nouvelle réglementation engendrera inévitablement une hausse drastique du nombre de véhicules soumis à une contre-visite. Ces vérifications supplémentaires donneront par ailleurs plus de travail aux centres de contrôle, qui devront aussi acquérir du matériel supplémentaire, notamment pour réaliser le diagnostic antipollution.

Un investissement supplémentaire qui devrait pousser la plupart d'entre eux à augmenter significativement leurs tarifs (autour 50 euros actuellement), de l'ordre de 25 à 30%, au moins....

Lobby, quand tu nous tiens...

Dans un communiqué, le Secur, une association oeuvrant pour "l'usage, le confort et la sécurité de tous les moyens de transport", se félicite du fait que la France devienne "le premier pays en Europe" à prendre une telle mesure sur les amortisseurs.

Pas franchement étonnant quand on sait que le Secur dépend directement de la FIEV, une fédération professionnelle regroupant notamment les équipementiers de l'industrie automobile, qui ont tout intérêt à ce que les Français renouvellent le plus souvent possible les pièces de leur véhicule.

D'ailleurs, le Secur se cache à peine de son action de lobbying auprès des pouvoirs publics, se félicitant d'avoir "contribué de façon déterminante à la reconnaissance du rôle sécuritaire majeur des amortisseurs dans la liaison au sol des véhicules". Dont acte.

Neuilly, 29 novembre (AOL)

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POUVOIR D'ACHAT : la politique de Nicolas Sarkozy c’est : payer plus

48932623dee705ec4342dbbaa2de13c0.jpgAu moment même où Nicolas Sarkozy vient de faire voter par la majorité au Parlement un plan supposé favoriser le pouvoir d’achat des Français, son gouvernement vient d’annoncer, entre Noël et jour de l’an, une hausse de 4 % des tarifs du gaz. Le ministre de l’Économie nous dit, comme pour se faire pardonner, que c’est moins que les 6 % souhaités par GDF dans le cadre de sa privatisation, mais c’est bien plus que l’inflation (2,4 %) et cette augmentation vient après la hausse de 5,8 % déjà intervenue en mai 2006. Soit une progression de 10 % en 18 mois.

Dès la fusion de Suez avec GDF, le Parti socialiste pointait le risque d’une augmentation inéluctable des tarifs pour que GDF puisse compenser les coûts d’approvisionnement sans pénaliser ses actionnaires qui commencent à bouder le cours des actions qu’ils jugent de moins en moins attractives.

Ainsi, non seulement le plan de Nicolas Sarkozy n’aura pas apporté un euro de plus aux Français au 1er janvier 2008, mais ceux-ci se verront -à cette date- facturer 4 % plus cher leur approvisionnement en gaz et les fameuses franchises médicales entreront en vigueur. Visiblement le compte n’y est pas par rapport aux promesses. En matière de pouvoir d’achat, la politique de Nicolas Sarkozy c’est : payer plus.

Communiqué de François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste

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Blingbling à Louksor : "Cela tourne vite au vulgaire"


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La "virée people" de Nicolas Sarkozy à Louxor suscite des réactions peu amènes en Europe

Les photos de Nicolas Sarkozy et de Carla Bruni à Louxor (Haute-Egypte) ont fait, mercredi 26 décembre, le tour du monde. Aux Etats-Unis, elles ont été reprises par les journaux accompagnées d'une courte synthèse dans la page people. C'est surtout en Europe que les commentateurs politiques s'y sont intéressés, s'interrogeant, souvent de façon peu amène, sur le nouveau style de la présidence française.

Ainsi, en Italie, le quotidien La Repubblica, sous la plume de Bernardo Valli, se demande, jeudi 27 décembre, si, "à la veille de son cinquantième anniversaire, la Ve République n'a pas changé de visage", si "son sixième président, actuellement en fonction, n'est pas en train d'en écrire l'épitaphe". L'éditorialiste décrit "sur le trône de De Gaulle, un président en manches de chemise, avec la chemise déboutonnée et les lunettes de soleil d'Alain Delon, qui reçoit ses ministres les pieds sur la table et tutoie (presque) tout le monde".

"CELA TOURNE VITE AU VULGAIRE"

L'autre grand quotidien, Il Corriere della Sera, consacre sur deux pages un reportage très illustré et plutôt ironique aux "deux fiancés". En Espagne, où M. Sarkozy est bien en cour et suscite depuis sa campagne présidentielle une curiosité bienveillante, même les journaux conservateurs El Mundo et ABC s'étendent sur le coût du séjour et le rôle de Vincent Bolloré, après le prêt de son yacht à Malte.

C'est en Allemagne que les commentaires sont les plus durs, confirmant la difficulté outre-Rhin à s'habituer à un président de la République française dont les comportements désarçonnent les Allemands, qui ont toujours eu le sentiment qu'il ne les portait pas dans son cœur. A l'unisson, la presse accuse le chef d'Etat de chercher une fois encore à se mettre en scène, souvent au préjudice de sa fonction. "Au lieu de se démener, comme le reste de la classe politique du pays, sur le pouvoir d'achat, les retraites ou les délocalisations, il s'en va le week-end à Disneyland", note le magazine de droite Focus dans son édition en ligne, qui décrit un président à la recherche de "trophées".

"Ehonté, irritant, narcissique", s'agaçait la Süddeutsche Zeitung dès le 21 décembre : "Ses prédécesseurs aussi aimaient le luxe. Chez Sarkozy, cependant, cela tourne vite au vulgaire." "Les Français ne peuvent que constater à quel point ce nouveau Napoléon est imprévisible", conclut le Berliner Zeitung du 24 décembre.

En Belgique, tous les titres, francophones et néerlandophones, plaçaient en "une", mercredi, les photos de Louxor. Une "virée people" selon Le Soir, pour lequel "Sarko termine 2007 sûr de lui, arrogant, espérant mettre un voile sur ses premiers vrais déboires".

Aux Pays-Bas, le quotidien de référence NRC-Handelsblad s'interrogeait, jeudi, sur "ce qui se déroule vraiment à l'Elysée, où l'on semble tourner un remake de Louis de Funès".

