13.04.2008
Me Pierrat: voyage au pays des nouveaux censeurs
Par Hubert Artus A l'occasion de la sortie du "Livre noir de la censure", état des lieux de la question proposé par un homme qui -pour partie- en vit. VOIR LES VIDEOS
Emmanuel Pierrat est une figure en vue de l’édition parisienne. Avocat au barreau de Paris, cet homme né en 1968 est spécialiste du droit de la presse et de la communication. Aussi plaide-t-il régulièrement des affaires de "censure" (Houellebecq, Skorecki, ou encore la plainte de l’Opus Dei contre "Camino 999 " que nous révélions ici il y a un an).
Passionné de littérature et d’histoire des mœurs, il est aussi directeur de collections de "curiosa" (entendez livres tendancieux, en général érotiques), auteur d’essais sur la question ("Le sexe et la loi") et romancier.
Le sujet est vaste. "Le livre noir de la censure" en délimite très précisément les contours. Les dangers. Ces dangers, nous vous les présentons ici, dans la version longue de l’entretien en vidéo, où ils sont défrichés:
Le chéquier, premier agent de la censure
Pierrat a dirigé l’ouvrage collectif, travaillant avec une équipe de dix juristes, philosophes, essayistes et journalistes. Le livre n'y va pas par quatre chemins: la censure est omniprésente.
Dans la forme "connue" de la censure, les poursuites étaient diligentées par le pouvoir politique. De nos jours, ce dernier ne se hasarde plus à une telle intervention, trop risquée dans la civilisation des sondages. Ce sont des associations qui ont repris le flambeau, des "ligues de vertu", des organisations qui, pour Pierrat, sont des "cache-sexes" qui militent pour leur propre vision du monde et des mœurs. Désormais "privatisée", la censure étend son territoire et son influence. Elle prend de nouveaux habits. Et change sa garde-robe selon les cas. Pierrat pointe particulièrement deux entités:
-Les "ligues de vertu et de morale" tout d’abord. "De tous bords", ajoute-t-il. Le danger? "Chaque procès qu’ils intentent a un coût: frais d’avocats, dommages et intérêts. Des répercutions plus redoutables que le cachot."
-Les entreprises. Auparavant, elles se contentaient de couper les budgets publicitaires des médias trop agressifs, par trop dénonciateurs. Aujourd’hui, elles attaquent en justice. "Leur puissance de feu est colossale au regard du potentiel de contre-attaque des éditeurs, journalistes, écrivains."
Regroupés en conglomérats financiers et boursiers, gouvernés par des magnats, les mastodontes de l’industrie possèdent la majeure partie du secteur mondial de l’information. N’hésitant pas à couper ce qui dépasse, ce qui dénonce, quand un journaliste s’approche trop des amis au pouvoir… Mais ces géants boursiers possèdent aussi le secteur de l’édition et sont donc à même d’intervenir a priori sur le contenu… (Voir la vidéo)
Google, deuxième agent mondial de la censure
Parmi les sujets abordés dans "Le livre noir de la censure": les nouvelles technologies. Un chapitre composé par Florent Latrive, qui travaille pour le site Web du journal Libération. Pour lui, Internet est "un média hippie et militaire" à même d’être le pire ennemi de la censure:
"Non seulement l’Internet semble vider de sa substance l’idée même de la censure, mais il transforme la moindre mise à l’index en véritable teaser pour le discours interdit."
Dans son chapitre, Latrive n’oublie pas la Chine: "Le régime de filtrage chinois est l’exemple le plus sophistiqué de son genre dans le monde." Et de pointer le rôle de Yahoo, Google ou Microsoft dans l’épuration de Tien An Men sur les moteurs de recherche chinois, ou encore dans les poursuites contre la bloggeuse Lian Yue ou le dissident Shi Tao. Comme l'explique Pierrat, Google a pactisé avec le pouvoir chinois pour obtenir le marché des JO. L'arme du célèbre moteur de rechecrhe: le référencement, le nerf de la guerre sur le Net. Un référencement partiellement biaisé par l’argent: plus on aligne, mieux on peut etre référencé. (Voir la vidéo)
Photoshop et le réel: les nouveaux censeurs
Centre névralgique du contrôle des psychés: les mœurs. Alibi systématique: la jeunesse. Les lois sur les publications à destination de la jeunesse pleuvent, au motif que si des adultes peuvent avoir accès à des oeuvres sulfureuses, nos enfants aussi peuvent les voir.
Ce principe de précaution ne se contente pas d’attaquer la vie quotidienne. Il s’agit, à présent, de rendre la fiction identique au réel, en tout point. Le triomphe du droit sur l’imaginaire. Dans le monde actuel, quand un personnage commet un meurtre sordide, mieux vaut pour l’auteur de roman qu’il ait mis son casque en enfourchant sa moto. Dans les films d’aujourd’hui, les personnages ne fument plus; et on convoque Photoshop pour ôter sa clope à Lucky Luke dans les rééditions de ses aventures, on enlève la cigarette des lèvres de Malraux, on casse sa pipe une seconde fois à Jean-Paul Sartre…
L’avocat, qui a défendu des artistes suspectés d’outrage aux bonnes moeurs (Houellebecq, Bénier-Bürckel, Skorecki) s’avoue fasciné par "ce mouvement général qui tend à rendre les personnages de fiction responsables". Pour autant, il avoue se trouver face à un paradoxe: le défenseur des outragés ne veut pas de codes qui, seul moyen de lutte, créeraient des cases spécifiques à la littérature et aux romans.
On se rappelle que le dernier Garde des Sceaux français à être intervenu dans le champ fictionnel est Dominique Perben, dans la loi Perben II de mars 2004. Qu’évoque à l’avocat Pierrat son actuelle ministre de tutelle, Rachida Dati? (Voir la vidéo)
VOIR LES VIDEOS
Ne croyez surtout pas que "Le livre noir de la censure" vous plonge dans une société orwelienne: ce portrait de nos censeurs est un balayage divertissant autant qu’alarmant de nos moeurs. C’est, surtout, un manuel de responsabilisation démocratique.
► "Le livre noir de la censure" par Emmanuel Pierrat, Magaly Lhotel (avocate), Florent Latrive (journaliste), Sophie Viaris de Lesegno (avocate), Aurélie Chavagnon (avocate), Geoffroy de Lagasnerie (enseignant), Caroline Fourest (essayiste, journaliste, rédactrice en chef de la revue ProChoix), Fiametta Venner (politologue), Béatrice Chapaux (magistrale belge), Guillaume sauvage (avocat) et Flore Masure (avocate) sous la direction d’Emmanuel Pierrat (Le Seuil, 351 pp., 21,50€).
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11.02.2008
Les enseignements de « Mai 68 : Histoire sans fin »
Les enseignements de « Mai 68 : Histoire sans fin »
Jean Claude Gawsewitch éditeur, novembre 2007
mercredi 6 février 2008 par Ernest Simon
Plutôt que de résumer « Mai 68 : Histoire sans fin » de G. Filoche, cet article tire les enseignements politiques de cet ouvrage.
Les biographies politiques rencontrent deux publics : celui qui a vécu les évènements et y retrouve ses combats, et celui qui cherche à comprendre les évènements passés pour en tirer des conclusions politiques pour l’avenir. « Mai 68 : Histoire sans fin » n’échappe pas à la règle : l’ouvrage ravira la génération née en politique avec 68. C’est aussi un instrument précieux pour les générations suivantes qui peuvent bénéficier des enseignements politiques que l’auteur tire de son expérience militante.
