22.07.2008

Laurent Fabius dans le RDV des Politiques de France Culture

d9dbb00e2dfede7b23f456301251bcfa.jpgInvité de Dominique Rousset dans le Rendez-vous des Politiques, Laurent Fabius, député de Seine-Maritime, ancien Premier ministre a débattu notamment avec Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, Laurent Bouvet, professeur de science politique à l’université de Nice et Eric Mandonnet, journaliste à L’Express.

Vous pouvez réécouter l’émission sur le site de France Culture : émission du samedi 12 juillet 2008

RAG 34. Les lolo's 34

18:36 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Nature/Environnement , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

13.07.2008

UNE MONOCRATIE INEGALITAIRE, INEFFICACE ET IMMATURE

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6343d25acbdddcc796e16578cef51f93.jpgInterview de Laurent Fabius par Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

Vous pouvez réécouter l’émission sur http://www.europe1.fr/Radio/chroniques/L-interview-de-Jea...


Bienvenue et bonjour. Au nom de la France et de l’UE, et après consultation, Nicolas Sarkozy sera donc à Pékin pour l’ouverture des JO. Il a raison, il a tort ?

Je pense surtout que dans cette affaire, il faut être cohérent. On peut dire depuis plusieurs mois dire : je me rends aux JO. On peut dire, et c’était plutôt ma position : je ne m’y rends pas. Mais ce qui me frappe si vous voulez, c’est les modifications de positions. Pendant un temps, c’était oui, ensuite c’était non, maintenant si j’ai bien compris c’est oui. Et dans le même temps, vous l’avez remarqué, l’ambassadeur de Chine, parlant au nom de son gouvernement, dit : il ne faut pas recevoir le Dalaï Lama sinon, menace sur les contrats. Donc je pense qu’on perd toujours lorsqu’on manque de cohérence.

D’abord, est-ce qu’on peut dire que Nicolas Sarkozy avait mis un certain nombre de conditions, et la première c’est que le dialogue entre Pékin et les proches du Dalaï Lama soit engagé. Alors, c’est ce qui est en train de se faire. A Pékin, on ne peut pas être plus chinois que les chinois.

Non, sûrement. Mais regardons sur le fond. La situation au Tibet n’a pas changé et d’autre part, si dans le même temps vous avez l’acceptation par Mr Sarkozy d’aller là-bas, mais la menace faite si on reçoit le Dalaï Lama, c’est une chose et son contraire. Moi je prêche uniquement pour la cohérence si vous voulez.

Et sur le fond, est-ce que je peux vous demander si le Tibet fait parti de la Chine ?

Bien sûr, bien sûr.

Ca, on n’y revient pas ?

Bien sûr.

Alors, l’ambassadeur, le diplomate, il dit : il ne faut pas se mêler de nos affaires. Est-ce qu’on peut accepter que l’ambassadeur pratique l’ingérence ici ?

Bien sûr que non. Moi j’ai reçu plusieurs fois le Dalaï Lama, Mme Merkel a reçu plusieurs fois le Dalaï Lama.

Pas en Chine, et elle n’est pas présidente de l’UE.

Oui, mais elle est cohérente. Donc, je crois qu’une fois de plus, il faut être cohérent. Il faut avoir du respect pour la Chine, mais ne pas se plier à des injonctions, que ce soit de la Chine ou de tout autre pays.

Est-ce que vous pensez qu’il faut que le gouvernement français rappelle l’ambassadeur à l’ordre ?

Le meilleur rappel à l’ordre, c’est tout simplement que Nicolas Sarkozy reçoive le Dalaï Lama. Ce qui est tout à fait normal. C’est un prix Nobel de la paix, c’est un homme tout à fait remarquable. Il faut le recevoir.

C’est ça, comme chef religieux...

Oui, bien sûr.

Mais pas comme dirigeant politique ?

Oui, mais le recevoir à l’Elysée. J’entendais, je ne sais pas si c’est sur votre radio, qu’il était envisagé de le recevoir, mais ailleurs qu’à l’Elysée.

N’anticipons pas, attendons les faits. Mais le problème clef...

Le problème clef, c’est la cohérence. La France est un grand pays, elle n’a pas à se plier aux injonctions de X ou de Y, elle n’a pas à faire de la provocation vis-à-vis de la Chine. Le Tibet fait parti de la Chine, mais on n’a pas à se faire dicter notre comportement par un autre pays.

Hier sur France 2, Ségolène Royal a accusé ceux qu’elle appelle le clan Sarkozy d’avoir mis à sac son appartement et drôle de coïncidence dit-elle en rapport avec ses attaques contre Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui en France, ça vous parait possible ça ?