Peut-être par trop habituée aux controverses entourant les voyages privés de l'ancien premier ministre Tony Blair, la presse britannique, qui avait fait ses choux gras de l'officialisation de la nouvelle liaison présidentielle au parc Disneyland, s'est faite plus discrète. "Kozy et sa copine sur les rives du Nil", titrait le tabloïd The Sun. Dimanche, The Independent ironisait sur un "Sarkozy qui a réinventé la présidence de la France à l'époque du star-system". M. Sarkozy est "le candidat unique d'un studio de 'Loft Story' appelé Elysée, une star de soap opera", écrivait le journal.

Henri de Bresson (avec nos correspondants en Europe et à Washington). LE MONDE | 27.12.07 |

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La laïcité selon le chanoine Sarkozy

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Laïcité : l'approche sarkozyenne, par Yvon Quiniou

d0466816558ae071732cf1696f0012da.jpgC'est une véritable régression dans la manière de concevoir la laïcité que Nicolas Sarkozy vient de nous proposer dans son discours de Rome, sous prétexte de nous en offrir une version positive et moderne. Cela tient à ce que sa réflexion implique à la fois un contresens théorique, une ignorance historique et un parti pris idéologique difficilement acceptables. Le contresens, d'abord. La laïcité, telle que la France la revendique depuis la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ne se définit pas positivement par une ouverture de principe aux croyances religieuses. Elle consiste bien plutôt dans un retrait ou une abstention qui fait devoir à la République de ne pas porter atteinte à la liberté de conscience et de culte et, par conséquent, de n'en reconnaître ou de n'en soutenir aucun en particulier. Elle garantit ainsi, à l'encontre du prosélytisme religieux, la liberté absolue d'être sans religion.

Si la laïcité a un sens positif, ce n'est pas celui que lui prête notre président. Elle a pour fonction non de libérer les croyances, c'est-à-dire de les favoriser, mais de libérer des croyances instituées que les différentes églises ont toujours, peu ou prou, voulu imposer. Appuyée sur la raison, elle doit former l'esprit critique et le libre jugement de chacun, de façon à ce qu'il prenne ses distances avec tous les contenus de pensée religieux qui prétendent se soustraire au débat rationnel et fonder leur légitimité sur une source transcendante échappant à l'intelligence profane. Cette démarche n'interdit en rien que l'on retrouve et donc que l'on accepte les croyances religieuses, mais contrôlées par la raison humaine : des croyances qui ne s'opposent pas à ses acquis scientifiques et moraux, et débarrassées alors des emportements irrationnels qui les ont trop souvent caractérisées.

C'est ici que la prise de position de M. Sarkozy révèle une ignorance étonnante, si elle n'est pas feinte. L'identité progressiste de la France républicaine ne s'est pas construite avec l'héritage chrétien officiel mais, pour l'essentiel, contre lui. Laissons de côté le grave passif de l'Eglise catholique dans son rapport aux sciences : au nom d'une Révélation dogmatisée, elle s'est régulièrement opposée aux grandes théories scientifiques, comme celles de Galilée ou de Darwin, pour autant qu'elles mettaient en cause sa vision du monde et de l'homme.

Ne parlons que des grands bouleversements sociopolitiques qui font désormais consensus : la République elle-même, les droits de l'homme, l'égalité de l'homme et de la femme, les conquêtes sociales, la conception civile du mariage, la libération sexuelle et l'acceptation du droit à la différence dans ce domaine (comme l'homosexualité). Tout cela a été refusé et combattu par l'institution religieuse, avec virulence.

Une conception exigeante de la laïcité se doit de rappeler ces faits, et appeler à une vigilance constante, dans la tradition de la philosophie des Lumières, face aux menaces dont est porteuse toute foi quand elle n'est pas soumise à l'examen critique.

A la racine de l'approche sarkozyenne de la laïcité, qui rompt avec la tradition républicaine française, il y a un parti pris idéologique : l'idée que l'homme ne saurait se passer de la religion et du fondement qu'elle est censée apporter à ses choix moraux. Il rejoint ici clairement Benoît XVI qui, dans sa dernière encyclique, défend un scepticisme radical quant à la possibilité pour l'humanité d'améliorer sa condition historique sans le secours de la foi.

Toute l'histoire de l'humanité nous prouve que l'homme a su progresser sans l'aide des religions (même si elles ont pu aussi aider à ce processus) et qu'il n'a pas besoin de la référence à une transcendance pour savoir ce qu'il en est du Bien et du Mal : la raison humaine, compétence naturelle qui s'améliore au fil du temps, y suffit, et elle a même dû souvent se débarrasser des préjugés religieux pour exercer sa liberté. Vouloir enraciner la morale dans la religion, c'est faire dépendre les valeurs qui doivent réunir toute l'humanité de croyances particulières, souvent opposées entre elles et dont la pérennité est rien moins qu'assurée ; c'est s'exposer soi-même au relativisme et au nihilisme à l'instant même où on croit les combattre.

Une société réellement laïque ne trouvera donc dans les doctrines éthiques des différentes religions qu'un élément parmi d'autres de sa discussion sur les normes qui doivent régir notre vie collective et individuelle, sans leur conférer le moindre statut privilégié. Elle fera, par conséquent, du pouvoir humain de juger, partagé par tous, le fondement exclusif de ses prises de position morales : seul ce qui est universel peut décider de ce qui vaut universellement, par-delà les croyances ou les incroyances des uns et des autres.

Article paru dans l'édition du 28.12.07.
Yvon Quiniou, agrégé de philosophie, membre du comité de rédaction de la revue "Actuel Marx"

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28.12.2007

Sans-papiers : les soutiens sur "écoute informatique" ?

77b3a3f6cc18ca0c72536da60f143168.jpgPar Chloé Leprince (Rue89)

Un projet de loi prévoit d'autoriser la police à placer des logiciels espions notamment contre l'aide aux sans-papiers.

2f48b29c551ccea2414fea76c44a9a4f.jpgEt si la police était désormais habilitée à placer des logiciels espions dans les ordinateurs dans le but de surveiller en temps réel le flux informatique des particuliers et des entreprises, y compris les e-mails et les conversations téléphoniques via des logiciels comme Skype? C'est en tout cas ce que prévoit une disposition, dévoilée la semaine dernière par la presse, de la prochaine Loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi), qui doit être présentée en janvier par Michèle Alliot-Marie en Conseil des ministres.