L’importance de la démocratie
Le respect des règles démocratiques est forcément lié à tout programme socialiste. La démocratie n’est pas une technique, ni un supplément d’âme, mais un droit et un ensemble de droits. Elle conditionne le parti, le syndicat, le pouvoir quel qu’il soit, c’est une méthode d’action, une pédagogie et une garantie essentielle, une protection, une surveillance, un échange. Elle doit être méticuleuse, définie jusque dans ses détails : « la procédure est sœur jumelle de la liberté » disait le jeune Marx.
S’adresser pédagogiquement aux salariés
La praxis est la traduction de cette pratique démocratique : il faut partir des besoins immédiats et y insuffler la perspective politique. Inutile de crier à « la révolution » quand on n’a qu’une minute pour parler, ça ne déclenche rien ni n’éduque personne. Il faut partir des besoins élémentaires puis, une fois le mouvement lancé, introduire le maximum d’histoire, de politique, de stratégie, d’ambition pour l’avenir, de programme de transformation sociale. Les masses en mouvement sont alors une force matérielle formidable, d’une lucidité à laquelle les dirigeants ont intérêt à répondre rapidement.
Un syndicalisme indépendant mais pas neutre
Dans cette lutte, le syndicat est un outil précieux des salariés. Diviser le mouvement syndical sur des a priori idéologiques est néfaste et toujours favorable au final aux gouvernements bourgeois. Il faut développer et non pas contourner les syndicats. Tout salarié y a sa place quelles que soient ses opinions philosophiques, politiques ou religieuses. Mais le syndicalisme n’est pas apolitique : tous les courants d’idées peuvent y être présents s’ils se respectent entre eux et jouent le jeu de la démocratie syndicale. Le syndicat doit être indépendant mais pas neutre.
Les mouvements sociaux et les rapports de force de long terme
Dans toute crise sociale, il y a des moments charnières : d’abord des tests, des attentes, une montée en puissance, puis, lorsque le pouvoir est directement en jeu, soit il existe une réponse ferme et déterminée des syndicats, de la gauche, qui pèse alors de façon décisive pour la victoire, soit l’ancien pouvoir chancelant se ressaisit, il reçoit l’appui des forces conservatrices qui reprennent espoir, il manoeuvre et l’emporte, renversant la situation aussi vite et profondément que possible. Entre ces termes, c’est une véritable thérapie collective, la conscience de millions de personnes évolue, s’enhardit : il n’y a plus de fatalité. De tout cela, il reste des acquis profonds. Si 68 est devenu incontournable dans la vie politique française, c’est que la bourgeoisie, le patronat, la droite a compris que la classe salariale, en dépit des freins syndicaux et politiques d’alors, pouvait se mettre puissamment en marche. Les rapports de force en furent durablement marqués et l’exception du modèle social issu de l’après-guerre se vit confortée. Depuis, les gouvernements cherchent à éviter de passer en force, ils guettent les soubresauts, traitent avec prudence les mobilisations de la jeunesse, ne prennent pas trop de front les revendications sociales. D’ailleurs, mai 81 n’est-ce pas la traduction politique et institutionnelle différée de Mai 68 ?
Savoir pour qui on se bat, avec qui
Il faut enfin savoir distinguer son camp. Les attaques incessantes contre le PS sont contre-productives : sa continuité historique, théorique, organisationnelle, ses liens avec le mouvement syndical et social, et sa place dans les mouvements sociaux, en font bel et bien un parti de gauche. Il est aujourd’hui, malgré ses détracteurs, et ses grandes faiblesses, l’instrument de la gauche, des salariés pour exprimer leur mécontentement et leurs aspirations. Plutôt que d’être à la marge, il faut donc être au cœur de la gauche et peser tant que possible pour infléchir la ligne du PS. Il faut pour cela associer tous les partis de gauche. Sans unité de la gauche, rien de grand ne s’est jamais fait. Et il n’y a rien de pire que de nouer des alliances contre nature (avec le centre, c’est-à-dire avec un pan de la droite). Au final, il est impératif de savoir distinguer son camp, qu’il faut unir, de celui de l’adversaire, que l’on combat d’autant mieux que l’on est rassemblé et attentif à ses légitimes sensibilités.
Ernest Simon
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24.12.2007
Julien GRACQ : Une personnalité discrète, à l'opposée du Président Blingbling, alias Sarkozy
L'écrivain Julien Gracq est mort
PARIS (Reuters) - Auteur discret et peu sensible aux honneurs, l'écrivain Julien Gracq est mort samedi à l'âge de 97 ans à Angers, dans le Maine-et-Loire.
Il avait refusé en 1951 le prix Goncourt pour "Le rivage des Syrtes" et se définissait comme une "survivance folklorique" en raison de son hostilité à l'évolution du monde de l'édition.
"J'ignore non seulement l'ordinateur, le CD-Rom et le traitement de texte, mais même la machine à écrire, le livre de poche, et, d'une façon générale, les voies et moyens de promotion modernes qui font prospérer les ouvrages de belles-lettres", écrivait-il dans le Monde des livres daté du 5 février 2000.
De nombreuses personnalités politiques et culturelles ont salué la mémoire de l'un des plus grands écrivains français du XXe siècle, qui a construit "une pensée originale et une oeuvre puissante."
De son vrai nom Louis Poirier, Julien Gracq vivait retiré dans son village natal, Saint-Florent-le-Vieil, près d'Angers, et menait une vie "très éloignée des cercles littéraires et des parades mondaines", selon son éditeur, José Corti.
Né le 27 juillet 1910, il était cependant entré de son vivant, en 1989, dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade.
Jamais édité en poche, il est resté fidèle à des tirages limités qui ne l'ont pas empêché de jouir d'un grand prestige dans le monde des lettres.
"C'était un homme qu'une fiche signalétique n'aurait pu définir que comme moyen en tout. Il n'y a en effet rien de commun entre l'homme et l'oeuvre ; entre le Gracq réservé que l'on rencontre, le professeur froid dont les élèves disent qu'il ne se déride jamais mais fait d'excellents cours et l'écrivain qui a miraculeusement peint les enchantements d'Argol, les féeries de la forêt des Ardennes, les magies de la mer des Syrtes ; qui nous a rendu sensible le poids écrasant du Destin, et qui est le vrai Gracq ; celui que l'on tiendra un jour pour l'un des plus grands écrivains de notre époque", disait José Corti.
"AU CHÂTEAU D'ARGOL"
Les bords de Loire et le pensionnat ont marqué l'enfance de Julien Gracq, qui a fréquenté un lycée de Nantes, le célèbre lycée Henri-IV à Paris puis l'École normale supérieure et l'École libre des sciences politiques.
Agrégé d'histoire, Julien Gracq commence sa double activité en 1937. D'une part, il entreprend son premier livre, "Au château d'Argol", et, de l'autre, il commence à enseigner, successivement aux lycées de Quimper, Nantes, Amiens, et se stabilise au lycée Claude-Bernard à Paris à partir de 1947, jusqu'à sa retraite en 1970.
En 1939, après avoir rencontré André Breton, il devient un compagnon de route du surréalisme, dont il s'éloigne cependant assez vite.
Il était professeur sous son vrai nom, Louis Poirier, et écrivain sous le pseudonyme de Julien Gracq, qui a bâti continûment une oeuvre de romancier, de poète, de nouvelliste, de dramaturge et d'essayiste. Dix-huit livres ont été publiés chez José Corti.
Julien Gracq a publié son premier roman, "Au château d'Argol", à compte d'auteur après avoir essuyé un refus de Gallimard.
