02/01/2009

Notre nouvelle adresse : http://partidegauche34.midiblogs.com

Bonjour,

logo_parti_de_gauche.jpgNous avons changé d'adresse, merci de la noter : http://partidegauche34.midiblogs.com

Amitiés militantes à gauche.

Lolo34

Au revoir cher Parti socialiste errant à l'infini vers une dérive droitière

Cher(e)s camarades, cher(e)s amis,

Comme vous l'avez constaté , depuis la mi juillet aucune note ni commentaire ne fleurit plus cet espace libre de toutes vos expressions. Vous restez cependant cher(e)s amis et camarades très assidus sinon accros de RAG34. Merci pour votre vraie fidélité.

En qualité d'administrateur de ce blog "bien chouette", je me et nous nous tournons (les lolo's 34) désormais vers de nouveaux horizons.

Presque perdreau de l'année, puisqu'ayant adhéré au PS en 2004, comme beaucoup de vous toutes et tous, j'ai cru, j'ai rêvé et nous avons espéré ensemble la reconstruction du PS et son ancrage nécessaire à gauche par notre volonté militante et sincère au sein du parti.

Cela semble définitivement et rigoureusement impossible depuis le Congrès de Reims. Scission, désolation et champ de ruines...

Je ne veux pas et nous ne voulons pas ici vous rappeler les vraies et très profondes trahisons que le Parti socialiste rompant profondément avec nos valeurs de justice d'égalité,de laïcité et de républicaines et européennes attentes, voudrait que nous contresignons encore ; ce que nous militant(e)s pudiquement appelons simplement avaler toutes sortes de couleuvres.

Contris mais forts de ce triste constat d'échec, nous avons et j'ai décidé de ne plus animer ce blog.

Nous voulons une autre gauche ! Nous voulons la gauche socialiste fière de le proclamer. Nous voulons une gauche enfin pour de vrai revendicatrice non corporatiste à l'écoute des salarié(e)s et de toutes les centaines de milliers de sans droits de notre pays.

Camarades, rejoignez-nous, Camarade rejoins-moi !

Adhérer au Parti de gauche :

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Les lolo's 34 et Lolo34


26/10/2008

Avant le Congrès de Reims, le camarade Fabius rappelle ses positions et ses engagements

logo.jpgLaurent Fabius face aux lecteurs de Paris Normandie

arton1129.jpgVendredi 24 octobre, Laurent Fabius a rencontré à Rouen les lecteurs du journal Paris Normandie et a répondu à leurs questions concernant la crise financière, les questions économiques et notamment l’avenir de l’automobile en Haute-Normandie, ainsi que la situation internationale et l’avenir du PS. Retrouvez ci-dessous le script de l'entretien. Vous pouvez également relire l'interview sur http://www.laurent-fabius.net/article1137.html

CRISE FINANCIERE

Jean-Michel Thouvignon : Le pouvoir des élus pour empêcher ou limiter la crise financière ne vous paraît-il pas bien faible ?

Je veux dire d’abord qu’il n’y a pas une crise financière seulement mais au moins trois crises. Il y a en effet aussi une crise économique et un gros risque de crise sociale. Ces crises s’entrechoquent et s’additionnent. En ce qui concerne notre pays, le Gouvernement cherche à agir sur la crise financière. Mais pas grand chose sur l’économique et rien du tout sur le social. On pénalise le logement, on asphyxie les collectivités locales, on démantèle les services publics en particulier l’Education : ce sont des erreurs graves. Pour ce qui est de la crise financière, cela fait des années que je mettais en garde contre ce que j’appelle le système de l’argent fou. Le château de cartes s’écroule. Les élus ? Longtemps, il a été de bon ton de dire : moins ils interviendront, mieux cela vaudra... et tout à coup on redécouvre heureusement leur rôle. Chacun a son rôle à jouer : les élus locaux et ceux de la nation. Le problème c’est qu’il existe des institutions nationales, mais pas encore d’organisation européenne ou mondiale assez efficaces. Et puis, sans faire de démagogie, les gens se disent que le système marche sur la tête : le Gouvernement est capable de trouver des centaines de milliards pour sauver le système bancaire mais il se dit incapable de rassembler dix fois moins pour le chômage ou pour l’Ecole. C’est tout cela qu’il faut changer.

Faut-il gouverner autrement ?

Certainement ! Si les Européens décidaient comme je le propose de lancer rapidement de grands programmes d’investissements en matière d’économies d’énergie dans les logements, de transports collectifs, d’équipements de recherche, cela améliorerait notre croissance, notre emploi et notre compéitivité : c’est cela qu’il faut faire.

SITUATION ECONOMIQUE

Sabine Béziat : l’industrie haut-normande n’est-elle pas trop dépendante de l’automobile quand on voit les difficultés de Renault ?

Notre région a effectivement bâti sa puissance notamment sur l’automobile, la chimie, l’énergie, qui ne sont pas les secteurs les plus vaillants en ce moment. Nous ne devons pas les abandonner pour autant mais les moderniser et les compléter par d’autres. Nous manquons de PME solides, à l’image de ce qui existe en Allemagne. Quoi que dise le Gouvernement, le crédit leur est souvent refusé. Il faudrait pour soutenir les petites et moyennes entreprises que l’impôt ne soit pas le même si le bénéfice est réinvesti ou s’il est redistribué. Et puis, nous avons besoin d’encourager particulièrement les PME à travers les marchés publics. Pour Renault, j’ai personnellement insisté pour obtenir des garanties sur le véhicule utilitaire qui doit prendre le relais de la Laguna en 2012. Si on veut que Sandouville vive, il ne faut pas attendre 2012 pour agir mais le faire dès maintenant : s’occuper de la formation des jeunes, trouver une formule pour les départs dits volontaires en recourant à des préretraites, des mesures d’âge. Quand on connaît le bassin d’emploi de Sandouville, il n’est pas vrai que les salariés vont retrouver facilement un travail. Il y a chez Renault plus de mille personnes au-dessus de 56 ans et on leur dit qu’elles devront travailler jusqu’à 61 ou 62 ans alors que ce sont des salariés souvent usés par leur travail, beaucoup de femmes qui ont commencé à travailler à quatorze ans. Je demande qu’on leur permette de partir avant avec une mesure d’âge spéciale, Renault qui réalise des bénéfices importants peut financièrement y aider. Le salaire à Sandouville est souvent de 1,400 - 1.500 euros, on retient 400 euros sur la feuille de paie, c’est impossible de s’en sortir dans ces conditions. Avec des dispositions sociales spéciales, avec des jeunes salariés en formation, avec le nouveau véhicule à Sandouville et un nouveau moteur à Cléon, on aura un vrai plan de redéveloppement : c’est cela une politique volontariste, elle manque.