Contactés ce samedi, les services du ministère de l'Intérieur évitent encore de communiquer plus amplement sur le sujet. "Un peu tôt" y explique-t-on. Plusieurs dispositions ont pourtant filtré et notamment ce nouveau feu vert à l'installation de "mouchards".

Les policiers seraient autorisés à avoir recours à ces "clés de connexion" non seulement pour de la grande délinquance "dès lors que les faits sont commis en bande", précise le texte tel qu'il a filtré à ce jour -et n'a pas été démenti par le ministère. Mais aussi pour "l'aide à l'entrée et au séjour d'un étranger en situation irrégulière".

Sur le papier, la justification s'articule bien sûr autour de la lutte contre les réseaux de l'immigration clandestine et notamment contre les passeurs. Mais, dans les faits, des associations comme RESF, par le biais de laquelle des particuliers s'organisent notamment pour assister, et parfois cacher, des parents d'enfants scolariés qui sont en situation irrégulière, pourraient être menacées.

"Une volonté symbolique et politique plus qu'une vraie utilité"

C'est sous le contrôle du juge d'instruction et du juge des libertés et de la détention (JLD) que la police sera habilitée à contrôler en temps réel le contenu des ordinateurs des gens placés sur "écoute informatique". Un JLD interrogé par Rue89 se montre "plutôt sceptique":

"Cette disposition traduit bien sûr la pression accrue sur la lutte contre l'immigration clandestine. Partout, dans les services de police, les préfectures, les gendarmeries, on forme des équipes spécifiquement destinées à cela. Mais, du point de vue de l'enquête, je suis dubitatif sur le lien entre ce qui peut circuler sur ces ordinateurs et les étrangers en situation irrégulière. J'ai du mal à saisir l'utilité de la chose."

Pour ce magistrat, cette disposition nouvelle relève en fait davantage d'une volonté "symbolique ou politique" que d'une utilité réelle, alors qu'à ses yeux, on déploie déjà bien davantage d'énergie à poursuivre les sans-papiers eux-mêmes qu'à lutter contre les réseaux de passeurs.

Inquiétude des associations

La plupart des associations n'avaient pas encore relevé ce détail de la Lopsi, qui ne sera rendue publique que début 2008. Mais cette nouvelle génération de mouchards inquiète, alors que Rue89 racontait début décembre que deux salariées de France terre d'asile avaient été placées sur écoute pendant plusieurs mois avant d'être carrément placées en garde à vue pour avoir eu des conversations téléphoniques avec de jeunes clandestins qu'elles suivaient dans le cadre de leurs maraudes.

Vice-président du Gisti, l'avocat Stéphane Maugendre rappelle qu'il y a une tendance à la criminalisation générale de l'aide aux sans-papiers:

"Cette disposition serait un pas de plus mais, dès à présent, la loi sur l'aide au séjour irrégulier est tellement vaste qu'elle concerne aussi bien l'oncle qui accueille son neveu quelques jours, le petit passeur, les associations qui aident les sans-papiers, que les gros réseaux de trafic."

Si aucun parent d'élève associé par exemple à RESF n'a encore été poursuivi, Stéphane Maugendre souligne que la pression va bien crescendo sur le terrain.

Du côté de la Cimade, Sarah Bellaïche juge "très inquiétante" la nouvelle mouture de la loi de sécurité intérieure mais constate également que l'arsenal législatif permettait déjà de donner un tour de vis supplémentaire, en poursuivant par exemple les passagers d'un avion qui s'étaient opposés à l'expulsion d'un clandestin pour "atteinte au bon fonctionnement d'un aéronef".

22/12/2007.

Sur le même sujet 18.12.07 : INTERNET : Bientôt un flic dans chaque PC des français ?

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27.12.2007

Benazir Bhutto assassinée dans un attentat

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8c571f3417dbca509f832de0ca4ec937.jpgPar Augustine Anthony Reuters - Jeudi 27 décembre, RAWALPINDI, Pakistan (Reuters) - Benazir Bhutto, ancien Premier ministre pakistanais, a été assassinée dans un attentat alors qu'elle venait de quitter une réunion électorale jeudi à Rawalpindi, près d'Islamabad.

Sa formation, le Parti du peuple pakistanais (PPP) et les médias officiels ont confirmé son décès.

"Elle est morte en martyre", a déclaré Rehman Malik, un responsable du PPP.

Bhutto, 54 ans, est décédée après son transfert dans un hôpital de Rawalpindi. Selon la chaîne de télévision Ary-One, elle a reçu une balle en pleine tête.

La police a indiqué que le kamikaze avait tiré plusieurs coups de feu en direction de Bhutto au moment où celle-ci quittait la réunion électorale organisée dans un parc public. L'homme a ensuite déclenché la charge explosive qu'il portait sur lui.

"L'homme a d'abord tiré sur le véhicule de Bhutto. Elle a baissé la tête et il s'est alors fait exploser", a déclaré Mohammad Shahid, un policier.

La police a fait état de seize victimes dans cet attentat intervenu en plein coeur de la campagne pour les élections législatives du 8 janvier. On ne sait pas pour l'instant si le scrutin va être maintenu.

"Cet acte est l'oeuvre de ceux qui veulent désintégrer du Pakistan parce qu'elle était un symbole d'unité. Ils ont achevé la famille Bhutto. Ce sont des ennemis du Pakistan", a déclaré à Reuters Farzana Raja, un responsable du PPP.

Un correspondant de Reuters présent sur les lieux a entendu deux coups de feu, puis l'explosion. Un autre correspondant de Reuters a vu plusieurs corps et la tête mutilée d'une personne sur une route près du parc où s'est tenu le meeting.

MUSHARRAF CONDAMNE

Le président Pervez Musharraf a condamné "dans les termes les plus vigoureux l'attaque terroriste qui a coûté la vie à Benazir Bhutto et à de nombreux autres Pakistanais innocents", a rapporté l'agence de presse officielle.

Il a aussitôt convoqué une réunion d'urgence des responsables du pays et a appelé "la population à rester calme face à cette tragédie".

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira à 17h00 GMT pour des consultations à la suite de cet assassinat.

Les Etats-Unis ont très rapidement condamné l'attentat qui a coûté la vie à l'opposante pakistanaise, l'une des femmes politiques les plus célèbres au monde. "Cet attentat montre qu'il y a toujours des gens au Pakistan qui cherchent à saper la réconciliation et les progrès démocratiques", a dit un responsable du département d'Etat.