"L'ouvrage passe inaperçu et les ventes se totalisent à 150 exemplaires. Mais quelques esprits et non des moindres sont de ses rares lecteurs. Outre Edmond Jaloux et Thierry Maulnier, ...André Breton lui-même à qui Gracq a adressé l'ouvrage", écrit sa maison d'édition.
Julien Gracq aimait le travail à l'ancienne réalisé par José Corti, à savoir des feuillets non massicotés que le lecteur se doit d'ouvrir au coupe-papier.
Pour Michel Tournier, il était "le plus grand écrivain français vivant" après avoir dominé pendant cinquante ans les lettres françaises.
"C'est dans ses romans et ses notes de voyages qu'il donne toute sa mesure. On ne peut jamais oublier le professeur de géographie qu'il fut professionnellement. Mais quand le professeur Louis Poirier devient l'écrivain Julien Gracq, il s'impose comme le plus grand paysagiste que nous ayons", écrivait-il.
"J'aime chez Gracq son attention profonde aux paysages et aux topographies, à ce qu'on peut appeler 'l'esprit des lieux'. Je retrouve chez lui certaines sensations que j'ai ressenties sans être capable de les formuler et qu'il a fixées, lui, avec son doigté et sa sensibilité d'acupuncteur", disait Patrick Modiano.
Gérard Bon
RAG 34. Lovely34
18:40 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.11.2007
Tu n'en reviendras pas : "Mourir à Verdun"
Seuls deux "poilus" de la Première guerre mondiale sont encore en vie.
Louis de Cazenave est seul survivant français de la terrible bataille du Chemin des Dames. Il continue de vivre, à 110 ans, dans sa petite maison de Brioude, dans le centre de la France. Et, à quelques jours des cérémonies du 11 novembre célébrant l'Armistice, le vieil homme se tient à l'écart des honneurs, bien que l'ancien président Jacques Chirac lui eut promis en 2005 des obsèques nationales.
Un seul autre "Poilu", plus jeune de quelques semaines, est encore en vie: à bientôt 110 ans, Lazare Ponticelli, devrait participer dimanche à la célébration de l'Armistice dans sa commune du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), pour "porter le souvenir" de ses camarades morts au front. Ce Franco-Italien, dont la vie s'apparente à un roman, à toujours tenu à participer à cette commémoration, qu'il considère comme un devoir: "Pendant la guerre, un camarade m'a dit +Si je meurs, vous penserez à moi+, et je n'ai jamais oublié".
Soucieux de témoigner - ce qu'il a fait en racontant la guerre de 1914-1918 dans les écoles -, Lazare Ponticelli est fier de raconter son parcours. Celui d'un petit Italien parti tout seul de son village natal, près de Bettola (nord de l'Italie), à 9 ans et demi, pour fuir la misère et gagner le "paradis" - la France. Il vit à avec sa mère et ses frères à Nogent-sur-Marne, où réside à l'époque une importante communauté italienne.
D'après agence AFP.
Extrait d'un Documentaire "Mourir à Verdun"
Léo Ferré dans "Tu n'en reviendras pas"
Extrait du poème d'Aragon "La guerre et ce qui s'ensuivit (Merci Daniela-Lucie)
Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu
Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n'en reviendras pas vieux joueur de manille
Qu'un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l'ancien Légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux
On part Dieu sait pour où Ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n'être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève
Roule au loin roule le train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secoue
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac la laine et la sueur
Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées
Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
Déjà vous n'êtes plus qu'un nom d'or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s'efface
Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri
RAG 34. Les lolo's 34
08:53 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Associations , Musique , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.10.2007
Le déserteur : Monsieur le Président, je vous fais une lettre...
Boris Vian
Le déserteur
Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter
Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer
Nota:
La version initiale des 2 derniers vers était:
"que je tiendrai une arme ,
et que je sais tirer ..."
Boris Vian a accepté la modification de son ami Mouloudji
pour conserver le côté pacifiste de la chanson !
Paroles: Boris Vian. Musique: Boris Vian & Harold Berg 1954
autres interprètes: Serge Reggiani, Richard Anthony, Claude Vinci, Les Sunlights
note: voir aussi la version par Mouloudji
Voici le texte de la dernière lettre du jeune résistant communiste Guy Môquet, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941.
Extrait de l'original de la lettre écrite au crayon par Guy Môquet (photo Daniau/AFP) clicker sur pour agrandir.
"Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas !
J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui, je l'escompte, sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux pas en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, je vous embrasse de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime"
RAG 34. Les lolo's 34
16:40 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Associations , Musique , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : BORIS VIAN
09.10.2007
Salvador DALI, FRANCO, HITLER, ETAIENT-ILS DES CONS ?
Je pose cette question parce-que je suis un con imprudent qui a oublié d'être lâche. Lolo34.
Il ya peu le webmestre d'un blog humoristique s'insurgeait qu'un adjoint au Maire chargé de la Culture ait pu oser qualifier de con le peintre Salvador Dali, créateur au xxème siècle d'oeuvres remarquables, empreintes d'un indéniable et immense talent.
Comme l'a brillamment montré l'excellent film "Dîner de cons" nous sommes systématiquement toujours le con de quelqu'un d'autre. A contrario des antibiotiques, c'est automatique!
Aussi chaque fois, et c'est assez habituel dès qu'on m'habille avec ce terme, je recherche généralement sans à priori le sens exact que mon interlocuteur à voulu lui attribuer. Bref, je cherche à comprendre en quoi j'ai peu-être pu lui être désagréable ou lui faire défaut.
Pour revenir au sujet de mon billet, à l'époque donc, sans vélléité aucune envers cet humoriste, je lui faisait part de mon regret que ses "bons mots" ne fissent qu'effleurer la surface du propos d'Henri Talvat.
Dans sa démarche moqueuse, il ne s'agissait somme toute ni plus ni moins que d'une simple injure, à retourner illico presto à son auteur. Après tout pourquoi pas ? Mais,
Humour juste "ravageur" ou procédé matois pour occulter de fait le sens profond de la phrase d'Henri Talvat ?
NOTRE SUJET :
Ce que j'ai cru comprendre dans le propos de Henri Talvat reproduit sur le blog de l'humoriste comme suit :
Un gros sont de clôche à Montpellier !
* Dans le midi-libre de hier la frêch 'attitude
Un adjoint à la culture insulte un génie!

conclusion: on a pas besoin d'attendre Pâques pour écouter les sons de cloches !
voir sa figure cliquez ici ça vaut le detour!
* paru hier dans le Midi libre ? le 16 ou 17 septembre 2007 ? (NDLR).
Les sens possibles que j'ai perçu dans la phrase d'Henri Talvat
- Deux propositions, 2 points de vue :
1. Salvador Dali était-il faciste? Par Mohamed RACHIDI
Artiste Peintre
2. Salvador Dali était un faciste ! Par Vicente NAVARRO (Vicente Navarro est l'auteur de l'économie politique des inégalités sociales : Conséquences pour la santé et la qualité de la vie. Il enseigne à l'université de Johns Hopkins).