Pourquoi le revenu de solidarité active (RSA) qui est une bonne idée n’est pas soutenu par les socialistes ?

Au contraire, nous soutenons le dispositif du RSA, qui a d’ailleurs été expérimenté dans l’Eure et à Elbeuf, et qui est une idée qui vient de chez nous, mais nous sommes en désaccord sur son mode de financement. Il faut en effet trouver un milliard et demi d’euros. Or parmi les gens totalement exonérés du financement du RSA dans le cadre du bouclier fiscal, il y a 600 personnes qui ont un patrimoine de plus de 15 millions d’euros, un revenu en moyenne supérieur à 60.000 euros et qui vont toucher du Trésor Public un chèque annuel de 250.000 euros, sans pour autant contribuer au RSA. C’est totalement injuste !

COMMUNAUTE URBAINE

Emmanuel Maire : pour qui, pourquoi une communauté urbaine ?

La communauté urbaine est un ensemble de communes rurales et urbaines qui se réunissent pour mener à bien des projets concrets au service des habitants. A partir de la Communauté de l’Agglomération Rouennaise qui compte 45 communes, notre projet consiste rassembler d’un côté l’Agglo d’Elbeuf, de l’autre les communes de Caux Austreberthe, Seine Austreberthe, ainsi que Le Trait et Yainville pour former un ensemble cohérent de plus de 500 000 habitants, un territoire qui sera l’un des tout premiers en France. Nous disposerons ainsi de moyens supplémentaires pour agir, nous réaliserons des économies d’échelle, nous exercerons un rayonnement économique et culturel plus fort. Mais il faut d’abord nous concerter les uns avec les autres, convaincre les élus que c’est l’intérêt de leur territoire et montrer aux citoyens que l’on conservera la proximitédes services mis à leur disposition pour les transports, l’eau, les permis de construire, les déchets, etc... Par exemple, en matière d’eau, nous aurons une nouvelle capacité d’action grâce à cette communauté urbaine, cela devrait se traduire par une nette diminution des factures. De même, si on veut organiser davantage de liaisons par le bus, le train, le tram, sur ce territoire, c’est la voie à suivre car ce sont des projets réalisables seulement à l’échelle d’une communauté.

PARTI SOCIALISTE

Stéphane Baki : Votre parti peut-il se permettre une guerre des egos ? Sa responsabilité -elle pas de bâtir un projet crédible ?

Oui, le PS doit profondément changer. Sur le plan national, il donne depuis trop longtemps un spectacle qui n’est pas à la hauteur. Les responsables locaux sont appréciés mais beaucoup moins au plan national. Les divisons personnelles deviennent insupportables. Plus généralement, la gauche, en Europe est affaiblie, en Allemagne, en Angleterre, en Italie. Les thèses classiques de la social-démocratie, c’est à dire le compromis entre les forces du travail et du capital ne fonctionnent plus, car la mondialisation aboutit à ce que le capital l’emporte sur le travail. Et puis notre doctrine ne peut s’appliquer sur un terrain uniquement national, nous avons besoin d’agir au niveau européen et mondial. C’est tout cela qu’il faut changer, retrouver un discours clair et net, défendre les couches populaires et moyennes, formuler des propositions crédibles. La crise donne clairement raison aux partisans de la régulation, donc à la gauche. L’extrême gauche ou le centre n’ont progressé que parce que le PS déçoit. Vous voyez notre feuille de route ! J’espère que le Congrès de Reims sera celui du changement à gauche.

Stéphane Baki : Le PS n’a-t-il pas perdu sa base ouvrière au profit de l’extrême gauche ?

Non, tout dépend de notre action concrète. Par exemple, en Normandie, nous gardons une base très solide. Notre ligne politique doit être claire et clairement à gauche. C’est l’enjeu du congrès de Reims. Dans la période qui s’ouvre, faite de lourdes difficultés sociales et économiques, Martine Aubry est la mieux capable de diriger le PS. Elle possède en effet l’expérience sociale et économique nécessaire, elle a une autorité certaine et le goût du travail collectif. Ce sont de grands atouts et je suis à ses côtés avec beaucoup d’autres.

Stéphane Baki : Pourquoi n’êtes vous pas candidat et quelle est votre ambition pour 2012 ?

J’ai déjà occupé le poste de premier secrétaire. Ce n’est pas une fonction qui m’attire dans la conjoncture présente. En outre, mes responsabilités locales m’intéressent beaucoup et me mobilisent. Au plan national et international, j’agirai aussi pour améliorer les choses. Quant à l’échéance 2012, on verra. Si la politique continue à être dominée par la peopolisation et le superficiel, très peu pour moi. Si on revient à une vision plus sérieuse, alors nous verrons. Ce n’est pas pour maintenant.

SITUATION INTERNATIONALE

Louis Ferdinand Durand : quel est votre pronostic pour l’élection américaine ?