Le président George Bush, qui se trouve dans son ranch de Crawford, au Texas, où il passe des vacances, a été informé de la situation, a fait savoir la Maison blanche. Il doit s'exprimer sous peu.

Dans une lettre adressée à son homologue pakistanais, le président français Nicolas Sarkozy juge "plus que jamais indispensable" la tenue des élections législatives après "l'acte odieux" qui a couté la vie à l'ancien Premier ministre.

L'Inde de son côté déplore un "coup terrible porté à la démocratie". "Avec sa mort, le sous-continent perd un dirigeant politique de premier plan qui avait oeuvré pour la démocratie et la réconciliation de son pays", a déclaré le porte-parole du Premier ministre Manmohan Singh.

A son retour au Pakistan après huit années d'exil, l'opposante pakistanaise avait déjà été la cible, le 18 octobre, d'un attentat qui avait fait 139 morts dans la foule qui s'était massée à Karachi pour l'accueillir.

Les activistes islamistes avaient été pointés du doigt mais celle qui fut la première femme à diriger le gouvernement d'un pays musulman s'était dit prête à braver le danger pour aider son pays.

Dans le discours qu'elle venait de prononcer jeudi, Bhutto avait justement évoqué ces menaces. "J'ai mis ma vie en danger, je suis rentrée parce que je sentais que ce pays était en danger. Les gens sont inquiets mais nous sortirons ce pays de la crise", déclarait-elle quelques minutes avant sa mort.

PREMIÈRE FEMME À LA TÊTE D'UN PAYS MUSULMAN

Les personnes qui s'étaient réunies près de l'hôpital où elle avait été conduite ont poussé des cris à l'annonce de sa mort. Certains ont scandé des slogans hostiles à Musharraf.

L'ancien Premier ministre Nawaz Sharif, figure de l'opposition, s'est adressé à la foule éplorée. "Mon coeur saigne et je suis aussi profondément attristé que vous", a-t-il dit.

Bhutto était devenue à 35 ans la première femme à diriger le gouvernement d'un pays musulman après la victoire, en 1988, de son parti, le PPP, fondé par son père.

En 1990, cible d'accusations de corruption, elle fut limogée, avant de revenir au pouvoir en 1993 pour en être une nouvelle fois chassée en 1996 sur fond de nouvelles accusations de corruption et de mauvaise gestion du pays.

Elle avait contesté le bien-fondé de ces accusations mais avait choisi de rester à l'étranger plutôt que de les combattre.

Sa famille n'a pas été épargnée par les violences.

Son père, Zulfikar Ali Bhutto, fut président puis Premier ministre du Pakistan avant d'être renversé en juillet 1997 et exécuté deux ans plus tard. Ses deux frères sont morts dans des circonstances mystérieuses.

Bhutto affirmait avoir été la cible de plusieurs tentatives d'assassinat ourdies par Al Qaïda dans les années 1990.

Selon les informations de différents services de renseignement, les taliban ainsi que des groupes djihadistes pakistanais avaient recruté des kamikazes pour mettre fin à ses jours.

Avec la contribution de Kamran Haider, version française Gwénaelle Barzic

20:07 Publié dans Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

ERRATUM : Johnny PERCHEC UMP blog personnel au service des citoyens de la ville de MEZE (34140)

267d1bd863262a51c69e1750a5b1e4e5.jpgLe blog personnel de Johnny Percherc UMP nous informe tardivement (l'info est partie dans tous les tuyaux), qu'il n'est pas candidat aux prochaines municipales de Mèze. (lire notre note précédente).

Cela étant, puisque-que ce blog UMP est au service des mézoises et des mézois, nous sommes impatients de lire tout ce qui concerne la ville de Mèze, à l'approche des municipales, plutôt que la suite ininterrompue de toutes les dépêches sur tous sujets, qui tombent sur les téléscripteurs des agences de presse.

Les lolo's 34.

15:30 Publié dans Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Municipales à Mèze : Johnny Perchec UMP, "raccolage à tout prix" sur internet ...

d66d41d5653b66a6583d03eda0071dd4.jpgUn candidat aux municipales à Mèze nous parle de tout et de "n'importe quoi" d'heure en heure, et bientôt de minute en minute ...

Sauf bien sûr, de tout ce qui intéresse les citoyennes et citoyens mézois au quotidien. Cela n'aura bien entendu pas échappé à votre vigilance. La droite est si décomplexée qu'elle est prête à vous proposer en boucle la rubrique des chiens écrasés, pourvu qu'elle soit en haut de l'affiche, au détriment de toute expression contraire à sa nouvelle idéologie populiste, incarnée par son Président Bling bling.

Monsieur Johnny Perchec, arrêtez de spammer la plateforme Midiblogs, c'est pitoyable ! Parlez-nous plutôt de l'avenir de la ville de Mèze, que nous puissions enfin espérer en débattre avec vous !

de4c9bc6010fd526b8c4e4cf7f8d62aa.pngLolo 34

14:04 Publié dans Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : PERCHEC, UMP, MUNICIPALES MEZE

Prédidence "Kéké" par Roger ANTECH Midi Libre


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45ef13f6c36cb0e0f4562ea680a91c5b.gifEDITORIAL par Roger ANTECH Kéké

Tous les signes ostentatoires d'une présidence d'un autre type, type m'as-tu-vu ?, tous les attributs d'une présidence "kéké" sont donc à nouveau réunis. Les Ray-Ban, la Rolex, la chemise dépoitraillée, la petite chaîne en or, la barbe de deux jours, les vacances de riche, le palace, le jet après le yacht prêté par l'ami milliardaire et, maintenant, le top-model et la romance sur le Nil qui va avec...Bien qu'il s'en défende, il y a une part d'exhibition dans la vie privée de Nicolas Sarkozy et ce que l'on prenait, au commencement, pour un exercice décomplexé du pouvoir, flirte avec le mauvais goût, voire le mauvais genre.

Nicolas Sarkozy en fait trop. Forcément, la rupture est flagrante avec ces présidents qui avant lui, et en apparence seulement, semblaient toujours agir à l'économie. Mais on ne sait plus vraiment si cette touche de provocation relève d'une communication présidentielle très maîtrisée ou d'un penchant naturel et irrésistible pour le kitch.