3. Henri Talvat cite aussi :
Source : Wikipédia
I. Salvador Dali, Etait-il Fasciste?
Un jugement difficile à admettre quand on sait que le surréalisme, mouvement auquel appartenait le peintre catalan, défendait la cause communiste et luttait contre toutes les formes de la dictature. Toutefois l’excentricité de Dali et sa mégalomanie le rapprochent plus des figures symboliques du totalitarisme que des surréalistes humanistes. Ses réactions vis- à- vis des grands évènements qui ont marqué le siècle dernier (montée du fascisme, deuxième guerre mondiale, guerre civile espagnole…) reflètent ses positions très subjectives qui ne cadrent point avec la philosophie prônée par les adeptes du surréalisme. Trois toiles de l’artiste catalan laissent voir ses positions anti-humanitaristes et constituent le témoignage d’un peintre qui confond surréalisme et folie des grandeurs. Il s’agit des oeuvres suivantes: Construction molle avec haricots bouillis, Prémonition de la guerre civile qui date de 1936; l’énigme de Hitler Réalisé en 1938 et Visage de la guerre datant de 1940.
1-Dali hanté par la guerre civile
Face à cet évènement historique, on ne peut pas parler pour Dali d'une réaction mais plutôt d'une prophétie. En effet le peintre catalan a été hanté par la guerre d'Espagne comme en témoigne le titre de son tableau :" Prémonition de la guerre civile" de 1936 et dont il a écrit dans sa «vie secrète» "le pressentiment de la guerre civile me hantait. Peintre de paroxysmes viscéraux, six mois avant la guerre d'Espagne je terminais prémonition de la guerre civile espagnole, garnie avec des haricots secs bouillis où un grand corps humain grouillait de bras et de jambes qui s'étranglent mutuellement dans le délire. Le titre dont j'ai baptisé ce tableau : prémonition de la guerre civile six mois avant qu'elle éclate, reste en plein dans les prophéties daliniennes"1
Le tableau en question est l'une des plus fantastiques et effrayantes compositions du peintre: au-dessus d'une terre aride, ravagée et sur fond d'un ciel envahi d'une fumée apocalyptique, un gigantesque corps humain se déchire lui-même, s'écartèle, s'étrangle, grimace de douleur et de folie. Une main monstrueuse écrase un sein. Des doigts, un pied, une langue se convulsent. Quelques haricots posés à terre comme autant de petites crottes. C'est clair, ce corps n'est autre que l'incarnation du peuple espagnol qui s'entretue. Mais on ne peut pas parler de l'attitude de Dali face à cette guerre sans évoquer son rapport avec les deux belligérants: les franquistes et les anarchistes, et son choix politique. S'agissant de ce dernier point, Dali affirme dans ses «entretiens» qu'il a toujours été adversaire de toute affiliation. "je suis le seul surréaliste qui ait toujours refusé de participer à quelque organisation que ce soit, jamais je ne me suis engagé"2. Toutefois, il a manifesté une certaine sympathie à l'égard de Franco, et a même accepté la décoration qu'il lui a accordée: La Croix d'Isabelle la catholique. Cette décoration, dit-il "a au moins l'avantage de me créer des difficultés. Ceux qui s'engagent sont des domestiques. Moi voulant être un seigneur, je ne demande pas que de me voir couvrir de médailles de toutes sortes"3. Quant à la mort de son ami le poète Frédérico Garcia Lorca, fusillé par les franquistes, Dali l'a qualifiée de mort courageuse "je trouvais que pour F.G.L. c'était la plus belle façon de mourir, occis par la guerre civile."4
Il en ressort que la position de Dali vis-à-vis de la guerre d'Espagne se démarque totalement de celle des surréalistes qui ont soutenu les adversaires de Franco. Dali, lui, avait une préférence pour les régimes qui maintenaient une élite, les hiérarchies... etc. Comme les monarchies et les régimes totalitaires et a, par conséquent, des sympathies franquistes. Il dit à ce propos: "J'ai commencé ma vie en trahissant d'une façon très spectaculaire ma classe d'origine qui est la bourgeoisie pour ensuite proclamer toujours les vertus de l'aristocratie et de la monarchie"5
2-Dali «Hitlériste»?
Le deuxième volet de ce dossier concerne la réaction de Dali face à la montée du fascisme et du nazisme. Le tableau représentatif de cette attitude est l'énigme d’Hitler datant de 1939. Le mot énigme reflète cette aura de mystère dont Hitler a été entouré à l'époque. Pour Dali le téléphone qui figure dans le tableau est annonciateur de nouvelles.
Mais cet intérêt accordé par Dali à Hitler n'est pas d'ordre politique, il est paranoïaque, apolitique et érotique par essence:
"J'étais fasciné par le dos tendre et dodu d'Hitler toujours si sanglé dans son uniforme. Chaque fois que je commençais à peindre la bretelle de cuir qui, partant de sa ceinture passait sur son épaule opposée, la mollesse de cette chair Hitlérienne comprimée sous la tunique militaire créait en moi un état d'extase gustatif laiteux, nutritif et wagnérien qui faisait violemment battre mon coeur... je considérais Hitler comme un masochiste intégral possédé par l'idée fixe de déclencher une guerre pour la perdre ensuite héroïquement."6
Et Dali d'insister sur la nécessité de comprendre Hitler dans le cadre de l'activité paranoïaque critique qu'il définit comme étant une méthode spontanée de connaissance irrationnelle fondée sur l'association interprétative critique des phénomènes délirants. Le peintre catalan est allé jusqu'à reprocher aux communistes de sous-estimer, dans sa signification et dans son impact sur les masses, "la révolution hitlérienne." Cet intérêt croissant de Dali pour Hitler va être compris par les membres du groupe surréaliste comme une défense du nazisme. Breton, chef du mouvement, qui voulait que ce courant soit au service de la cause du prolétariat n'a pas accepté "l'hitlérisme" de Dali et a décidé de l’excommunier en 1934. Mais cette exclusion a été écartée lorsque Dali accepta de signer une déclaration selon laquelle il n’était pas l'ennemi du prolétariat.
3-Dali et la deuxième Guerre Mondiale
Le tableau qui traduit l'attitude de Dali face à la guerre est sans doute " visages de la guerre"datant de 1940-1941. Un tableau qui s'inscrit dans la thématique de l'épouvante et l'effroi qui caractérise la peinture de Dali. Un visage gigantesque plein de serpents telle une tête de Méduse occupe toute la toile. Mais c'est un visage dont les yeux et la bouche sont remplis de crânes. Une mise en abyme qui met en exergue le nombre infini des victimes de la guerre. Dali en est totalement conscient et imprégné, les deux moteurs les plus violents qui font fonctionner le cerveau artistique de Dali sont la libido et l'angoisse de mort " pas une seule minute dans ma vie ne se passe sans que le spectre de la mort ne m'accompagne dans la moindre de mes plus subtiles et capricieuses fantaisies"
Mais Dali aime les guerres comme il l'a dit dans ses «entretiens». "Personnellement, le péril jaune me plaît beaucoup. Il sera l'enjeu d'une guerre, et j'aime beaucoup les guerres." Car pour ce surréaliste la mort des autres constitue une source de plaisir et de jouissance. "Désormais je dégusterai avec une saveur particulière la moindre sardine, si en même temps je songe à tous mes amis qui sont morts de préférence fusillés ou martyrisés... Dès leur mort, ils commencent à travailler pour le divin Dali" 7. Ainsi, loin de dénoncer l'atrocité de la guerre et son horreur, Dali se contente de la représenter telle qu'il la voit, une figure de la mort qui le persécute et qui le divinise.
Face aux événements historiques qui ont secoué l’humanité lors du vingtième siècle, Dali a donc adopté des positions aussi excentriques que sa personne. Son idéologie se ressource dans la parano-critique qu’il a inventée. Il ne se souciait point de la mobilisation idéologique entreprise par ses amis surréalistes en faveur du socialisme et des classes démunies. Seul comptait pour l’extravagant Dali la mise en exergue de son MOI et de sa grandeur. Une mégalomanie sans borne qui légitime à ses yeux la dictature de Hitler et le carnage occasionné par la guerre.