La présidence de M. Bush a été calamiteuse. Il termine son mandat avec le drame de l’Irak, le refus d’avancer pour protéger l’environnement, des mensonges innombrables et la pire crise économique depuis 1929 : il porte une lourde responsabilité dans ces catastrophes. Beaucoup d’éléments font qu’Obama peut gagner : sa campagne est intelligente, il possède une personnalité forte, de solides conseillers et la situation économique plaide pour le changement, pour la régulation, donc pour les Démocrates. Obama dit ce qu’il propose pour l’avenir, alors que Mac Cain se contente de répéter : votez pour moi car j’ai été un héros. Tout plaide donc pour Obama mais ne soyons pas hypocrites : l’Amérique va-t-elle accepter d’élire un noir ? Obama, c’est une Amérique multiculturelle avec une vraie vision du futur. S’il est élu, cela donnera au monde une autre image des Etats-Unis et cela peut contribuer au déblocage de nombreux problèmes, notamment la question israélo-palestinienne, les conflits en Irak et en Afghanistan. En Europe, nous pourrons mener avec lui un vrai travail sur les questions économiques et énergétiques. J’ajoute qu’Obama s’est prononcé en faveur du protocole de Kyoto, enjeu majeur. Mais pas de naiveté : il défendra, et c’est normal, l’intérêt des Etats-Unis, qui ne correspond pas toujours au nôtre. Nous n’aurons donc plus un adversaire mais un partenaire coriace. Si je votais, je voterais Obama à coup sûr.

Faut-il rester ou partir d’Afghanistan, changer de politique au Moyen Orient ?

En Afghanistan, il n’y a pas de victoire possible par l’occupation militaire, à cause de la structure même du pays : la montagne, le désert, les tribus, les divisions politiques et la proximité du Pakistan. Il faut une toute autre politique au Pakistan pour cesser de nourrir le terrorisme. En Afghanistan, le président Karzaï doit accepter de discuter avec les Pachtounes les moins extrêmistes, car c’est la leçon de l’histoire, on ne fait la paix qu’avec ses anciens adversaires. Nous devons aussi mieux protéger nos soldats. Se pose en outre le problème de la drogue : le pavot afghan fait vivre beaucoup de paysans mais alimente aussi une partie des dirigeants ! Il faut que les Occidentaux rachètent cette production pour la détruire et qu’elle soit remplacée pour les paysans par d’autres cultures. C’est donc une politique radicalement nouvelle qui est nécessaire, impliquant l’afghanisation du pays ; nous pourrons alors retirer nos troupes car je refuse que nous soyons une armée d’occupation.

NRAG34. Lolo34

11/10/2008

La newletter de la fondation Jean-Jaurès

fjj-header_01.jpghttp://www.jean-jaures.org/

N°321 - 10 octobre 2008

à la UNE

CRISE FINANCIERE

> « Aux autorités de définir des règles », interview de Pascal Lamy
(Aujourd'hui en France, 9 octobre 2008)
> « Perspectives de l'économie mondiale » - Résumé analytique (FMI, 9 octobre 2008)

> « Crise financière : que faire ? », Richard E. Baldwin, Tito Boeri, Francesco Giavazzi, Daniel Gros,
Charles Wyplosz, Klaus F. Zimmermann, Stefano Micossi, Alberto Alesina, Guido Tabellini et Willem Buiter
(Telos, 6 octobre 2008)
> « La nécessaire régulation publique », Pierre Mauroy (Fondation Jean-Jaurès, octobre 2008)
> « L’Europe bancaire à l’heure des choix », Nicolas Véron (La Tribune, 6 octobre 2008)

EUROPE

Grande-Bretagne

> « The injustice of in-work poverty », Kayte Lawton (IPPR, 2 octobre 2008)

Pauvreté

> « Garantir un héritage durable de 2010 » – déclaration finale (EAPN, octobre 2008)
> « Les politiques européennes en matière d’immigration et la lutte contre la pauvreté :
quelles priorités ? », interview de Martine Roure (EAPN, octobre 2008)

Emploi

> « La qualité de l’emploi en Europe : une approche comparative et dynamique »,
Lucie Davoine et Christine Erhel (Insee, octobre 2008)

SOCIETE

RSA
> Le projet de loi
> La motion d'irrecevabilité présentée par Christophe Sirugue (Assemblée nationale, septembre 2008)

Economie
> « Budget 2009 : au lieu de la relance, la rigueur »
Guillaume Duval (Alternatives économiques, octobre 2008)

Santé

> Livre blanc sur « les hôpitaux de petites villes : une composante indispensable pour une offre de soins
de qualité sur tout le territoire » (APVF, 2 octobre 2008)

INTERNATIONAL

Etats-Unis

> Les vidéos du 2e débat Barack Obama / John McCain

Climat

> « The politics of climate change », Anthony Giddens (Policy Network, septembre 2008)

Conflit

> « Le conflit russo-géorgien : Quel impact énergétique ? », Susanne Nies (IFRI, octobre 2008)

> « L'économie géorgienne. Menaces au présent, poids du passé, incertitudes pour l'avenir »
Eveline Baumann (Fondation Jean-Jaurès, 3 octobre 2008)

Inde

> « Extension du domaine du terrorisme », Christophe Jaffrelot (Sciences Po/ CERI, septembre 2008)
> Interview de Gérard Fuchs, responsable du Département coopération internationale
de la Fondation Jean-Jaurès (2 octobre 2008)

INVITATION

La révision constitutionnelle de juillet 2008. Quelles conséquences ?
Cévipof - 13 octobre 2008, de 17h à 19h
Avec la participation de :Jean-Jacques Uuvoas (député socialiste du Finistère), François Ernenwein,
(rédacteur en chef, La Croix) Didier Maus, (conseiller d'État – professeur associé à l'université de Paris I).
Pascal Perrineau, (professeur des Universités, directeur du Cévipof) animera le débat.
Merci de bien vouloir vous inscrire auprès de marcelle.bourbier@sciences-po.fr

> De nouveaux droits de l'homme pour l'opposition ? Jean-Jacques Urvoas
(Fondation Jean-Jaurès, mai 2008)
> Un compromis entre la droite et la droite Jean-Jacques Urvoas
(Fondation Jean-Jaurès, 18 juillet 2008)
> Les prochaines étapes Jean-Jacques Urvoas
(Fondation Jean-Jaurès, 24 juillet 2008)