En empruntant Bolloré Airlines pour se rendre à Louxor, Nicolas Sarkozy sait ainsi qu'il ranime la polémique sur sa proximité avec les milieux d'affaires. En se montrant très glamour au bras de Carla Bruni, le Président ne fuit pas les paparazzi, il les aimante. Finalement aussi peu préoccupé par un éventuel divorce avec l'opinion, qu'il ne l'est par sa séparation bien réelle - et déjà consommée... - avec Cécilia.

RAG 34. Les lolo's 34

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Fracture et rupture "chiracosarkozienne" sont les maux, sinon les mamelles de la France ultralibérale

Il y aurait deux France ?
Patrick Braouezec

Monsieur le Président,

Le 11 décembre, à Vandœuvre-lès-Nancy, vous avez prononcé un discours sur la question du logement. Ma réaction ne concernera pas les propos que vous avez tenus sur ce thème. Non ! Je m’arrêterai aux trois premières phrases de votre intervention. Je vous cite : « Je suis heureux de me trouver parmi vous en Lorraine, parce que la Lorraine, c’est la France, la véritable France, telle que je la connais, telle que je la ressens, telle que je l’aime. Ici, c’est la France dont on parle peu, parce qu’elle se plaint peu. Ici, c’est la France qui croit au mérite, à l’effort, c’est la France qui veut qu’on la respecte. »

Dire que ces propos m’ont profondément choqué est bien en deçà des sentiments qui m’ont traversé à leur lecture : révolte et honte.

A vos yeux, il y aurait donc deux France : « la véritable », et par conséquent la fausse, l’illégitime ; celle que vous aimez, et celle que vous n’aimez pas ; celle que vous ressentez, et celle que vous ne calculez pas ; la France qui se tait, et celle qui revendique ; celle qui veut le respect (et qui le mérite), et celle qui ne le veut sans doute pas (et qui ne le mérite donc pas). Vous devriez, Monsieur le Président, être le président de toute la France. Vos propos prouvent le contraire.

Quelle est cette France que vous n’aimez pas, que vous ne ressentez pas, qui se plaint (à juste titre ?), qui parle fort, qui ne croit ni à l’effort ni au mérite et, qui ne veut pas « être respectée » ? Pourquoi vouloir diviser la France de cette façon-là ? Peut-être est-ce tout simplement parce que, comme vous l’avouez, la France que vous aimez est la seule que vous connaissez, et que l’autre vous est « étrangère ». Avec votre déclaration, nous voilà revenus à La Fontaine et à l’opposition entre le rat des villes et le rat des champs. (Rassurez-vous, je ne fais même pas allusion ici au récent livre d’Alain Badiou De quoi Sarkozy est-il le nom ?)

J’ai cru comprendre (sans doute à tort) que cette « autre France », l’illégitime (reconnaissons que ce n’est pas encore l’anti-France), est justement celle que je connais de près, celle que je côtoie au quotidien, celle des banlieues populaires.

Cette France qui carbure au mélange ; celle qui se lève tôt (celle des sociétés de nettoyage), ou qui se couche tard (celle des sociétés de gardiennage). Cette France qui travaille dur pour gagner peu. Cette France originaire d’Afrique (au nord comme au sud du Sahara) ou d’Europe du Sud. Qui meurt trop tôt de ne pas s’être assez plaint. Cette France des salariés des services publics : les cheminots, les RATPistes ; les salariés des collectivités locales comme ceux du « privé », lève-tôt eux aussi et dont on ne remarque le travail que quand ils sont en grève. Cette France des « sans » (emploi, papiers, logement) toujours levés car toujours sur le « qui-vive comme on peut », dont on ne parle qu’au-dessous de zéro degré et qui revendiquent dignité et respect même au printemps, même en été, même en automne.

Mais, n’ayez crainte, Monsieur le Président, je ne tomberai pas dans le piège d’opposer les « p’tits gars d’Aubervilliers » à ceux de « Vandœuvre-lès-Nancy », car il n’existe pas objectivement de conflit d’intérêts entre eux. Le mal-être, celui notamment des jeunes, les peurs que vous entretenez sont les mêmes à Guéret ou à La Courneuve, même s’ils s’expriment de manière différente. Ici une voiture brûlée, là un silence résigné, ailleurs un suicide prématuré. La division artificielle que vous entretenez s’inscrit dans la nuit des temps de ceux qui veulent asseoir leur pouvoir : diviser pour mieux régner.

Et s’il y a bien deux France, la ligne du clivage n’est ni topologique, ni géographique, ni ethnique, ni culturelle, ni cultuelle. La seule ligne de fracture est sociale et économique, c’est celle que vous voudriez nous faire oublier pour surtout ne rien changer à l’ordre des choses.

Libération QUOTIDIEN : mercredi 26 décembre 2007

RAG 34. Les lolo's 34

10:00 Publié dans 007 POSITIVE PRECARITE ! , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Arche de Zoé: la presse commente un verdict sévère pour les "amateurs de l'humanitaire"

284905504208fa720b01795dbc875ea5.gifPARIS (AFP) - Le procès des membres de l'Arche de Zoé a été "baclé" pour beaucoup, même si d'autres le jugent "empreint de dignité et de vérité", en revanche les éditorialistes sont tous d'accord pour un verdict "sévère" qualifiant les condamnés d'"amateurs de l'action humanitaire".


"Bouclé en quelques jours - bâclé, serait-on tenté de dire- le procès de N'Djamena n'aura pas permis d'apprendre grand-chose" affirme Fabrice Rousselot.

Selon Libération, "personne n'avait intérêt, peut-être, à ce que toute la vérité soit faite sur cette triste farce". En premier lieu, "pas Eric Breteau, coupable pour le moins d'amateurisme forcené", mais également le Tchad et la France. Pour le journaliste, le "verdict d'hier, sévère, sonne comme l'ultime fausse note de cet imbroglio."

Dominique Gerbaud dans La Croix pense lui aussi que les accusés sont des "amateurs de l'action humanitaire", mais il estime le "procès empreint de dignité et de vérité". "La justice tchadienne n'a ni retardé le jugement, ni fait traîner les débats, ni biaisé le verdict", dit-il. Ne contestant pas la sévérité de la peine prononcée, il écrit que le "verdict, pour sévère qu'il soit, montre bien que nul n'est au-dessus de la loi."