"La différence entre les surréalistes et moi c'est que moi je suis surréaliste" Cette déclaration résume la relation qu'entretenait le peintre avec les surréalistes. Lui qui proclamait bien haut qu’il trouvait la politique anecdotique et misérable, leur contestait le qualificatif de surréalistes à cause de leur engagement en faveur du prolétariat. Une telle action met en question la primauté de l'inconscient, du moi, et de la paranoïa- critique qui restent, pour Dali, les sources essentielles pour toute oeuvre surréaliste.
Mohamed Rachidi
Artiste Peintre
NOTES
1- Cité par Gilles Neret in Dali, Taschen, 1994, pp.44-45
2- Alain Bosquet : Entretiens avec Salvador Dali, 1996, Paris, p.14
3- Ibidem.
4- Ibid.p.50
5- Alain Bosquet : Entretiens avec Salvador Dali, 1996, Paris, p.14
6- Gilles Neret. Dali, Taschen 1994. p.60
7- Alain Bosquet : Entretiens avec Salvador Dali, 1996, Paris, p.45
http://www.maghrebarts.ma/artsplastiques/art/031027.html
II. Salvador Dali était un faciste !
The Jackboot of Dada
Salvador Dali, Fascist
By VICENTE NAVARRO
The year 2004, the centenary of Dali's birth, has been proclaimed "the year of Dali" in many countries. Led by the Spanish establishment, with the King at the helm, there has been an international mobilization in the artistic community to pay homage to Dali. But this movement has been silent on a rather crucial item of Dali's biography: his active and belligerent support for Spain's fascist regime, one of the most repressive dictatorial regimes in Europe during the twentieth century.
For every political assassination carried out by Mussolini's fascist regime, there were 10,000 such assassinations by the Franco regime. More than 200,000 people were killed or died in concentration camps between 1939 (when Franco defeated the Spanish Republic, with the military assistance of Hitler and Mussolini) and 1945 (the end of World War II, an anti-fascist war, in Europe). And 30,000 people remain desaparecidos in Spain; no one knows where their bodies are. The Aznar government (Bush's strongest ally in continental Europe) has ignored the instructions of the U.N. Human Rights Agency to help families find the bodies of their loved ones. And the Spanish Supreme Court, appointed by the Aznar government, has even refused to change the legal status of those who, assassinated by the Franco regime because of their struggle for liberty and freedom, remain "criminals."
Now the Spanish establishment, with the assistance of the Catalan establishment, wants to mobilize international support for their painter, Dali, portraying him as a "rebel," an "anti-establishment figure" who stood up to the dominant forces of art. They compare Dali with Picasso. A minor literary figure in Catalonia, Baltasar Porcel (chairman of the Dali year commission), has even said that if Picasso, "who was a Stalinist" (Porcel's term), can receive international acclaim, then Dali, who admittedly supported fascism in Spain, should receive his own homage." Drawing this equivalency between Dali and Picasso is profoundly offensive to all those who remember Picasso's active support for the democratic forces of Spain and who regard his "Guernica" (painted at the request of the Spanish republican government) as an international symbol of the fight against fascism and the Franco regime.
Dali supported the fascist coup by Franco; he applauded the brutal repression by that regime, to the point of congratulating the dictator for his actions aimed "at clearing Spain of destructive forces" (Dali's words). He sent telegrams to Franco, praising him for signing death warrants for political prisoners. The brutality of Franco's regime lasted to his last day. The year he died, 1975, he signed the death sentences of four political prisoners. Dali sent Franco a telegram congratulating him. He had to leave his refuge in Port Lligat because the local people wanted to lynch him. He declared himself an admirer of the founder of the fascist party, Jose Antonio Primo de Rivera. He used fascist terminology and discourse, presenting himself as a devout servant of the Spanish Church and its teaching--which at that time was celebrating Queen Isabella for having the foresight to expel the Jews from Spain and which had explicitly referred to Hitler's program to exterminate the Jews as the best solution to the Jewish question. Fully aware of the fate of those who were persecuted by Franco's Gestapo, Dali denounced Bunuel and many others, causing them enormous pain and suffering.
None of these events are recorded in the official Dali biography and few people outside Spain know of them. It is difficult to find a more despicable person than Dali. He never changed his opinions. Only when the dictatorship was ending, collapsing under the weight of its enormous corruption, did he become an ardent defender of the monarchy. And when things did not come out in this way, he died.
Dali also visited the U.S. frequently. He referred to Cardinal Spellman as one of the greatest Americans. And while in the U.S., he named names to the FBI of all the friends he had betrayed. In 1942, he used all his influence to have Buñuel fired from the Museum of Modern Art in New York, where Buñuel worked after having to leave Spain following Franco's victory. Dali denounced Buñuel as a communist and an atheist, and it seems that under pressure from the Archbishop of New York, Buñuel had to leave for Mexico, where he remained for most of his life. In his frequent visits to New York, Dali made a point of praying in St. Patrick's Cathedral for the health of Franco, announcing at many press conferences his unconditional loyalty to Franco's regime.
Quite a record, yet mostly unknown or ignored by his many fans in the art world.
Vicente Navarro 6/7 décembre 2003.
Traduire le texte avec google (approx translation) : CLICKER ICI
"C'est Sorj Chalandon dans Libé qui rapporte cette répartie de Catherine Millet, connue pour sa vie sexuelle mais aussi pour être la rédactrice en chef de Art press et son ouvrage de référence sur l'art contemporain en France. À Polac qui lui reproche dans son bouquin sur Dali d'"escamotez trop le côté de la star vieillissante et réac qui admirait Franco" elle répond : «sur le franquisme, moi, très franchement, je pense qu'il valait mieux être franquiste avec Dali que communiste à la manière d'Aragon, par exemple, voyez ? C'était un franquisme véniel. Oui, il est allé déjeuner une fois chez Franco, point à la ligne».".
Si Dali ne s'était contenté que d'être véniel, juste pour un simple repas chez le caudillo, ça se saurait !
RAG 34. Lolo34
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25.09.2007
Ils ont choisi de partir ensemble
Hier le philosophe André Gorz et sa femme se sont suicidés. Il avait créé le Nouvel Observateur avec Jean Daniel . Figure de la philosophie des années 70 , il a écrit de nombreux essais dont "Lettre à D., histoire d'un amour" (éd. Galilée).
LA VIE DES IDEES (7/10 Nicolas Demorand France Inter)
Ecouter (durée 2 mns 28)
Libération : André Gorz, dernière lettre à D.
André Gorz. Wikipédia.
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12.09.2007
Après la défaite : En quête de Gauche (vidéo)
Le dernier livre de Jean-Luc Mélenchon : "En quête de gauche" est un livre-événement pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent analyser lucidement la situation de la Gauche aujourd’hui et contribuer à reconstruire la Gauche de demain.
En exclusivité, l'entretien vidéo en avant-première accordé par Jean-Luc Mélenchon à l'équipe Web de PRS.
07:54 Publié dans 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 009 LIRE , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : MELENCHON, EN QUÊTE DE GAUCHE
30.08.2007
POESIE : découvrir, écouter, lire Léo Ferré - L'espoir (1974)
http://www.leo-ferre.com
"Et qu'ont-ils à rentrer chaque année les artistes?..."
Chèr(e)s ami(e)s et camarades, en cette difficile rentrée écrasée par la "realpolitik", pour adoucir votre retour à Sarkoland, nous vous offrons ce lundi matin un peu de poésie vitamine.