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Lolo34



08/10/2008

PIQUOUZE DE RAPPEL : Cessez au sommet de l'état Sarkobonapartiste de feindre l'amnésie !

arton1087.pngRAPPEL : Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner ! 22 mai 2008

Lettre collective à Nicolas Sarkozy, en vue de la présidence française de l’Union européenne, signée par Laurent Fabius et plusieurs dirigeants de la gauche européenne (Jacques Delors, Jacques Santer, Helmut Schmidt, Otto Graf Lambsdorff, Lionel Jospin, Pär Nuder, Michel Rocard, Hans Eichel, Göran Persson, Daniel Dãianu, Massimo d’Alema, Ruairi Quinn, Poul Nyrup Rasmussen, Eero Heinäluoma, Paavo Lipponen).

M. le Président,

Les marchés financiers ne peuvent nous gouverner !

La crise financière actuelle n’est pas le fruit du hasard. Elle n’était pas impossible à prévoir, comme le prétendent aujourd’hui les hauts responsables du monde des finances et de la politique. La sonnette d’alarme avait été tirée il y a des années déjà par des individus lucides. La crise incarne de fait l’échec de marchés peu ou mal régulés et elle nous montre une fois de plus que ceux-ci ne sont pas capables d’autorégulation. Elle nous rappelle également les inquiétantes inégalités de revenus qui ne cessent de croître dans nos sociétés et jette de sérieux doutes sur notre capacité à nous engager dans un dialogue crédible avec les nations en développement concernant les grands défis mondiaux.

Les marchés financiers sont devenus de plus en plus opaques et l’identification de ceux qui supportent et évaluent les risques se révèle être un défi titanesque. Le secteur bancaire dit ‘de l’ombre’, peu ou pas régulé, n’a fait que croître au cours des vingt dernières années. Les grandes banques ont participé à un jeu de « création and distribution » de produits financiers extrêmement complexes et elles se sont embarquées dans la vente, sous un emballage assez douteux, de dettes liées à des emprunts immobiliers à haut risque. Des régimes de primes inadéquats, une vision à trop court terme et les conflits évidents d’intérêt ont encouragé les transactions spéculatives.

Les prêts hypothécaires douteux, basés à tort sur l’idée que les prix de l’immobilier continueraient d’augmenter sans cesse, permettant ainsi de rembourser la dette contractée, ne sont que les symptômes d’une crise plus large en matière de gouvernance financière et de pratiques commerciales. Les trois plus grandes agences de notation au monde ont noté ces drôles de valeurs comme étant relativement sans risque. Une banque d’investissement a gagné des milliards de dollars américains en spéculant à la baisse sur les titres subprime tout en les vendant à ses clients, ce qui résume de façon plus qu’éloquente la perte de toute éthique dans le monde des affaires !

Nous avions été mis en garde des dangers de cette situation. Alexander Lamfalussy et le Comité des sages, dans un rapport sur les marchés des valeurs européennes (2001), ont souligné le lien entre l’apparente efficacité accrue de ces marchés et le prix à payer en matière de stabilité financière. Paul Volker il y a quelques années avait déjà exprimé son inquiétude. Paul Krugman a également pointé le doigt vers les menaces posées par des entités financières non régulées en croissance il y a à peu près une décennie. En 2003, Warren Buffett a taxé les produits dérivés d’« armes financières de destruction massive ». Un rapport de la Banque d’Angleterre sur la stabilité financière a mis en avant le fossé dangereux existant entre les créanciers et les conséquences de leurs décisions.

Le problème réside dans le modèle actuel de gouvernance économique et d’entreprise axé sur une maigre réglementation, sur un contrôle inadéquat et sur une offre trop faible de biens publics.

La crise financière ne démontre que trop clairement que l’industrie financière est incapable d’autorégulation. Il est impératif d’améliorer le contrôle et le cadre réglementaire des banques. Il faut également revoir les cadres réglementaires pour les instruments d’investissement. L’utilisation d’instruments financiers (comme les CDO - obligations adossées à des actifs) doit être réglementée. Toutes les institutions financières devraient, à l’instar des banques, maintenir des réserves minimales et le ratio d’endettement ne peut rester illimité. Enfin, les régimes de primes doivent être revus afin d’éviter que la prise de risques inconsidérés ne soit encouragée sans une certaine prudence.

En ce qui concerne les conséquences de cette crise sur l’économie réelle, il semble que les experts économiques du monde entier aient été frappés d’un accès de timidité. Presque tous les instituts de prévisions revoient leurs évaluations de croissance à la baisse pour les pays développés en 2008 et 2009. Mais personne n’ose dire clairement si l’Europe est menacée d’une récession économique ou pas. Certains symptômes toutefois ne trompent pas. Dans le cas de l’Union européenne, une récession cette année ou l’année prochaine aurait des conséquences dramatiques.

L’inégalité croissante de revenus s’est produite parallèlement à une croissance continue du secteur financier. Il est vrai que les progrès technologiques ont contribué de façon significative à des différences de plus en plus importantes de revenus en favorisant la main d’œuvre hautement qualifiée. Toutefois, les politiques mal avisées ont également eu un impact majeur dans ce domaine. Le capital financier représente à présent 15 fois le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays. La dette cumulée des ménages, des entreprises financières et non financières et des autorités publiques américaines représente plus de trois fois le PIB des USA, soit deux fois le niveau enregistré lors du krach boursier de 1929. Le monde des finances a accumulé une masse gigantesque de capital fictif mais qui n’améliore que très peu la condition humaine et la préservation de l’environnement. Cette crise financière a permis de cerner un peu mieux les alarmantes disparités de revenus qui n’ont fait qu’augmenter au cours des dernières décennies. L’ironie de la chose est que les salaires et les primes de nombreux PDG ont atteint des niveaux extrêmement élevés alors que le rendement de leurs sociétés stagnaient ou même baissaient. L’enjeu éthique est donc majeur.