Pour François Tartarin de La Nouvelle République du Centre-Ouest, "les apparences sont sauves". Et de croire que "le Tchad entretient l'illusion d'une justice insensible à l'étau politique et diplomatique dont joue Paris à ses dépens".

La Presse de la Manche évoque le transfert en France des six condamnés qui "seront présentés à la justice et incarcérés, mais qu'il faudra revoir leur cas". "On pourrait d'ailleurs imaginer que la meilleure sanction serait de remplacer la prison par des années de travail d'intérêt général, au sein d'organismes humanitaires, mais sans en assumer la direction", ironise son éditorialiste, Jean Levallois.

Dans la Charente Libre, Jacques Guyon se demande "comment, en effet, ne pas jalouser l'étonnante célérité de cette justice tchadienne qui aura mis deux petits mois pour boucler l'enquête, l'instruction, expédier le procès et délivrer sa sentence?"

De son côté, Jacques Camus dans La République du Centre pense que même "illuminés", "inconscients" ou "rêveurs" les six Français "ont été les victimes d'une justice... inhumanitaire".

Revenant sur les "déclarations tonitruantes de Nicolas Sarkozy qui disait vouloir aller chercher nos ressortissants", il juge que cette "fois, le chef de l'État a raté son coup d'esbrouffe."

RAG 34. Les lolo's 34

09:05 Publié dans Actualités , Associations , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ARCHE DE ZOE

26.12.2007

LOUKSOR ? Président BLINGBLING, il adore... : Un "message" de solidarité de Sarkozy

Armelle Gardien enseignante au lycée Jean-Jaurès de Châtenay-Malabry, cofondatrice du Réseau Education sans frontières (RESF).

476c7dedce291e671c6c0bf1ed418169.jpgEt si Nicolas Sarkozy avait envoyé aux sans-papiers le même message de solidarité qu’il a envoyé à Ingrid Betancourt et aux autres otages en Colombie ?

« Je m’adresse à vous, aurait dit le Président, qui êtes des parents, des jeunes, des sans-papiers, en mon nom personnel mais surtout au nom des millions de Français, et je crois pouvoir le dire, au nom de tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui réclament pour vous le droit de vivre au grand jour dans le pays des droits de l’homme où vous êtes venus chercher un avenir meilleur pour vous et vos enfants. Je refuse l’idée de vous laisser en perdition, je veux m’engager à vous arracher à un destin inhumain. Ceux qui vous persécutent font une erreur tragique. Ils s’égarent. Ils s’isolent. Une très large part de la communauté internationale condamne ces méthodes de traque, d’emprisonnement, de sévices physiques, de pressions morales. Il est temps de le comprendre et de faire preuve d’initiative. Les témoignages publiés nous bouleversent, ils montrent la souffrance des familles, les rêves brisés des jeunes. C’est pourquoi je veux m’adresser à vous pour vous apporter enfin un message de solidarité. A tous je veux le dire : la France ne vous oubliera pas. Elle ne vous oubliera jamais. En ce moment, la France recherche de nouveaux moyens pour vous rendre la place qui est la vôtre dans notre société, celle que les générations d’immigrés ont occupée par le passé, celle qui a permis la constitution d’une société multiple, complexe, rayonnante. L’urgence de la solution est devenue encore plus évidente aux yeux de tous : trop d’indignités vous sont infligées, trop de compromissions imposées à ceux qui sont chargés d’exécuter la politique du chiffre. Un seul objectif doit s’imposer : le droit au séjour, pour vous et vous enfants. Pour terminer ce court message, je veux avoir une pensée particulière pour Chulan Zhang, et ceux qui, anonymes, mais comme elle qui l’a payé de sa vie, sont venus aux portes de l’Europe chercher la liberté et le droit de vivre mieux.

Je veux à tous dire mon admiration pour leur dignité, leur courage dans la situation inhumaine qui leur est faite. Je veux vous apporter le témoignage du refus de la France d’accepter l’inacceptable. »

vendredi 14 décembre 2007 http://www.liberation.fr/rebonds/297872.FR.php © Libération

53c474dcc4ea2b1d80f50da43fe9035f.pngLe site de RESF

12:40 Publié dans 01 Enfants Scolarisés Sans Papiers , Actualités , Associations , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : RESF

25.12.2007

Ingrid BETANCOURT : 46 ans aujourd'hui, et 6ème noël, comme otage des FARC


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60b2384f0b75eb6f44b5c5beb0451e1a.jpgAujourd'hui 25 décembre : Opération "La Flamme de l’Espoir"


AgirpourIngrid.com - Paris - 15/12/07


Mardi 25 décembre : Opération "La Flamme de l’Espoir"

Le Comité de soutien forme l’espoir ardent qu’Ingrid Betancourt sera libre au moment de Noël. En effet, le 25 décembre revêt une double importance pour elle : c’est également le jour de son anniversaire.

Toutefois, dans le cas où Ingrid n’était pas libre à ce moment-là, il nous semble fondamental de ne pas l’oublier. Pour elle comme pour tous les otages de Colombie, il est important que ce jour si célébré brille par sa solidarité et son espoir.

C’est pourquoi le Comité de soutien en appelle aux citoyen-ne-s du monde entier : tout au long du 25 décembre, nous vous invitons de placer à leur fenêtre, sur leur balcon ou sur le seuil de leur porte, une bougie. En ce jour où une grande partie d’entre nous sera réunie en famille, il nous semble essentiel d’avoir une pensée pour Ingrid et les otages, à travers ce geste simple mais fort de sens.

Nous comptons donc sur vous, une fois de plus, pour que la mobilisation soit impressionnante : faisons en sorte que le monde entier s’illumine d’un espoir vif et infaillible pour la libération d’Ingrid et de tous les otages.

efb4402c7ee20e540018b88eb698e081.jpgEn savoir plus

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21:55 Publié dans Actualités , Associations , Bons plans , Débat/Forum , Famille , Francophonie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ingrid BETANCOURT

Oscar Peterson, salué en tant que musicien et militant contre le racisme

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945ce7d7ad9dbf5b9c0883140e4f0a99.jpg(Photo Copyright © 2007 Reuters) MONTREAL (AFP) - Les réactions se sont succédé lundi à l'annonce de la mort du virtuose canadien du jazz Oscar Peterson , mettant l'accent sur ses talents de musicien "exceptionnel", mais également ses qualités d'homme et de militant contre la discrimination raciale.