Ecoutez, deux choses différentes : d’abord les propos de Ségolène Royal, ensuite le fond, si vous le voulez bien. Moi je n’ai aucun élément d’information, pas plus que vous j’imagine, pour juger. Soit ce qu’elle dit est tout à fait exact et dans ce cas là, c’est scandaleux. Soit ce n’est pas exact et il ne faut pas le dire. Mais il y a une justice, il y a une police pour faire leur travail. Maintenant sur le fond, c’est la question du jugement qu’on peut porter sur ce que fait Mr Sarkozy depuis un an.

Non, mais est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui en France, avec la police et la justice qui existe, on peut aller fouiller, saboter un appartement pour des raisons politiques ?

Je viens de vous répondre. Maintenant, j’essaye d’aller sur le fond si vous le voulez bien. Ca fait maintenant un peu plus d’un an que Mr Sarkozy est là, je pense, en mesurant mes termes, que nous avons à faire à une monocratie, inégalitaire, inefficace, et fréquemment immature. Et je veux bien commenter chacun de ses termes.

Oui, et quand vous critiquez, comme vous venez de le faire, l’exécutif, est-ce que vous craigniez l’usage des méthodes employées, éventuellement, contre Ségolène Royal contre votre propre appartement ?

Non, mais moi je n’entre pas dans les cas personnels.

Est-ce qu’on peut librement taper sur le pouvoir politique comme on veut ? Sans risque ?

Non, mais je vois bien qu’on va essayer d’entretenir une polémique. Je n’y entre pas. Je dis que nous avons à faire, et là très calmement, à une monocratie parce qu’on a rarement vu un homme concentrer autant de pouvoir, ce qui devient complètement absurde, y compris sur le plan des médias. Inégalitaire, parce que ce qui me frappe depuis un an et quelque, c’est que ceux qui ont des privilèges les conservent, et que la majorité de la population se trouve en grande difficulté. Inefficace, parce que, nous en parlions avant d’entrer dans ce studio, il y a quand même une situation économique et sociale qui est très très très mauvaise.

Là, est-ce qu’on peut dire que c’est la faute du gouvernement français, du gouvernement allemand, du gouvernement anglais...

Non, pas seulement. Ils ne sont pas tout à fait dans la même situation.

Le baril à 150 ou bientôt 200$, comme vous dites dans votre contribution...

La donnée internationale nous échappe, vous avez raison. Mais en revanche, il y a des données nationales. Vous prenez l’exemple de l’Allemagne, l’Allemagne n’a pas du tout la même situation économique que nous.

Mais elle n’a pas une croissance tellement plus élevé et plus forte que la notre...

Oui, enfin elle a une balance extérieure qui est record. Nous allons, nous la France, nous trouver dans une situation, qui, du point de vue du déficit budgétaire, est dramatique. Je ne sais pas si vous avez remarqué, moi j’ai été étonné qu’on n’en fasse pas plus de commentaires, la Cour des Comptes, vous l’avez vu l’autre jour, pour la première fois, a refusé de certifier les comptes de la Sécurité Sociale présentés par le gouvernement. C’est-à-dire qu’on nous raconte des histoires. Donc, c’est une monocratie, c’est inégalitaire, c’est inefficace et fréquemment, c’est provoquant, voir immature. Regardez ce qu’il se passe en matière de télévision, regardez ce qu’il se passe vis-à-vis de la défense, regardez ce qu’il se passe dans les comportements privés. Donc, j’espère que le président de la République va se ressaisir.

C’est pour ça que vous dites, dans votre contribution au congrès de Reims d’octobre-novembre, que vous êtes contre la présidentialisation du parti socialiste et la peopolisation de la vie politique ?

Oui, ça c’est une attitude de fond. Je pense qu’il faut traiter les questions sur le fond et on a d’énormes questions puisque évidement il y a un bouleversement du monde qui ne peut pas ne pas toucher la France. Donc, il faut, puisque vous parlez du Parti Socialiste, que le PS lui-même se remette en cause dans un certain nombre de ces propositions. Mais pas de peopolisation, parce que c’est uniquement la surface et il ne faut pas faire à gauche ce que Mr Sarkozy est en train de faire à droite.

Vous avez dit il y a un instant que le président de la République devait se ressaisir dans son comportement privé, si j’ai bien entendu...

Non, non, non. Je n’ai pas parlé de comportement privé. J’ai dit que c’était une monocratie, inégalitaire, inefficace et fréquemment immature et que le président, en tant que chef de l’état, devait se ressaisir parce que la réalité de la France est extrêmement préoccupante.