GUERNICA. P. Picasso, 1937, musée du Prado, Madrid, Espagne.
(vue partielle).
Photo RIGAUDIN : Léo au théâtre de la Mer à Sète 1977
L'ESPOIR
1974
Dans le ventre des Espagnoles
Il y a des armes toutes prêtes toutes prêtes
Et qui attendent
Des oiseaux finlandais vêtus de habanera
Des Vikings aux couteaux tranchant la manzanilla
Des flamenches de Suède brunes comme la cendre
Des guitares désencordées et qui se pendent
Des amants exilés dans les cloches qui sonnent
La Mort qui se promène au bras de Barcelone
Des taureaux traversés qui traversent l'Histoire
Des soleils fatigués qui les regardent boire
Un Orient de misère à la jota engloutie
Les parfums de l'Islam crevant d'Andalousie
Des pavés de flamenco aux gestes anarchiques
Les rythmes du jazz-band pour les paralytiques
Les tam-tams de l'Afrique à portée de guitare
De l'eau fraîche et de l'ombre à jurer pour y croire
Une rue de Madrid avec des fleurs fanées
Un fusil de trente-six qui revient s'y mêler
Dans le ventre des Espagnoles
Il y a des armes toutes prêtes toutes prêtes
Et qui attendent
Un accord de guitare au moment où l'on passe
Un passeur langoureux avant le coup de grâce
La bouteille à la mer dans un drugstore indien
Un habit de lumière dans l'ombre du chagrin
La fureur pensionnée qui se croit dans la rue
Des chansons caraïbes qu'on a perdues de vue
Des cigales fuyant le bruit des castagnettes
Toutes les Amériques au fond d'une cassette
Exécutées à l'aube avec la stéréo
Le silence permis au-delà de Franco
Des ailes de moulin plantées sur les maisons
Don Quichotte qui passe à la télévision
Une chaîne en couleur pour avaler tout ça
Le sang avec la veine d'avoir la corrida
Et cent mille danseurs sur la place publique
Pour que Christophe Colomb découvre la Musique
Dans le ventre d'une Espagnole
Il y a l'Espoir qui se gonfle et qui gonfle
Et qui attend... Et qui attend...
MANUEL DE FALLA *
20:20 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Loisirs/Culture , Musique , Politique | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FERRE, Léo Ferré
25.08.2007
Economie : Ne laissons pas Keynes aux émules du libéralisme !
"Quand une idée simple prend corps, il y a une révolution" (Ch. Péguy, Note conjointe sur M. Descartes)
Non à l'économie casino ! Plutôt que de baisser les impôts des plus riches il est préférable d’augmenter les salaires de ceux qui travaillent !
Par Simon Thouzeau
L'article en PDF
L’idée simple de Keynes est d’opérer une véritable réflexion sur la pertinence de l’enseignement qu’il a reçu en économie. Keynes n’est pas un révolutionnaire, il a pourtant révolutionné la théorie économique.
Qui est Keynes ?
Né à Cambridge en 1883 (année de la mort de Marx), John Maynard Keynes est issu d’une famille de la moyenne bourgeoisie intellectuelle. Son père est professeur de logique et d’économie à Cambridge et sa mère devint la première femme maire de Cambridge. Élève brillant, Keynes fréquente des peintres, des écrivains (Virginia Woolf), des philosophes. Ce cercle d’amis se caractérise par un certain anticonformisme, ces jeunes se veulent moralement et sexuellement "libérés".
Ce n’est qu’en 1905 que Keynes commence véritablement à s’intéresser à l’économie en suivant les cours de Marshall (économiste classique). Les premières recherches de Keynes le conduisent à travailler sur les probabilités. Nommé au Trésor au début de la guerre 14-18, Keynes s’illustre par la rédaction de Conséquences économiques de la paix (1919), où il soutient l’incapacité de l’Allemagne à payer les réparations exigées par le traité de Versailles et annonce une catastrophe sociale et politique comme suite logique d’un tel traité.
Keynes est, dans la vie qu’il mène ou dans les idées qu’il défend, cependant encore très imprégné d’idées libérales classiques. Pour mener un train de vie élevé, il se lance dans la spéculation mais se trouve en 1920 pratiquement ruiné.
C’est au cours des années 20 puis des années 30 que sa pensée évolue progressivement au contact de l’analyse monétaire (1930 : Traité sur la monnaie). C’est en 1936 qu’il produit son œuvre majeure : la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie. Il s’agit pour lui d’essayer de comprendre et de trouver des réponses à la crise économique de l’époque. Il préconise pour cela notamment la relance par des investissements étatiques. Reconnu comme un économiste majeur, bien que critiqué, Keynes, qui est fait Baron, participe dans les années 40 à l’élaboration du système dit de Bretton Woods. Il décède en 1946.
Keynes : politiquement libéral…
Si Keynes est politiquement un libéral (en 1928 il contribue à la rédaction du programme économique du parti libéral), c’est un libéral "conscient". Keynes s’inscrit dans une tradition qui fait de l’essor des activités économiques un moyen de stabiliser l’ordre social.
La conception que Keynes a de la nature humaine est celle d’un libéral classique puisqu’il considère que l’instinct de lucre de l’individu est un élément essentiel du fonctionnement de nos sociétés. Le doux commerce apaiserait les mœurs : "la possibilité de gagner de l’argent et de constituer une fortune peut canaliser certains penchants dangereux de la nature humaine dans une voie où ils sont relativement inoffensifs (...) Il vaut mieux que l’homme exerce son despotisme sur son compte en banque que sur ses concitoyens". La violence des entreprises accompagnant l’impérialisme et la colonisation du début du XX ne semble pas avoir sauté aux yeux du bourgeois qu’est Keynes.
Keynes dénigre Marx sans pour autant produire de véritable argumentation. Il méprise le socialisme doctrinaire qui serait le "résidu poussiéreux" d’un projet dépassé depuis longtemps traitant de problèmes aujourd’hui passés et analysés par un homme il y a plus d’un siècle. "La lutte des classes, écrit-il, me trouvera du côté de la bourgeoisie instruite". Pourtant les réflexions de Keynes peuvent alimenter une critique économique anti-libérale, car s’il est socialement et politiquement libéral, économiquement c’est une autre histoire. Ainsi il considère qu’il n’est "nullement vrai que les individus possèdent un droit imprescriptible à une "liberté naturelle" dans leur activité économique. Il n’existe nulle "convention" qui puisse conférer un privilège éternel à ceux qui possèdent déjà ou à ceux qui deviennent des possédants" (in La Fin du laissez-faire). Pour Keynes "le problème politique de l’humanité consiste à combiner trois choses : l’efficacité économique, la justice sociale et la liberté politique".
… mais économiquement c’est une autre histoire
Keynes remet d’abord la "science" économique à sa place. "Il ne faut pas exagérer l’importance du problème économique, il ne faut pas sacrifier à ses nécessités supposées d’autres affaires, d’une portée plus grande et plus permanente". Si les libéraux de tout temps justifient leur comportement irresponsable par les lois naturelles de l’économie (la loi du marché…), Keynes pense au contraire que "l’économie est essentiellement une science morale et non pas une science naturelle, c’est-à-dire qu’elle utilise l’introspection et les jugements de valeur". Aussi quand les libéraux tentent de nous faire croire que les marchés financiers constituent le plus performant des systèmes (transparence, vérité des prix), on peut leur rétorquer en s’appuyant sur Keynes que la bourse s’appuie d’abord sur des croyances, des "conventions", un système de valeurs qui fait dire à un moment que Enron est la plus grande des entreprises puis deux mois plus tard que c’est la honte du capitalisme.