Les libres marchés ne peuvent faire fi de la morale sociale. Adam Smith, père du laisser-faire économique, a également écrit la « Théorie des sentiments moraux » et Max Weber a établi le lien entre le dur labeur et les valeurs morales d’une part, et l’avancée du capitalisme de l’autre. Le capitalisme décent (soit un capitalisme respectueux de la dignité humaine, pour reprendre les propos d’Amartya Sen) requiert une intervention publique efficace. La recherche du profit constitue l’essence de l’économie de marché. Mais lorsque tout est à vendre, la cohésion sociale s’effrite et le système s’effondre.

La crise financière actuelle réduit la capacité de l’Occident à entamer un dialogue plus constructif avec le reste du monde sur les défis mondiaux, sur la gestion des effets de la mondialisation et du réchauffement de la planète - alors que le boom économique extraordinaire de l’Asie pose de nouveaux défis sans précédent.

Les augmentations spectaculaires des prix de l’énergie et des produits alimentaires viennent aggraver les effets de la crise financière et sont de mauvais augure. Il est très significatif que les fonds spéculatifs aient contribué à la hausse des prix des denrées de base. Les citoyens des pays les plus pauvres en seront les plus touchés. Nous risquons de nous trouver face à une misère sans précédent, à une prolifération d’états faillis, à des flux migratoires plus importants et à davantage de conflits armés.

Certains clament haut et fort que l’Europe compte ‘des économies solides’, avec un meilleur contrôle financier et une meilleure réglementation qu’aux Etats-Unis. On pourrait dire qu’il en est en partie ainsi. Mais n’oublions pas les problèmes croissants sur les marchés immobiliers au Royaume-Uni, en Espagne et en Irlande et le marasme économique qui se répand partout en Europe. Pensons également au nationalisme économique et au populisme qui ont tous deux le vent en poupe.

Les décideurs européens, tant au niveau de l’Union que national, doivent apporter une réponse ferme à l’actuelle crise financière. Nous avons besoin de pragmatisme, d’ouverture d’esprit et de coopération dans la poursuite d’objectifs communs.

L’Europe doit étudier ces évolutions et identifier les conséquences prévisibles dans le court et le long terme afin d’élaborer des propositions à l’adresse de la communauté internationale permettant de contrer les effets et les causes profondes de cette crise.

Il est temps de créer un ‘Comité de crise européen’ qui rassemble des représentants politiques de haut niveau, d’anciens chefs d’Etat et de gouvernement ou des ministres des finances ainsi que des économistes renommés et des experts financiers de tous les continents. Ce comité doit se donner comme tâche de :

Procéder à une analyse détaillée de la crise financière dans le contexte plus large que nous avons essayé de décrire plus haut ;
Identifier et évaluer les risques socioéconomiques que comporte la crise financière pour l’économie réelle, en particulier en Europe ;
Proposer une série de mesures au Conseil de l’UE afin d’éviter ou de limiter ces risques ;
Présenter au Conseil des ministres, aux Etats membres du Conseil de sécurité de l’ONU, au directeur général du FMI et à toutes les autorités et instances concernées une série de propositions afin de limiter les effets de la crise et préparer une Conférence financière mondiale afin de repenser les règles de la finance internationale et de la gouvernance concernant les thèmes économiques mondiaux.

En 2000, nous avons convenu de faire de l’Union européenne la région la plus compétitive au monde. Cette ambition a été réitérée en 2005. Nous devons garantir que la compétitivité de l’Europe soit soutenue et non minée par les marchés financiers. Nous devons agir sans plus tarder : pour nos citoyens, pour davantage d’investissements, pour la croissance économique, pour la justice sociale, pour des opportunités d’emplois, et en définitive, pour un meilleur avenir pour tous les Européens.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.

05/10/2008

Crise financière : Surmonter les trois crises Tribune de Laurent Fabius

arton1129.jpgTribune de Laurent Fabius parue dans Le Monde du 3 octobre

Surmonter les trois crises Le monde a peur et beaucoup de français aussi. Malgré les apaisements officiels, les épargnants se demandent si leurs avoirs ne vont pas disparaître dans la tourmente. Les chefs d’entreprise constatent un fort ralentissement des affaires et du crédit. De nombreux salariés et retraités s’inquiètent. La prétendue séparation entre une Amérique gangrenée et une Europe immunisée, entre une finance fragile et une économie réputée solide, cette séparation vole en éclats. Les dirigeants en place agissent comme ils le peuvent, mais leurs errements passés renforcent souvent les inquiétudes plutôt qu’ils ne les apaisent. Que faire ? Comprendre qu’il n’y a pas une crise mais au moins trois. Et simultanément agir. La première crise est américano-mondiale. Tout est effectivement parti des Etats-Unis, les subprimes et le reste. Pourquoi ? Parce que ce pays domine et symbolise notre système. Cette crise là, celle qui restera dans les mémoires comme la marque spécifique de 2008, c’est la (...)

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Lolo34

Congrès PS, on REIMS gratos : motions suite

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J'ai lu ce dimanche, 2 motions qui ne sont pas inintéressantes.

Clicker sur les liens ci-dessous pour les télécharger.

Un monde d'avance : Reconstruire l'espoir à gauche

Changer à gauche pour changer la France

Lolo34

CONGRES PS : Ne crisez plus, le PS REIMçera gratos : les 6 motions


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Chères et chers camarades,

En attendant que le facteur vous les adressent via l'extinction de voix du PS: Les six motions (textes intégraux) sont dans le Monde au lien suivant -->

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/09/25/les-motions-du-ps_1099577_823448.html?xtor=RSS-823353 (clicker sur ou recopier le lien dans votre navigateur).