D’accord. Si vous avez employé le mot privé, on le barre.

Non, c’est vous qui l’avez employé. Je ne l’ai pas employé.

Il y a 3 personnes en régie, de l’autre côté, qui me font signe qu’ils l’ont entendu. Oui, mais ça a échappé. Allez, on passe.

En tout cas, je ne vise pas les comportements privés. Ce que je vise, c’est une attitude. Je prends un exemple. Lorsque Mr Sarkozy dit que l’armée, les chefs de l’armée, etc., sont des amateurs. Non ! C’est tout à fait erroné de dire ça. Il y a un désarroi dans les armées que je comprends très bien. Lorsqu’il traite, dans le salon agricole, telle ou telle personne en des mots qu’on ne doit pas employer quand on est président de la République, lorsqu’il dit, en parlant de la télévision, qu’elle ne fait pas son travail et qu’il veut maintenant, lui-même, nommer le président de France Télévision, ce sont des comportements qui ne sont pas bons, qu’il faut changer.

Jean Marc Ayrault a été réélu président du groupe socialiste avec 2 fois plus de voix, 120 contre 57, que son rival Arnaud Montebourg qui lui livrait une bataille surprise et éclaire. Arnaud Montebourg était le candidat de ceux que vous appelez les reconstructeurs, c’est-à-dire les partisans de Martine Aubry, DSK, Pierre Moscovici et de vous-même. Comment vous expliquez cette défaite ?

Je pense que la majorité des députés n’a pas voulu changer les choses à l’approche du congrès du PS. Voilà, c’est tout, il n’y a pas d’autres conséquences à en tirer. Maintenant puisque c’est le fond de votre question, sur ce qu’il faut faire en ce qui concerne le PS, je crois que nous avons subit 3 défaites présidentielles de suite, qu’il faut en tirer les conséquences et qu’il faut donc un certain nombre de changements. Je ne pense pas spécifiquement au groupe parlementaire. Je pense qu’il faut changer parce que lorsqu’on obtient des résultats qui malheureusement ne sont pas bons pour la principale élection, malgré l’effort des uns et des autres, ça veut dire qu’il faut se remettre en cause, et donc il faut changer assez profondément un certain nombre d’orientation.

Est-ce que l’alliance, qui a échouée avec Arnaud Montebourg, peut gagner à Reims et obtenir la direction du PS ?

Ce sont 2 choses différentes.

Ah oui. Bon. Et comment le PS peut il devenir une force d’opposition à un pouvoir, que vous avez défini tout à l’heure, quand il est tellement éclaté ?

Et bien justement, il faut qu’il cesse de l’être et pour ça, il faut qu’un certain nombre de clivages qu’on a connu par le passé, de divisions, soit surmonté, en particulier sur l’Europe. En particulier sur l’Europe qui est un élément qui nous a beaucoup divisé. Maintenant, si on se tourne vers le futur, il faut et je crois que tous les socialistes sont pro-européens, qu’on arrive à bâtir des propositions qui nous rassemblent. J’en avance 2 à ce micro. Il faut qu’en matière d’énergie, on crée une coopération renforcée des pays européens pour avoir une politique commune. Et il faut qu’en matière de croissance, on mette sur pieds une politique de très grands travaux, financés par des emprunts en euro, qui permettra de relancer la croissance. C’est une idée que nous avions lancé, vous l’avez rappelé, il y a une vingtaine d’années qui est toujours d’actualité. Quand on voit ce qu’il faut faire en matière d’électricité, de transports, d’environnement, il y a une vraie politique européenne à mener, on ne le fait pas.

Dans votre contribution, la 21ème pour le 21ème siècle, la votre reconnaît une nouvelle donne mondiale. J’ai lu, c’était intéressant. La Chine qui peut devenir avant 30 ans la plus grande puissance économique, un pétrole à 200$ le baril et un litre à la pompe à 2€, tout devient rare est cher, dit votre note, le pétrole, l’eau potable, les matières premières, l’occident n’est plus le centre du monde et la gauche ne l’a pas assez compris. Hier, nous avons demandé à Rachida Dati quel sort attendait Marina Petrella, une ancienne des Gardes Rouges, aujourd’hui hospitalisée. La France doit l’extrader vers un pays démocratique, l’Italie et le président de la République a demandé sa grâce à Silvio Berlusconi. Est-ce qu’il y a une autre solution ?