En plus de ses qualités de musicien, "il y avait aussi sa personnalité", a déclaré à la chaîne de télévision CBC son ami et ancien Premier ministre de la province de l'Ontario, Bob Rae.

"C'était un homme très déterminé, qui était indigné par la discrimination qu'il avait connue en grandissant au Canada puis quand il avait travaillé aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Notant que Montréal, dont M. Peterson était natif, perdait "un de ses plus grands ambassadeurs", le maire de la métropole québécoise Gérald Tremblay a salué "un pianiste et compositeur accompli qui a su nous inspirer par son talent exceptionnel et son humanité".

"Nous retiendrons de lui, certes sa musique, mais également sa grande humanité et son rôle de fervent défenseur de l'égalité raciale", a-t-il dit dans un communiqué.

"Ayant vécu quinze ans dans le même quartier que la famille Peterson, la Petite Bourgogne (à Montréal), nous savons à quel point Oscar Peterson a été important pour sa communauté. Il était sujet de fierté, une puissante source d'inspiration, un modèle non seulement pour toute la communauté noire qui le compte au nombre de ses figures héroïques, mais pour l'ensemble des Montréalais et des Canadiennes et des Canadiens", a indiqué la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, représentante de la reine Elisabeth II.

Oscar Peterson avait particulièrement été sensibilisé à la question de la discrimination raciale lors de ses tournées aux Etats-Unis, dans les années 1960.

Elle lui a inspiré l'une de ses compositions les plus connues, "Hymn to Freedom", un hommage au mouvement américain des droits civiques.

Le lieutenant-gouverneur de l'Ontario, représentant de la reine Elisabeth II dans cette province où Oscar Peterson avait élu domicile et dans laquelle il est décédé, a aussi exprimé sa tristesse à l'annonce du décès de "l'un de nos musiciens les plus talentueux et les plus aimés".

"Mais nous célébrons aussi sa vie et la joie qu'il nous a procurée pendant des décennies", a souligné David Onley dans un communiqué.

Le Conseil des Arts du Canada et la National Endowment for the Arts (NEA) américaine avaient annoncé la semaine dernière qu'ils rendraient hommage à Oscar Peterson lors d'un concert de gala, le 11 janvier à Toronto.

Les deux organismes n'avaient pas réagi lundi soir à la nouvelle de son décès, pas plus que le gouvernement canadien.

Oscar Peterson était l'un des musiciens canadiens les plus honorés, Compagnon de l'Ordre du Canada et Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en France en 1989.

Il a succombé dimanche soir, à l'âge de 82 ans, à une insuffisance rénale, à son domicile de la banlieue de Toronto.

Son ami de longue date, le musicien Oliver Jones, a indiqué à la télévision CBC qu'il avait appris la nouvelle lundi matin par un coup de téléphone de l'épouse de M. Peterson.

Regrettant cette "perte terrible" pour le Canada, il s'est dit malgré tout "très heureux de savoir que (M. Peterson) est mort comme il le voulait, chez lui, entouré de sa famille".

Celle-ci a prévu de célébrer ses funérailles dans l'intimité, avant d'organiser une commémoration publique.

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21:09 Publié dans Actualités , Associations , Musique , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : OSCAR PETERSON

POUVOIR D'ACHAT : La France de Sarkozy


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A l'occasion des fêtes, nantis de leur pouvoir d'achat tout neuf, pourquoi les Français ne profiteraient pas, eux aussi, de la vie rêvée du président de la République ?

Vous êtes infirmière, manutentionnaire, policier, caissière… ? Vous avez quelques milliers d'heures supplémentaires à revendre ? Pourquoi ne pas en faire profiter avec un jeu qui ravira toute la famille ?

Avec Sarkoland, pour seulement 3 heures de RTT, partagez vous aussi la nouvelle vie du Président : promenez-vous au bras d'une princesse-top model dans des paysages enchanteurs, envoyez au charbon votre gouvernement de nains politiques, éclipsez le Prince Fuyons… mais méfiez-vous de la reine maléfique de la Justice, Rachida Diorissima, et de la sorcière Cecilia Maria Sara Isabel Ciganer Albeniz…

0f17bfeec63ca89471848e7fea5e9fe5.jpgBientôt disponible : le « traité magique » pour faire repartir l'Union européenne.
Sylvain Lapoix - Marianne2.fr

752b05ca97e6168443e84f7885c137ef.jpgLe blog de PRIORITE A GAUCHE

9ceea59f221329c76ea9a8dd1ea43e6c.pngRAG 34. Les lolo's 34

21:08 Publié dans 007 POSITIVE PRECARITE ! , Actualités , Associations , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : POUVOIR D'ACHAT

24.12.2007

Julien GRACQ : Une personnalité discrète, à l'opposée du Président Blingbling, alias Sarkozy

eb700f2a69cd92d4afb6e9605adbb9d3.jpgL'écrivain Julien Gracq est mort


PARIS (Reuters) - Auteur discret et peu sensible aux honneurs, l'écrivain Julien Gracq est mort samedi à l'âge de 97 ans à Angers, dans le Maine-et-Loire.

Il avait refusé en 1951 le prix Goncourt pour "Le rivage des Syrtes" et se définissait comme une "survivance folklorique" en raison de son hostilité à l'évolution du monde de l'édition.

"J'ignore non seulement l'ordinateur, le CD-Rom et le traitement de texte, mais même la machine à écrire, le livre de poche, et, d'une façon générale, les voies et moyens de promotion modernes qui font prospérer les ouvrages de belles-lettres", écrivait-il dans le Monde des livres daté du 5 février 2000.

De nombreuses personnalités politiques et culturelles ont salué la mémoire de l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle, qui a construit "une pensée originale et une oeuvre puissante."

De son vrai nom Louis Poirier, Julien Gracq vivait retiré dans son village natal, Saint-Florent-le-Vieil, près d'Angers, et menait une vie "très éloignée des cercles littéraires et des parades mondaines", selon son éditeur, José Corti.

Né le 27 juillet 1910, il était cependant entré de son vivant, en 1989, dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade.