Keynes, critique de l’économie et des économistes "J’accuse la théorie économique classique d’être en elle-même une de ces jolies techniques raffinées qui prétendent traiter du présent en faisant abstraction du fait que nous savons très peu sur l’avenir". Pour Keynes l’avenir n’est pas déterminé, rien n’est inéluctable. Keynes est incisif et il y a bien en lui une volonté d’aménager réellement le capitalisme et le système de valeurs dont il est porteur. Keynes ne se limite pas à l’idée de gestion ou d’accompagnement. "Nous devons inventer une nouvelle morale pour un nouvel âge. En même temps nous devons, si nous voulons apporter quelque chose de neuf, apparaître iconoclastes, dangereux, dérangeants, voire désobéissants envers ceux qui nous ont engendrés" (in Suis-je libéral ?)
Intérêt personnel/ intérêt collectif
Keynes se distingue nettement de la doctrine de la "main invisible" (Adam Smith & Cie…) selon laquelle ce sont les intérêts privés qui réalisent naturellement l’intérêt général. "Le monde n’est pas ainsi fait que les intérêts privés et collectifs coïncident nécessairement (…) on ne saurait déduire des principes de l’économie politique que l’intérêt personnel dûment éclairé œuvre toujours au service de l’intérêt général (…) l’expérience ne confirme pas que des individus sont toujours moins clairvoyants lorsqu’ils sont réunis en une unité sociale que lorsqu’ils agissent isolément".
Si Keynes justifie une certaine dose d’inégalité pour stimuler l’activité économique, il conclut cependant que "pour stimuler ces activités et satisfaire ces penchants [à l’enrichissement personnel], il n’est pas nécessaire que la partie se joue avec des mises aussi élevées qu’aujourd’hui. Avec des mises beaucoup plus faibles le jeu serait tout aussi efficace dès lors que les joueurs en auraient pris l’habitude".
Keynes stigmatise par ailleurs les inégalités de la société de son époque : « on peut justifier par des raisons sociales et psychologiques de notables inégalités dans les revenus et les fortunes, mais non une amplitude aussi grande qu’à l’heure actuelle »
Qu’est-ce qu’une « relance keynésienne » ?
Il est d’usage de considérer que les politiques économiques menées après 1945 sont des politiques de relance keynésienne dans la mesure où l’Etat relance l’économie en injectant des liquidités dans l’économie sous la forme de politiques de grands travaux, de dépenses d’investissement. Cette politique de relance s’appuie sur un effet multiplicateur (le "multiplicateur keynésien") qui est le mécanisme par lequel une dépense nouvelle de l’Etat engendre une hausse de la production supérieure à la dépense initiale [Capul/Garnier, Dictionnaire d’Economie]. Du fait de l’ouverture de nos économies dans les années 70, le multiplicateur a perdu de son efficacité*. Ainsi quand la France relance en 1981, une partie des investissements profite aux pays étrangers car les Français ont plus d’argent à dépenser et le système économique national peine à faire face à la demande. Pourtant toute relance keynésienne n’est pas forcément vouée à l’échec. L’Europe étant économiquement fermé (à 80 %) - c’est-à-dire que l’essentiel de son commerce est constitué de ventes et d’achats à l’intérieure de la zone Europe-, il est possible, sans subir de fuite notable de capitaux, d’opérer une relance économique au niveau européen. Mais l’économique ne se coordonne pas sans intervention du politique et c’est justement ce qui manque à l’Europe.
Inflation ?
Oui mais une relance entraîne nécessairement, à long terme, de l’inflation rétorquent les libéraux. Heureusement ce n’est pas si simple. Les libéraux commettent deux erreurs : premièrement l’inflation (modérée) n’est pas forcément un fléau mais peut permettre à une économie de s’ajuster ; deuxièmement il n’y a inflation après une relance économique que si l’ensemble des moyens de production ont été utilisés ( capital et travail, c’est-à-dire machines et travailleurs). En effet, relancer alors que les entreprises ne peuvent produire plus entraîne une hausse des prix (les consommateurs sont plus riches mais il y a toujours autant de produits d’où la hausse des prix). Conclusion lorsque les libéraux disent qu’à long terme une relance entraîne de l’inflation, cette affirmation est vraie et d’une banalité affligeante car il arrive bien un moment où à force de soutenir la relance l’ensemble des moyens de production sont effectivement utilisés. Ce long terme cela correspond chez des gens comme Milton Friedman (économiste libéral de l’école de Chicago) à une dizaine d’années - c’est-à-dire que de façon continue l’Etat soutiendrait l’économie pendant plus de dix ans ! Comme le dit Keynes « à long terme nous sommes tous morts ». Il faut d’abord se soucier du présent et du futur proche et non pas s’inquiéter du taux d’inflation que l’on risquerait de connaître dans 30 ans !
Keynes est ici intéressant dans la mesure où il distingue la « véritable inflation » (quand tous les facteurs de production sont utilisés) et la « semi-inflation ». Cette dernière apparaît de façon modérée au début d’une relance. Les entreprises qui ne sont pas sûres que la croissance sera de longue durée peuvent préférer hausser leurs prix plutôt que de se compliquer à engager du personnel et faire des investissements qui à l’avenir ne seront pas forcément rentabilisés. Pour ne pas casser la croissance qui redémarre il faut donc accepter cette semi-inflation : progressivement les conventions changent, la croyance en une conjoncture positive relance progressivement le système économique. Hausser les taux d’intérêts comme le fait la BCE à chaque fois que l’inflation apparaît c’est casser tout espoir de croissance…
Non à « l’économie casino »
Keynes s’illustre enfin par sa critique des marchés financiers : il parle à ce propos « d’économie casino » (Marx dénonçait quant à lui le « capital fictif »). Keynes s’attaque aux rentiers, cette catégorie de personnes qui n’investissent pas réellement et captent les richesses créées. Il parle « d’euthanasier les rentiers » car ce sont eux qui paralysent l’économie, freinent les investissements productifs et volent une partie du « surproduit social » (ça c’est plutôt du Marx). Keynes constate que le développement des marchés financiers s’accompagne de la spéculation et c’est pour lutter contre ce fléau que l’ancien spéculateur repenti de Cambridge propose la mise en place d’une taxe sur les capitaux (comme quoi l’idée n’est pas nouvelle).
Oui à une meilleure répartition des richesses !
"Les vices marquants du monde économique dans lequel nous vivons sont l’incapacité à assurer le plein emploi et le caractère arbitraire et inéquitable de la répartition de la fortune et des revenus" disait Keynes. Selon lui, en situation de sous emploi ce n’est pas l’épargne des riches qui permettra de relancer l’économie mais une redistribution vers les ménages les plus pauvres qui ont une plus forte propension à consommer (l’argent reçu servira à améliorer le quotidien et sera donc dépensé- et non pas épargné- ce qui est profitable pour l’économie).
Conclusion : plutôt que de baisser les impôts des plus riches il est préférable d’augmenter les salaires de ceux qui travaillent !
Simon Thouzeau. Mercredi 3 septembre 2003
* Il ne faut pas oublier que l’ouverture des économies, même si elle correspond à une évolution constante au fil des siècles, n’a pas été toujours continue. Ainsi l’entre deux-guerre fut une période de repli des échanges internationaux. Ce n’est qu’en 1973 que l’on retrouve le même degré d’ouverture des économies qu’en 1913.