Encore une fois, il faut être cohérent. Les crimes qui ont été commis, qui sont reprochés à Petrella comme à Batisti, sont des crimes horribles et il n’est pas question d’avoir la moindre sympathie pour ces crimes. Maintenant, comme vous le rappelez, le chef de l’état François Mitterrand avait pris une certaine position. Il avait dit que les personnes qui ont été des terroristes, mais qui ont renoncées aux combats terroristes peuvent être acceptées et accueillies en France. Cela a été fait. Et on ne revient pas sur une parole d’état.

Mais c’était...

Attendez une seconde. Je vais jusqu’au bout. On ne revient pas sur une parole d’état quelque soit le changement de chez d’état. Et, il y a un argument supplémentaire que vos collègues ont relevé et ils ont raison de le faire, on ne voit pas très bien la logique de la position de Mr Nicolas Sarkozy puisque dans le même temps il veut expulser cette femme qui se trouve, je crois, dans un hôpital psychiatrique et il dit j’extrade parce qu’il n’y a pas de pardon possible, mais en revanche il dit que si les FARC, qui sont des terroristes, viennent en France à ce moment là, « j’oublie tout ».

..qui ont renoncé à leurs armes...

Voila. Donc je n’ai aucune sympathie d’aucune sorte et que ce soit clair pour ce type d’activité. Mais en tant qu’homme politique responsable, je dis qu’il doit y avoir une attitude cohérente de la part de l’état quelque soit les chefs de l’état et une attitude cohérente de celui-ci.

Et quand on vous dit que depuis François Mitterrand, c’était un effet d’usage et c’était une tradition, mais il n’y avait aucun texte et qu’à l’époque il n’y avait pas d’espace de justice de l’Europe.

Oui, mais d’ores et déjà à l’époque, l’Italie était une démocratie, ce n’est pas en cause.

La révision des institutions, l’assemblée en débat. Le gouvernement dramatise au moins pour les siens le débat sur la révision des institutions. A partir de quelle ouverture, votre parti, le PS, pourrait le 21 juillet lors du congrès de Versailles, la voter ou s’abstenir ?

J’étais au départ très ouvert sur ce texte parce que je pense qu’il faut une réforme des institutions. Et puis le comportement du gouvernement, l’étude des textes m’a amené, comme mes amis du PS, à vraiment être contre. Je résumerais en disant : l’opposition n’est pas un paillasson. Je m’explique. On nous dit, il faut une réforme des institutions pour instituer plus de pluralisme mais dans les faits, ce qu’il y a dans le texte et autour du texte, va absolument contre le pluralisme. Exemple : le sénat, suivez attentivement ces questions, devrait être reformé dans son mode de scrutin parce qu’il n’est pas normal qu’une institution puissante soit éternellement à droite. Le gouvernement le refuse. L’Assemblée Nationale, on prépare un charcutage des circonscriptions. Les élections régionales, le gouvernement veut tripatouiller le mode de scrutin pour le gauche ne puisse pas être majoritaire. Et enfin la télévision, élément le plus récent, dans quelle démocratie, je vous pose la question, est ce que c’est le chef de l’état qui dit, c’est Mr X, c’est Mr Y, c’est Mme Z et lui-même refuse que son temps de parole, très abondant, soit soumit à la discipline commune. On ne peut pas d’un coté dire : je veux le pluralisme, et d’un autre organiser l’absence.

Vous êtes, et vous l’avez dit depuis le début, un adepte de la cohérence. Vous voulez plus de pouvoir à l’opposition. Là, vous auriez plus de pouvoir et de prérogatives...

Absolument pas, absolument pas.

Pourquoi vous dites non ?
Donnez-moi un exemple. Donnez-moi un exemple !

C’est moi qui interroge.

C’est vous qui interrogez... On discute !

Dire non, François Fillon vient encore de le dire, dire non, c’est dire oui au statu quo.

Non mais ce que dit Mr François Fillon sur une autre radio, ça lui appartient. Vous venez de dire et ce n’est pas vous qui êtes en cause, ce texte donne plus de pouvoir à l’opposition. Je demande simplement un exemple... Il n’y en a pas.

Bonne journée, merci d’être venu.

9 juillet 2008

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11:01 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : FABIUS, SARKOZY

25.06.2008

Laurent Fabius, premier signataire de la contribution générale : Reconstruire à gauche

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Cher(e)s ami(e)s,

Ce matin, Laurent Fabius a rendu publique la contribution générale pour le Congrès de Reims dont il sera le premier signataire. Elle s'intitule "Reconstruire à gauche". Le document (pdf) est en pièce jointe ainsi qu'un résumé et une page présentant quelques unes des propositions nouvelles mises en avant. Ces textes sont également disponibles sur www.reconstruirelagauche.fr.

