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07/04/2007

Analyse critique du programme de François Bayrou

Le programme dévoilé par François Bayrou ne contient pas de véritable surprise. Il reste, de fait, largement prisonnier d’une vision conservatrice de la société française et du centre de gravité politique des notables et des élus de l’UDF.

I) Sur le plan du droit du travail et de l’emploi

François Bayrou reprend globalement le diagnostic et les propositions de Nicolas Sarkozy. Il n’est pas question d’abroger le CNE. Il s’agit à travers les développements des heures supplémentaires de travailler plus pour gagner plus. En outre le schéma de relance de l’emploi emprunte aux sentiers traditionnels : exonérations de charges sociales, suppression des cotisations sociales qui entraîneraient une multiplication des effets d’aubaine et de substitution sans conséquence sérieuse ni positive pour l’emploi. Sa préoccupation en matière de démocratie sociale reste largement formelle et ne touche pas à la réalité de l’entreprise.

François Bayrou se contente de généralités sur la nécessité de la reconquête industrielle comme s’il n’avait pas pris la mesure de la gravité de la situation : 350 000 emplois industriels perdus en 5 ans. Ces ambitions en matière de recherche et d’innovation restent limitées au regard de l’ampleur du
retard accumulé.

II) Sur le terrain budgétaire et fiscal

Le candidat de l’UDF propose un retour à une orthodoxie budgétaire stricte. La recherche de l’équilibre du budget de fonctionnement à tout prix renvoie à une logique bien concrète de réduction du nombre d’agents publics et d’amenuisement du rôle du service public. Sans un mot sur les nécessités d’une croissance forte et durable, le candidat centriste propose tout simplement une cure de désendettement sans aucune contre partie et sans aucun amortisseur. Cette conduite déboucherait très vite, à la fois, sur une croissance encore plus atone et des conflits sociaux. L’objectif d’une politique économique ne peut se limiter au désendettement même s’il reste nécessaire. La recherche de la croissance maximale, la reconquête de l’équilibre du commerce extérieur sont des ambitions au moins aussi légitimes et nécessaires. Leur réalisation peut d’ailleurs permettre de réduire le poids de la dette comme l’expérience de la période 1997/2002 l’a démontré. L’amorce d’un cercle vertueux, croissance, emploi durable, réduction des déficits et de la dette, reste la meilleure solution.

D’autant que, dans le même mouvement, François Bayrou préconise le maintien du bouclier fiscal à 60 %, et l’extension des exonérations fiscales sur les successions. Nous sommes là en présence de propositions proches des recommandations fortement clientélistes du candidat de l’UMP. Nous sommes
surtout face à une politique financière et fiscale particulièrement injuste.

III) En termes de protection sociale

Le candidat de l’UDF inquiète à la fois par ses propositions et ses impasses. Il recommande une remise en cause explicite de la CMU au profit d’un système dit « personnalisé et proportionnel au revenu » ainsi que l’introduction d’un système de retraite par capitalisation, puisque relevant d’une logique à points. Parallèlement, le discours de François Bayrou reste évanescent sur la gravité de la situation de l’hôpital public ou sur l’importance de la montée en puissance de la dépendance liée au vieillissement attendu de la population. D’une manière générale, le programme de l’UDF mésestime l’ampleur de l’urgence sociale et sanitaire. Il traduit une méconnaissance de la réalité sociale : 7 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, et 13 % de la population renonçant à se soigner.

medium_RAG341.556.pngRAG 34. Lolo34

Commentaires

Que dites-vous du "CDI universel a droits progressifs"? de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, de la hausse de la CSG et de la taxe sur les mouvements financiers?

Ecrit par : Marie Ménager | 09/04/2007

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