Sources : pour les citations de Keynes, cet article s’appuie essentiellement sur le livre de P. Combemale Introduction à Keynes (La Découverte, Repères). Ce livre est clair et très intéressant mais nécessite quelques connaissances en économie pour apprécier pleinement la richesse de l’analyse keynésienne.
RAG 34. Les lolo's 34
17:20 Publié dans 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 009 LIRE , Actualités , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : KEYNES, Démocratie et Socialisme
12.08.2007
Étranges étrangers écrit par Jacques Prévert

Étranges étrangers
Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays lointains
cobayes des colonies
Doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Pans
ébouillanteurs des bêtes trouvés mortes sur pied au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de Franco et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d'une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille botte à cigares et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé la prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés de jolis dragonsd'or
Faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en ailés
qui donnez aujourd'hui de retour au pas
le visage dans la terre
et des bombes Incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos
Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vIvez
même si vous mourez.
Jacques Prévert
RAG 34. Lolo34
09:19 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Etranges étrangers, Jacques PREVERT
06.08.2007
Au moins 1 Français sur 3 est pauvre ou précaire
Les prix qui s'envolent, les salaires en rade ... le débat a ressurgi dans la campagne. A la mesure de la "gravité du problème", selon l'économiste Pierre Concialdi (économiste à l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires), organisme proche des organisations syndicales. Prochain livre: Non à la précarité, Ed Mango).Libération.fr, 29 mars 2007.
Pourquoi la question du pouvoir d'achat s'est-elle imposée dans la campagne ?
Il n'est pas étonnant de voir resurgir ce débat, compte tenu de la gravité du problème. C'était déjà la revendication majeure des salariés dans les manifestations du printemps 2005. Après presque trente années de vaches maigres, la situation est devenue critique pour de très nombreux salariés, vulnérables au moindre coup dur. Aujourd'hui, on peut estimer qu'au moins un Français sur trois est pauvre ou précaire.
Les salaires sont-ils trop bas ?
Depuis la fin des années 70, les salaires ont été mis à la portion congrue. Le pouvoir d'achat du salaire net a baissé ou stagné une année sur trois. En moyenne, la hausse a été de 0,4 à 0,5 % par an. Cela n'a même pas permis de rémunérer la hausse du niveau moyen de qualification. Le pouvoir d'achat du revenu moyen par ménage a aussi très peu augmenté (+ 0,5 % par an). De plus, cette faible hausse a été concentrée sur deux périodes (1987-1990 et 1997-2002), en dehors desquelles le pouvoir d'achat des ménages a baissé ou stagné, comme depuis 2002. Les inégalités entre salariés et ménages se sont creusées. La sécurité économique passe par les revenus de la propriété : ils représentent l'équivalent de près de la moitié de la masse des salaires nets, contre un quart en 1978.
Assiste-t-on au développement d'une catégorie de travailleurs pauvres ?
Depuis 25 ans, il y a eu une explosion des bas salaires : aujourd'hui, plus d'un salarié sur 6 est à bas salaire (soit environ 90 % du Smic net à temps complet). Et, dans ces bas salaires, la proportion de très bas salaires (environ deux tiers du Smic) a pratiquement doublé. Cela a nourri le développement de la pauvreté laborieuse. Mais ce phénomène traduit un mouvement plus profond de dévalorisation du travail : les revenus de la propriété ont explosé depuis la fin des années 80, et la plupart des salariés n'en ont guère vu la couleur. Mais il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui 6,5 millions de Français vivent avec les minima sociaux, dont le niveau a régressé depuis 25 ans par rapport au niveau de vie moyen...
Comment jugez-vous la proposition de Nicolas Sarkozy qui propose de «travailler plus pour gagner plus» ?
Quand des millions de personnes sont au chômage ou en sous-emploi, tout le monde comprend que c'est une supercherie. L'arithmétique élémentaire qui sous-tend ce slogan signifie implicitement qu'il n'y a pas d'autre moyen pour les salariés que de travailler plus pour gagner plus. En clair, la croissance et les gains de productivité ne sont pas pour eux. C'est un projet socialement insoutenable et économiquement inefficace.
RAG 34. Les lolo's 34
07:45 Publié dans 007 POSITIVE PRECARITE ! , 009 LIRE , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : PRECARITE, TRAVAILEURS PAUVRES
29.07.2007
Lire : Mitterrand l'africain ?
La complexité des relations franco-africaines ne cesse de donner le tournis à bon nombre d'observateurs. S'intéressant au sinueux parcours africain de l'ancien président de la République française, en l'occurence François Mitterrand, Gaspard-Hubert Lonsi Koko, à travers la vie politique de cet illustre personnage, décortique avec minutie les réseaux mis en place par Jacques Foccart et entretenus par quelques africanistes de gauche ; il nage dans les eaux troubles de la Françafrique pour mieux expliquer la puissance des lobbies qui imposent la continuité dans les rapports entre la France et l'Afrique.
À l'heure où l'actualité africaine est entre autres dominée par les conflits, l'exode de nombreux jeunes, la lente "colonisation" de ce continent par la Chine, d'aucuns ne cessent de se demander si, après François Mitterrand et Jacques Chirac, la France du XXIe siècle sera encore africaine ou ne le sera plus.
Cet ouvrage donne quelques pistes très utiles à la compréhension des futures relations franco-africaines. On y évoque également un lien de près de quarante-cinq ans entre un homme - que d’aucuns qualifient de "mythe errant" - et tout un continent, des méandres et des écueils qui ont enseveli des tas de secrets dans des marigots africains...
Titre : Mitterrand l'Africain ?
Editeur : Les Editions de l'Egrégore (http://www.editions-egregore.com)
Parution : 9 octobre 2007
Pagination : 256 pages
ISBN : 978-2-916335-03-2
Format : 14x22,5 cm
Prix : 18 euros
L'auteur :
Membre du Bureau fédéral du Parti Socialiste de Paris et président du club de réflexion Enjeux Socialistes et Républicains, Gaspard-Hubert Lonsi Koko reste fidèle à ses engagements humanistes. Après Un nouvel élan socialiste et Le demandeur d’asile, il poursuit la réflexion sur les rapports Nord-Sud avec Mitterrand l’Africain ?
Site personnel : http://www.lonsi-koko.net
RAG 34. Lovely34
08:31 Publié dans 009 LIRE , Actualités , Francophonie , Loisirs/Culture , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FRANCAFRIQUE, FRANCOPHONIE, MITTERRAND
10.05.2007
Histoire : Descendants d'esclaves, ils se souviennent
Crédit Photo : DR
Ultima se souvient que ses parents lui parlaient de l’esclavage qu’avait connu son arrière grand-père, pour en évoquer la dureté et l’inciter à être plus obéissante.
Alors que la France commémore jeudi l'abolition de l'esclavage il y a 159 ans, un site Internet donne la parole aux descendants d'esclaves en Martinique.
Forcément, les souvenirs sont lointains. Ils évoquent d'une manière plus ou moins claire une grand-mère ou un grand oncle nés sous l'esclavage. 159 ans après l'abolition, ces descendants en Martinique racontent ce que leur aïeul a directement vécu. Ces témoignages qui pourraient figurer dans un livre d'histoire sont l'initiative du journaliste de RFO Serge Bilé. Avec un cameraman, il sillonne la Martinique depuis plus d'un mois à la recherche de ces témoins indirects. De ces histoires transmises de génération en génération. Pour le moment, ils en ont rencontrés une trentaine, une trentaine de récits qui figurent sur un site Internet : "Paroles d'esclavage".
"J'ai voulu donner la parole aux '