Cette contribution, élaborée collectivement, s'inspire des débats de notre journée d'échanges du 29 septembre 2007 à l'Institut d'études politiques de Paris, des contributions adressées par les militants dans les fédérations, des analyses que nous avions présentées lors de la rencontre des Reconstructeurs du 1er juin dernier, ainsi que des propositions que nous portons de longue date.

Les militants socialistes qui le souhaitent peuvent signer en ligne la contribution sur www.reconstruirelagauche.fr. Merci de bien vouloir noter que chaque militant ne peut signer qu'une seule contribution générale.

Dans ce texte, nous avançons un diagnostic, revendiquons nos valeurs socialistes, formulons des propositions précises et concrètes, en appelons à la clarification de la stratégie d'alliances du PS.

Notre diagnostic vise à comprendre le monde nouveau dans lequel nous entrons. Cette nouvelle donne, on en connait les dimensions : les matières premières et l'énergie sont rares et deviennent chères ; l'Occident doit partager sa puissance avec de nouveaux géants (Chine, Inde, Russie, Brésil...) et ne pas se replier sur lui-même ni entrer dans la logique du "choc des civilisations" ; les crises se multiplient et s'intensifient (crise sanitaire, pétrolière, immobilière, financière, énergétique, climatique, démocratique, éthique à bien des égards). Le libéralisme, loin d'atténuer ces bouleversements, les amplifient et les aggravent. Mais hélas, la social-démocratie traditionnelle ne paraît pas en mesure d'inverser la donne : après avoir tant apporté dans le passé, elle n'a pas su repenser les compromis historiques qui la fondent, et d'abord celui qui régit les rapports du capital et du travail. Face à une droite libérale et autoritaire à l'offensive, qui précarise les individus et abandonne la société au marché - à l'instar de N. Sarkozy et de l'UMP en France -, certains à gauche semblent résignés et comme fascinés par le modèle adverse. Tel n'est pas notre cas !

Notre conviction, c'est que pour gagner, la gauche doit commencer par être fière de ses valeurs et réaffirmer le retour du politique face au libéralisme. Les Français comme les Européens attendent une gauche décomplexée, qui propose une offre politique alternative dans la mondialisation, une réorientation sociale de l'Union européenne, une politique positive pour la croissance, l'emploi, l'éducation, le logement, la santé, les transports, les services publics, l'environnement, la culture. C'est ce socialisme solide, crédible, audible que, reconstructeurs, nous appelons de nos voeux depuis longtemps et qu'avec d'autres nous voulons bâtir. Pour nous, le congrès de Reims est une étape majeure sur ce chemin.

Dans la contribution, nous proposons six lignes directrices d'un grand projet pour le socialisme du 21ème siècle. Avec un préalable : dégager des marges de manoeuvre pour agir et réduire l'endettement du pays (annulation du paquet fiscal, remise à plat des niches fiscales, limitation et plafonnement des exonérations de charges sociales dont bénéficient les entreprises sans engagement fort en termes de créations d'emploi). Nous pensons - et c'est notre singularité, notre originalité, notre apport au débat collectif - qu'il faut utiliser tous les leviers de l'action publique et du socialisme pour réfléchir et pour agir :
- le socialisme de production par l'innovation économique et la régulation européenne.
- le socialisme de la redistribution par une meilleure répartition des richesses.
- le socialisme de la protection par la solidarité.
- le socialisme de la préservation écologique par la prise en compte de l'urgence environnementale.
- le socialisme de l'émancipation par l'égalité républicaine, la laïcité et l'éducation.
- le socialisme de la construction européenne et de la coopération internationale.

Enfin, pour préparer la reconquête idéologique et politique, nous avons besoin d'un Parti socialiste fier, offensif et ouvert. Nous entrons dans le congrès avec des idées simples et fortes : oui au débat et non au pugilat ; disons "nous" plutôt que "je" ; ne confondons pas 2008 et 2012. Nous voulons que le PS tire les leçons de l'expérience et nous proposons aux militants de se prémunir contre deux dangers : la présidentialisation et la peopolisation. C'est pourquoi nous plaidons pour le travail de fond, un travail collectif et pluraliste - ce qui suppose l'organisation de conventions nationales sur les grands sujets et le respect de la règle de la proportionnelle pour régir notre vie commune. Quant à la stratégie, nous la réaffirmons avec force : le rassemblement de la gauche pour transformer la société.

A chacun de nous de faire vivre ce texte et de l'enrichir. Bon congrès !