Jamais édité en poche, il est resté fidèle à des tirages limités qui ne l'ont pas empêché de jouir d'un grand prestige dans le monde des lettres.

"C'était un homme qu'une fiche signalétique n'aurait pu définir que comme moyen en tout. Il n'y a en effet rien de commun entre l'homme et l'oeuvre ; entre le Gracq réservé que l'on rencontre, le professeur froid dont les élèves disent qu'il ne se déride jamais mais fait d'excellents cours et l'écrivain qui a miraculeusement peint les enchantements d'Argol, les féeries de la forêt des Ardennes, les magies de la mer des Syrtes ; qui nous a rendu sensible le poids écrasant du Destin, et qui est le vrai Gracq ; celui que l'on tiendra un jour pour l'un des plus grands écrivains de notre époque", disait José Corti.

"AU CHÂTEAU D'ARGOL"

Les bords de Loire et le pensionnat ont marqué l'enfance de Julien Gracq, qui a fréquenté un lycée de Nantes, le célèbre lycée Henri-IV à Paris puis l'École normale supérieure et l'École libre des sciences politiques.

Agrégé d'histoire, Julien Gracq commence sa double activité en 1937. D'une part, il entreprend son premier livre, "Au château d'Argol", et, de l'autre, il commence à enseigner, successivement aux lycées de Quimper, Nantes, Amiens, et se stabilise au lycée Claude-Bernard à Paris à partir de 1947, jusqu'à sa retraite en 1970.

En 1939, après avoir rencontré André Breton, il devient un compagnon de route du surréalisme, dont il s'éloigne cependant assez vite.

Il était professeur sous son vrai nom, Louis Poirier, et écrivain sous le pseudonyme de Julien Gracq, qui a bâti continûment une oeuvre de romancier, de poète, de nouvelliste, de dramaturge et d'essayiste. Dix-huit livres ont été publiés chez José Corti.

Julien Gracq a publié son premier roman, "Au château d'Argol", à compte d'auteur après avoir essuyé un refus de Gallimard.

"L'ouvrage passe inaperçu et les ventes se totalisent à 150 exemplaires. Mais quelques esprits et non des moindres sont de ses rares lecteurs. Outre Edmond Jaloux et Thierry Maulnier, ...André Breton lui-même à qui Gracq a adressé l'ouvrage", écrit sa maison d'édition.

Julien Gracq aimait le travail à l'ancienne réalisé par José Corti, à savoir des feuillets non massicotés que le lecteur se doit d'ouvrir au coupe-papier.

Pour Michel Tournier, il était "le plus grand écrivain français vivant" après avoir dominé pendant cinquante ans les lettres françaises.

"C'est dans ses romans et ses notes de voyages qu'il donne toute sa mesure. On ne peut jamais oublier le professeur de géographie qu'il fut professionnellement. Mais quand le professeur Louis Poirier devient l'écrivain Julien Gracq, il s'impose comme le plus grand paysagiste que nous ayons", écrivait-il.

"J'aime chez Gracq son attention profonde aux paysages et aux topographies, à ce qu'on peut appeler 'l'esprit des lieux'. Je retrouve chez lui certaines sensations que j'ai ressenties sans être capable de les formuler et qu'il a fixées, lui, avec son doigté et sa sensibilité d'acupuncteur", disait Patrick Modiano.

Gérard Bon

RAG 34. Lovely34

18:40 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

La Belgique à nouveau gouvernée

7818d5fff89b9731303f0902aa3274e0.gifLes députés belges votent la confiance au nouveau gouvernement

BRUXELLES (Reuters) - Après six mois de crise, les députés belges ont voté dimanche la confiance au nouveau gouvernement dirigé par Guy Verhofstadt, chargé de mener les affaires du pays jusqu'en mars prochain.

La nouvelle équipe, constituée autour du chef de gouvernement sortant, a été approuvée par 97 voix contre 46, avec une seule abstention.

La Belgique était sans gouvernement depuis 196 jours.

"Mon objectif maintenant est de favoriser la confiance et de permettre un dialogue entre les communautés", avait déclaré Verhofstadt en séance peu avant le vote.

Le gouvernement intérimaire, au sein duquel Didier Reynders conserve le portefeuille des Finances, est chargé de gérer le pays et de préparer la grande négociation à venir entre Flamands et Wallons sur l'avenir de la Belgique.

Verhofstadt restera en fonction jusqu'au 23 mars et s'emploiera à mettre au point le budget 2008, à prendre des mesures d'urgence pour lutter contre la hausse des prix des carburants et des denrées alimentaires.

Libéral flamand de 54 ans nommé "formateur" du gouvernement il y a une douzaine de jours par le roi, Verhofstadt, en revenant aux affaires, a réussi là où a échoué le démocrate-chrétien flamand Yves Leterme, grand vainqueur des élections législatives du 10 juin dernier.

Verhofstadt a déclaré qu'il fallait respecter les résultats des élections et que Leterme devrait lui succéder à la tête du gouvernement à la fin mars.

Leterme, interrogé dimanche à la télévision avant le vote sur son absence de popularité chez les Wallons, a reconnu qu'il lui restait beaucoup à faire pour améliorer son image auprès d'eux.

"Quand vous avez un poste et la chance de faire vos preuves, le reste suit (...) Tout le monde fait des erreurs tous les jours - j'en fais mais je suis toujours prêt à m'améliorer", a-t-il dit, en se prononçant pour "une meilleure distribution des responsabilités" entre francophones et Flamands.

L'accord de coalition, qui regroupe cinq partis, donne trois mois de répit à la Belgique mais ne résout pas pour autant la crise entre les partis flamands, qui réclament un plus grand contrôle sur le secteur économique, et les Wallons, qui ne veulent pas de tels changements.

Le roi Albert II, après l'échec de Leterme, s'était tourné vers Verhofstadt - au pouvoir depuis 1999 - en dernier recours, même si son Parti libéral flamand avait été l'un des plus grands perdants des législatives de juin.

La coalition comprend les démocrates-chrétiens flamands et les Libéraux flamands, leurs équivalents wallons de même que les socialistes wallons.

Mark John, version française Yves Clarisse, Eric Faye et Guy Kerivel

RAG 34. Les lolo's 34

12:43 Publié dans Actualités ,