Ploum, ploum, tralala... Le PS est-il soluble à droite ? Et Robert N va t'il s'acheter un costume hors de prix et bien trop grand, n'est-ce pas Jean-Pierre? Vous le saurez peu-être aux prochains épisodes.

Amitiés militantes à gauche.

Lolo34



22/07/2008

Laurent Fabius dans le RDV des Politiques de France Culture

d9dbb00e2dfede7b23f456301251bcfa.jpgInvité de Dominique Rousset dans le Rendez-vous des Politiques, Laurent Fabius, député de Seine-Maritime, ancien Premier ministre a débattu notamment avec Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, Laurent Bouvet, professeur de science politique à l’université de Nice et Eric Mandonnet, journaliste à L’Express.

Vous pouvez réécouter l’émission sur le site de France Culture : émission du samedi 12 juillet 2008

RAG 34. Les lolo's 34

13/07/2008

UNE MONOCRATIE INEGALITAIRE, INEFFICACE ET IMMATURE

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6343d25acbdddcc796e16578cef51f93.jpgInterview de Laurent Fabius par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

Vous pouvez réécouter l’émission sur http://www.europe1.fr/Radio/chroniques/L-interview-de-Jea...


Bienvenue et bonjour. Au nom de la France et de l’UE, et après consultation, Nicolas Sarkozy sera donc à Pékin pour l’ouverture des JO. Il a raison, il a tort ?

Je pense surtout que dans cette affaire, il faut être cohérent. On peut dire depuis plusieurs mois dire : je me rends aux JO. On peut dire, et c’était plutôt ma position : je ne m’y rends pas. Mais ce qui me frappe si vous voulez, c’est les modifications de positions. Pendant un temps, c’était oui, ensuite c’était non, maintenant si j’ai bien compris c’est oui. Et dans le même temps, vous l’avez remarqué, l’ambassadeur de Chine, parlant au nom de son gouvernement, dit : il ne faut pas recevoir le Dalaï Lama sinon, menace sur les contrats. Donc je pense qu’on perd toujours lorsqu’on manque de cohérence.

D’abord, est-ce qu’on peut dire que Nicolas Sarkozy avait mis un certain nombre de conditions, et la première c’est que le dialogue entre Pékin et les proches du Dalaï Lama soit engagé. Alors, c’est ce qui est en train de se faire. A Pékin, on ne peut pas être plus chinois que les chinois.

Non, sûrement. Mais regardons sur le fond. La situation au Tibet n’a pas changé et d’autre part, si dans le même temps vous avez l’acceptation par Mr Sarkozy d’aller là-bas, mais la menace faite si on reçoit le Dalaï Lama, c’est une chose et son contraire. Moi je prêche uniquement pour la cohérence si vous voulez.

Et sur le fond, est-ce que je peux vous demander si le Tibet fait parti de la Chine ?

Bien sûr, bien sûr.

Ca, on n’y revient pas ?

Bien sûr.

Alors, l’ambassadeur, le diplomate, il dit : il ne faut pas se mêler de nos affaires. Est-ce qu’on peut accepter que l’ambassadeur pratique l’ingérence ici ?

Bien sûr que non. Moi j’ai reçu plusieurs fois le Dalaï Lama, Mme Merkel a reçu plusieurs fois le Dalaï Lama.

Pas en Chine, et elle n’est pas présidente de l’UE.

Oui, mais elle est cohérente. Donc, je crois qu’une fois de plus, il faut être cohérent. Il faut avoir du respect pour la Chine, mais ne pas se plier à des injonctions, que ce soit de la Chine ou de tout autre pays.

Est-ce que vous pensez qu’il faut que le gouvernement français rappelle l’ambassadeur à l’ordre ?

Le meilleur rappel à l’ordre, c’est tout simplement que Nicolas Sarkozy reçoive le Dalaï Lama. Ce qui est tout à fait normal. C’est un prix Nobel de la paix, c’est un homme tout à fait remarquable. Il faut le recevoir.

C’est ça, comme chef religieux...

Oui, bien sûr.

Mais pas comme dirigeant politique ?

Oui, mais le recevoir à l’Elysée. J’entendais, je ne sais pas si c’est sur votre radio, qu’il était envisagé de le recevoir, mais ailleurs qu’à l’Elysée.

N’anticipons pas, attendons les faits. Mais le problème clef...

Le problème clef, c’est la cohérence. La France est un grand pays, elle n’a pas à se plier aux injonctions de X ou de Y, elle n’a pas à faire de la provocation vis-à-vis de la Chine. Le Tibet fait parti de la Chine, mais on n’a pas à se faire dicter notre comportement par un autre pays.

Hier sur France 2, Ségolène Royal a accusé ceux qu’elle appelle le clan Sarkozy d’avoir mis à sac son appartement et drôle de coïncidence dit-elle en rapport avec ses attaques contre Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui en France, ça vous parait possible ça ?

Ecoutez, deux choses différentes : d’abord les propos de Ségolène Royal, ensuite le fond, si vous le voulez bien. Moi je n’ai aucun élément d’information, pas plus que vous j’imagine, pour juger. Soit ce qu’elle dit est tout à fait exact et dans ce cas là, c’est scandaleux. Soit ce n’est pas exact et il ne faut pas le dire. Mais il y a une justice, il y a une police pour faire leur travail. Maintenant sur le fond, c’est la question du jugement qu’on peut porter sur ce que fait Mr Sarkozy depuis un an.

Non, mais est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui en France, avec la police et la justice qui existe, on peut aller fouiller, saboter un appartement pour des raisons politiques ?

Je viens de vous répondre. Maintenant, j’essaye d’aller sur le fond si vous le voulez bien. Ca fait maintenant un peu plus d’un an que Mr Sarkozy est là, je pense, en mesurant mes termes, que nous avons à faire à une monocratie, inégalitaire, inefficace, et fréquemment immature. Et je veux bien commenter chacun de ses termes.

Oui, et quand vous critiquez, comme vous venez de le faire, l’exécutif, est-ce que vous craigniez l’usage des méthodes employées, éventuellement, contre Ségolène Royal contre votre propre appartement ?