L'équipe de Laurent Fabius

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20:20 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

15.06.2008

Non irlandais : "Il est temps de tirer des conclusions"

608bd9c2c564f92a24fb317b6c74d770.jpgInterview de Laurent Fabius parue dans Le Parisien le 14 juin.




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10:51 Publié dans 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Economie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

08.06.2008

« Fier de faire travailler ensemble carpes et lapins », les ateliers de la rénovation, Paris, 1er juin 2008

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Les ateliers de la rénovation, Paris, 1er juin 2008

Compte-rendu (version en pdf , également disponible sur le site www.reconstruirelagauche.fr)


Atelier n°1

« Retour sur la déclaration de principes du Parti socialiste »

Dans son introduction, Laurent Baumel, maire de Ballan-Miré et responsable national du PS aux Études, a souligné que répondre aux nouveaux enjeux de la France nécessitait, pour les socialistes, de mener une réflexion de fond sur leur identité. Il a salué le travail réalisé en ce sens par les Reconstructeurs.

Pour Thierry Mandon, maire de Ris-Orangis, la nouvelle déclaration de principes du Parti socialiste comporte différents aspects marquants. Dans un contexte marqué par l'échec des socialistes à l'élection présidentielle et donc par la nécessité absolue de s'adapter, le texte comporte des aspects positifs. C'est le cas de la prise en compte du poids de l'écologie et de la grande actualité des valeurs socialistes. Thierry Mandon a tenu à se faire le porte-parole des propositions du Pôle Écologique du PS en appelant à voter ses amendements dans les fédérations au cours des conventions fédérales. Enfin, il a insisté sur le caractère primordial de la démarche de texte unitaire, porteuse de modernisation, de rénovation, sans repentance et sans recul.


Atelier n°2

“Nous voulons prendre au sérieux la rénovation de la gauche et du PS”

Le PS ne pourra mobiliser l'ensemble de la société qu'en retrouvant l'esprit collectif qui a longtemps fait sa force. Pour les intervenants de cette table-ronde, l'urgence est au jeu collectif et pas au choc des individus.

Sandrine Mazetier, députée de Paris, précise d'entrée que la reconstruction n'est pas qu'une affaire de congrès : à l'avenir, les socialistes devront davantage se respecter, s'écouter à nouveau les uns les autres sans se focaliser sur des divergences du passé. Il faut miser sur la diversité des socialistes, condition de leur unité. C'est ainsi qu'ils pourront « accoucher » d'un nouveau parti.

Guillaume Bachelay, conseiller général de Seine-Maritime et maire-adjoint de Cléon, met en avant la nécessité de retrouver un esprit de camaraderie au sein du parti. Pour lui, il est temps de reconstruire le parti de « l'émancipation de l'individu et de la transformation sociale ». « Là où il y a des destructeurs, des liquidateurs, il faut pacifiquement des reconstructeurs ». Par nature, le PS est loin de l'esprit du libéralisme. Notre objectif de faire du PS le grand parti de la gauche pouvant recueillir 35% des le premier tour.

Dans la salle, de nombreux intervenants ont regretté l'absence de réaction du Parti socialiste sur les sujets qui font l'actualité et qui intéressent la vie des Français. C'est le cas pour le récent jugement du Tribunal de Grande Instance de Lille qui fait de la virginité d'une femme avant le mariage une qualité essentielle : ce jugement a été qualifié « d'atteinte à la dignité de la personne humaine, à l'intégrité de la femme et aux valeurs de la République ».

Pour reconstruire, il est primordial de se remettre au travail, d'organiser à nouveau des conventions nationales sur les thèmes majeurs. Ces conventions avaient joué un rôle non négligeable lors de la dernière victoire des socialistes, en 1997. Les sujets choisis doivent être ceux qui sont au coeur de la société, par exemple la souveraineté politique dans la mondialisation ou encore les stratégies de croissance pour lutter contre les délocalisations.

Le PS doit se doter de nouveaux outils de communication : une chaîne de télévision pourrait ainsi être créée sur Internet. Il doit mener une véritable campagne d'adhésion.

Enfin, le message du PS doit être celui la fierté de son identité socialiste. Les épithètes sans cesse ajoutés à « socialisme », tels « moderne » ou « archaïque », sont superflus : il n'y a qu'un socialisme. Il faut porter haut et fort les couleurs de cette identité, par nature productive, redistributrice et protectrice.

Suivant le mot de Guillaume Bachelay, le PS doit définitivement sortir du triangle des Bermudes « sondages, images, naufrages ».

Henri Weber, député européen, a souligné que c'était une même conception de l'action politique et une même ambition pour le Parti socialiste qui regroupaient les Reconstructeurs. Ces derniers refusent soumission aux règles de la démocratie médiatico-sondagière et de la présidentialisation à outrance. Les Reconstructeurs veulent construire le parti de toute la gauche. Ils veulent aussi être les champions du retour de la puissance publique et de la négociation collective dans la vie économique et dans la société afin de maîtriser et de rendre équitable la mondialisation. La relance et la réorientation de l'Union européenne est un de leurs objectifs majeurs afin de lui donner un second souffle. Les Reconstructeurs veulent nouer un nouveau Pacte social entre les salariés et les entrepreneurs, sous l'égide de l'Etat : ils veulent agir pour la modernisation de l'économie et de la société face aux changements du monde.

Après être revenu sur l'utilisation et le sens du qualificatif de « pétaudière » qu'il avait appliqué au PS quelques jours plus tôt, Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, a souligné que la réunion des Reconstructeurs n'était « ni inclusive, ni exclusive, ni conclusive, mais qu'elle était déjà décisive » au sens où elle permettait, par le libre débat, de réunir non pas « une seule tête mais plusieurs têtes qui pensent ensemble ». Tournés vers l'avenir, les socialistes doivent travailler à la construction d'une « alternative politique qui soit à la fois réaliste et imaginative ». Avant de désigner leur candidat à l'élection présidentielle, ils doivent se mettre ensemble au travail.« Il faut que le PS se mette au travail ». A la suite d'Henri Weber, il a estimé que la question essentielle est celle du dépassement du PS, seul moyen de renouer avec la victoire. Il s'est enfin félicité qu'avec les Reconstructeurs, « un vent nouveau souffle sur le Parti socialiste ».

Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire et président du Conseil général, a préconisé une défense sans concessions des grandes oeuvres de la gauche (RMI, 35 heures...), véritable patrimoine commun . Assumer le passé est nécessaire pour savoir ce que les socialistes feront de leur avenir. D'où l'initiative des Reconstructeurs qui sont conçus comme « une force d'interposition pour nous débarrasser de la guerre des chefs ».


Atelier n°3

“Nous voulons un autre modèle de croissance crédible et réaliste dans la mondialisation”

Philippe Martin, député du Gers et président du Conseil général, appelle à une nouvelle déclaration des Droits de l'homme qui soit à la fois solidaire et écologiste.

Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Île-de-France, souhaite un Parti socialiste d'opposition intelligente et de soutien aux efforts des collectivités territoriales.

« Nous acceptons la mondialisation mais nous nous devons de la rendre acceptable » a poursuivi Jean-Paul Huchon. Il faut une relance de la démocratie sociale au sein des entreprises, travailler à sécurisation des parcours professionnels, organiser de nouveau la croissance planétaire, trop d'abus ayant eu lieu dans ce domaine. Le rôle de la recherche et de l'innovation, véritable moteur de l'économie et accélérateur de la croissance à venir, doit être encore revalorisé.

Selon Marie-Noëlle Lienemann, députée européenne, un régime équitable permettant la négociation de « bloc à bloc » doit se substituer au libre-échangisme.

Eric Loiselet, Premier secrétaire fédéral du PS de la Haute-Marne, a rappelé que la financiarisation de la société était néfaste à l'économie et devait être impérativement régulée. Les socialistes acceptent l’économie de marché à la condition expresse de la distinguer du capitalisme. Le capitalisme trouve son aboutissement dans la financiarisation dérégulée alors que l'économie de marché trouve son aboutissement dans l'économie de production, au sein de laquelle s'émancipe le travail. Évoquer le coût du travail lorsque l'on parle de productivité n'a pas de sens.

Pour Claude Bartolone, député de la Seine-Saint-Denis et président du Conseil général, le Parti socialiste doit s'atteler à bâtir un projet alternatif solide car le monde a changé. S’il a perdu en 2002 et 2007, c'est d’abord parce qu'il n'a pas su proposer un tel projet aux Français.

La lutte doit s'organiser immédiatement au sein du PS contre les tentatives de démantèlement du Code du travail. Les socialistes doivent aussi renouer avec leur idéal d'une Europe politique et sociale. Nous quittons une décennie de débat sur les institutions pour entrer dans un temps long de débat sur les politiques communes sur lesquelles nous devons réfléchier et agir en commun. Nous partageons les mêmes objectifs d’une Europe sociale et d’une Europe forte.

« Fier de faire travailler ensemble carpes et lapins », Claude Bartolone résume l'enjeu central en lançant « Qu'est ce que l'on a à dire aux salariés? », « ceux qui payent aujourd'hui » par leur précarité et la baisse drastique de leur pouvoir d'achat suite à la défaite de la gauche.