Non, mais moi je n’entre pas dans les cas personnels.

Est-ce qu’on peut librement taper sur le pouvoir politique comme on veut ? Sans risque ?

Non, mais je vois bien qu’on va essayer d’entretenir une polémique. Je n’y entre pas. Je dis que nous avons à faire, et là très calmement, à une monocratie parce qu’on a rarement vu un homme concentrer autant de pouvoir, ce qui devient complètement absurde, y compris sur le plan des médias. Inégalitaire, parce que ce qui me frappe depuis un an et quelque, c’est que ceux qui ont des privilèges les conservent, et que la majorité de la population se trouve en grande difficulté. Inefficace, parce que, nous en parlions avant d’entrer dans ce studio, il y a quand même une situation économique et sociale qui est très très très mauvaise.

Là, est-ce qu’on peut dire que c’est la faute du gouvernement français, du gouvernement allemand, du gouvernement anglais...

Non, pas seulement. Ils ne sont pas tout à fait dans la même situation.

Le baril à 150 ou bientôt 200$, comme vous dites dans votre contribution...

La donnée internationale nous échappe, vous avez raison. Mais en revanche, il y a des données nationales. Vous prenez l’exemple de l’Allemagne, l’Allemagne n’a pas du tout la même situation économique que nous.

Mais elle n’a pas une croissance tellement plus élevé et plus forte que la notre...

Oui, enfin elle a une balance extérieure qui est record. Nous allons, nous la France, nous trouver dans une situation, qui, du point de vue du déficit budgétaire, est dramatique. Je ne sais pas si vous avez remarqué, moi j’ai été étonné qu’on n’en fasse pas plus de commentaires, la Cour des Comptes, vous l’avez vu l’autre jour, pour la première fois, a refusé de certifier les comptes de la Sécurité Sociale présentés par le gouvernement. C’est-à-dire qu’on nous raconte des histoires. Donc, c’est une monocratie, c’est inégalitaire, c’est inefficace et fréquemment, c’est provoquant, voir immature. Regardez ce qu’il se passe en matière de télévision, regardez ce qu’il se passe vis-à-vis de la défense, regardez ce qu’il se passe dans les comportements privés. Donc, j’espère que le président de la République va se ressaisir.

C’est pour ça que vous dites, dans votre contribution au congrès de Reims d’octobre-novembre, que vous êtes contre la présidentialisation du parti socialiste et la peopolisation de la vie politique ?

Oui, ça c’est une attitude de fond. Je pense qu’il faut traiter les questions sur le fond et on a d’énormes questions puisque évidement il y a un bouleversement du monde qui ne peut pas ne pas toucher la France. Donc, il faut, puisque vous parlez du Parti Socialiste, que le PS lui-même se remette en cause dans un certain nombre de ces propositions. Mais pas de peopolisation, parce que c’est uniquement la surface et il ne faut pas faire à gauche ce que Mr Sarkozy est en train de faire à droite.

Vous avez dit il y a un instant que le président de la République devait se ressaisir dans son comportement privé, si j’ai bien entendu...

Non, non, non. Je n’ai pas parlé de comportement privé. J’ai dit que c’était une monocratie, inégalitaire, inefficace et fréquemment immature et que le président, en tant que chef de l’état, devait se ressaisir parce que la réalité de la France est extrêmement préoccupante.

D’accord. Si vous avez employé le mot privé, on le barre.

Non, c’est vous qui l’avez employé. Je ne l’ai pas employé.

Il y a 3 personnes en régie, de l’autre côté, qui me font signe qu’ils l’ont entendu. Oui, mais ça a échappé. Allez, on passe.

En tout cas, je ne vise pas les comportements privés. Ce que je vise, c’est une attitude. Je prends un exemple. Lorsque Mr Sarkozy dit que l’armée, les chefs de l’armée, etc., sont des amateurs. Non ! C’est tout à fait erroné de dire ça. Il y a un désarroi dans les armées que je comprends très bien. Lorsqu’il traite, dans le salon agricole, telle ou telle personne en des mots qu’on ne doit pas employer quand on est président de la République, lorsqu’il dit, en parlant de la télévision, qu’elle ne fait pas son travail et qu’il veut maintenant, lui-même, nommer le président de France Télévision, ce sont des comportements qui ne sont pas bons, qu’il faut changer.

Jean Marc Ayrault a été réélu président du groupe socialiste avec 2 fois plus de voix, 120 contre 57, que son rival Arnaud Montebourg qui lui livrait une bataille surprise et éclaire. Arnaud Montebourg était le candidat de ceux que vous appelez les reconstructeurs, c’est-à-dire les partisans de Martine Aubry, DSK, Pierre Moscovici et de vous-même. Comment vous expliquez cette défaite ?

Je pense que la majorité des députés n’a pas voulu changer les choses à l’approche du congrès du PS. Voilà, c’est tout, il n’y a pas d’autres conséquences à en tirer. Maintenant puisque c’est le fond de votre question, sur ce qu’il faut faire en ce qui concerne le PS, je crois que nous avons subit 3 défaites présidentielles de suite, qu’il faut en tirer les conséquences et qu’il faut donc un certain nombre de changements. Je ne pense pas spécifiquement au groupe parlementaire. Je pense qu’il faut changer parce que lorsqu’on obtient des résultats qui malheureusement ne sont pas bons pour la principale élection, malgré l’effort des uns et des autres, ça veut dire qu’il faut se remettre en cause, et donc il faut changer assez profondément un certain nombre d’orientation.

Est-ce que l’alliance, qui a échouée avec Arnaud Montebourg, peut gagner à Reims et obtenir la direction du PS ?

Ce sont 2 choses différentes.

Ah oui. Bon. Et comment le PS peut il devenir une force d’opposition à un pouvoir, que vous avez défini tout à l’heure, quand il est tellement éclaté ?

Et bien justement, il faut qu’il cesse de l’être et pour ça, il faut qu’un certain nombre de clivages qu’on a connu par le passé, de divisions, soit surmonté, en particulier sur l’Europe. En particulier sur l’Europe qui est un élément qui nous a beaucoup divisé. Maintenant, si on se tourne vers le futur, il faut et je crois que tous les socialistes sont pro-européens, qu’on arrive à bâtir des propositions qui nous rassemblent. J’en avance 2 à ce micro. Il faut qu’en matière d’énergie, on crée une coopération renforcée des pays européens pour avoir une politique commune. Et il faut qu’en matière de croissance, on mette sur pieds une politique de très grands travaux, financés par des emprunts en euro, qui permettra de relancer la croissance. C’est une idée que nous avions lancé, vous l’avez rappelé, il y a une vingtaine d’années qui est toujours d’actualité. Quand on voit ce qu’il faut faire en matière d’électricité, de transports, d’environnement, il y a une vraie politique européenne à mener, on ne le fait pas.

Dans votre contribution, la 21ème pour le 21ème siècle, la votre reconnaît une nouvelle donne mondiale. J’ai lu, c’était intéressant. La Chine qui peut devenir avant 30 ans la plus grande puissance économique, un pétrole à 200$ le baril et un litre à la pompe à 2€, tout devient rare est cher, dit votre note, le pétrole, l’eau potable, les matières premières, l’occident n’est plus le centre du monde et la gauche ne l’a pas assez compris. Hier, nous avons demandé à Rachida Dati quel sort attendait Marina Petrella, une ancienne des Gardes Rouges, aujourd’hui hospitalisée. La France doit l’extrader vers un pays démocratique, l’Italie et le président de la République a demandé sa grâce à Silvio Berlusconi. Est-ce qu’il y a une autre solution ?

Encore une fois, il faut être cohérent. Les crimes qui ont été commis, qui sont reprochés à Petrella comme à Batisti, sont des crimes horribles et il n’est pas question d’avoir la moindre sympathie pour ces crimes. Maintenant, comme vous le rappelez, le chef de l’état François Mitterrand avait pris une certaine position. Il avait dit que les personnes qui ont été des terroristes, mais qui ont renoncées aux combats terroristes peuvent être acceptées et accueillies en France. Cela a été fait. Et on ne revient pas sur une parole d’état.

Mais c’était...

Attendez une seconde. Je vais jusqu’au bout. On ne revient pas sur une parole d’état quelque soit le changement de chez d’état. Et, il y a un argument supplémentaire que vos collègues ont relevé et ils ont raison de le faire, on ne voit pas très bien la logique de la position de Mr Nicolas Sarkozy puisque dans le même temps il veut expulser cette femme qui se trouve, je crois, dans un hôpital psychiatrique et il dit j’extrade parce qu’il n’y a pas de pardon possible, mais en revanche il dit que si les FARC, qui sont des terroristes, viennent en France à ce moment là, « j’oublie tout ».

..qui ont renoncé à leurs armes...

Voila. Donc je n’ai aucune sympathie d’aucune sorte et que ce soit clair pour ce type d’activité. Mais en tant qu’homme politique responsable, je dis qu’il doit y avoir une attitude cohérente de la part de l’état quelque soit les chefs de l’état et une attitude cohérente de celui-ci.

Et quand on vous dit que depuis François Mitterrand, c’était un effet d’usage et c’était une tradition, mais il n’y avait aucun texte et qu’à l’époque il n’y avait pas d’espace de justice de l’Europe.

Oui, mais d’ores et déjà à l’époque, l’Italie était une démocratie, ce n’est pas en cause.

La révision des institutions, l’assemblée en débat. Le gouvernement dramatise au moins pour les siens le débat sur la révision des institutions. A partir de quelle ouverture, votre parti, le PS, pourrait le 21 juillet lors du congrès de Versailles, la voter ou s’abstenir ?

J’étais au départ très ouvert sur ce texte parce que je pense qu’il faut une réforme des institutions. Et puis le comportement du gouvernement, l’étude des textes m’a amené, comme mes amis du PS, à vraiment être contre. Je résumerais en disant : l’opposition n’est pas un paillasson. Je m’explique. On nous dit, il faut une réforme des institutions pour instituer plus de pluralisme mais dans les faits, ce qu’il y a dans le texte et autour du texte, va absolument contre le pluralisme. Exemple : le sénat, suivez attentivement ces questions, devrait être reformé dans son mode de scrutin parce qu’il n’est pas normal qu’une institution puissante soit éternellement à droite. Le gouvernement le refuse. L’Assemblée Nationale, on prépare un charcutage des circonscriptions. Les élections régionales, le gouvernement veut tripatouiller le mode de scrutin pour le gauche ne puisse pas être majoritaire. Et enfin la télévision, élément le plus récent, dans quelle démocratie, je vous pose la question, est ce que c’est le chef de l’état qui dit, c’est Mr X, c’est Mr Y, c’est Mme Z et lui-même refuse que son temps de parole, très abondant, soit soumit à la discipline commune. On ne peut pas d’un coté dire : je veux le pluralisme, et d’un autre organiser l’absence.

Vous êtes, et vous l’avez dit depuis le début, un adepte de la cohérence. Vous voulez plus de pouvoir à l’opposition. Là, vous auriez plus de pouvoir et de prérogatives...

Absolument pas, absolument pas.

Pourquoi vous dites non ?
Donnez-moi un exemple. Donnez-moi un exemple !

C’est moi qui interroge.

C’est vous qui interrogez... On discute !

Dire non, François Fillon vient encore de le dire, dire non, c’est dire oui au statu quo.

Non mais ce que dit Mr François Fillon sur une autre radio, ça lui appartient. Vous venez de dire et ce n’est pas vous qui êtes en cause, ce texte donne plus de pouvoir à l’opposition. Je demande simplement un exemple... Il n’y en a pas.

Bonne journée, merci d’être venu.

9 juillet 2008

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