Pierre Moscovici, député du Doubs, a estimé que la question fondamentale à laquelle les socialistes doivent répondre est « qu'est-ce qu'être socialiste au 21ème siècle? ». Le PS doit clarifier ses options et non se contenter de trouver un candidat. Être socialiste, c'est avant tout lutter contre les inégalités, ce qui impose de se garder de tout débat superficiel. Le socialisme a évidemment à voir avec la question des libertés. Il prône l'égalité entre les femmes et les hommes, défend les droits des homosexuels, mène depuis toujours des combats visant à accroître les libertés individuelles. Le Parti socialiste ne doit pas prôner le libéralisme mais l'égalité réelle.

Atelier n°4

“Nous voulons fonder un nouveau pacte républicain sur nos valeurs”

La solidarité est au coeur du Pacte Républicain. Les socialistes prônent l’émancipation des individus et refusent l'avènement de l’individu égoïste et solitaire. Pour promouvoir l'individu solidaire, il faut redonner toute sa valeur à l'engagement associatif, au bénévolat, en passant peut-être par l'instauration d'un service civique.

Pour Mao Peninou, Conseiller de Paris et du 19e arrondissement de Paris, il s'agit non pas tant de fonder un nouveau Pacte Républicain que de rétablir le Pacte Républicain existant. Du fait de la ségrégation entre villes et banlieues, quartiers riches et pauvres, il existe aujourd'hui une partie de la population pour laquelle le Pacte Républicain ne s'applique pas. L'état de droit doit être rétabli sur l'ensemble du territoire. Les mêmes droits, les mêmes possibilités de s'en sortir où que l'on soit sur le territoire de la République, doivent être garantis.

Flora Labourier, Secrétaire nationale du Mouvement des Jeunes Socialistes, rappelle qu'un pacte est d'abord un accord entre individus. Cet accord étant implicite dans le cas du Pacte Républicain, son maintien nécessite la croyance dans la capacité du système à générer du progrès social. Au coeur du Pacte républicain se place donc la question sociale. La faillite de ce pacte fondateur est aussi celle du PS. D'une part, l'adjectif « social » est presque devenu au fil du temps pour le PS un tabou ; d'autre part, les socialistes n'ont pas su continuer à faire fonctionner l'ascenseur social.

Le député de Seine-Maritime Laurent Fabius a estimé de son côté que la démarche des Reconstructeurs était « ce qu'il y a de plus nouveau, de plus utile aux Français qui a été fait au Parti socialiste depuis des années ».

Les Reconstructeurs « sont des militants, des responsables, qui n'ont pas toujours travaillé ensemble mais là, qui ont décidé de travailler ensemble pour bâtir un projet de gauche ».

C'est en ce sens que les ateliers de la rénovation seront utiles pour répondre à la crise du Pacte Républicain : la population ne croit plus dans la capacité de la politique à traduire les valeurs socialistes dans la réalité. L'ancrage à gauche est indispensable au moment où « les trois couleurs de la République reculent devant la seule couleur de l'argent ».

Cette clarification est nécessaire au-delà des frontières de l'hexagone. En Europe, une spirale négative s'est installée pour la gauche. Les socialistes et les sociaux-démocrates sont le plus souvent en grande difficulté, à l'exception peut-être de l'Espagne, au moment même où les nuages s’accumulent sur l’économie mondialisée : subprimes, dégradation de l’environnement, dérégulation, baisse du pouvoir d'achat et crise alimentaire. Paradoxalement, alors que ces crises conduisent à un plébiscite des valeurs de la gauche, c'est la droite qui sort gagnante.

Laurent Fabius résume les dysfonctionnements internes au PS à ce propos tenu devant lui par un secrétaire de section quelques semaines plus tôt : « Au PS il y a une chose que j'apprécie et une que j'aime moins. Ce que j'aime c'est que l'on me demande souvent mon avis. Ce que j'apprécie moins c'est qu'on en tient jamais compte. » Pour renouer avec les victoires, Laurent Fabius appelle au retour à un débat sincère et fraternel pour construire un projet gagnant de gauche.

Face à la véritable révolution conservatrice lancée par la droite, Christian Paul, député de la Nièvre, qualifie le rassemblement des Reconstructeurs de moment d'autant plus « précieux » qu'il n'a pas eu d'équivalent depuis 2002.

Le Pacte républicain lui paraît être autant un bouclier qu'une promesse. L'exemple de l'éducation, point central du pacte, est le symbole de la volonté d'une droite nationale-libérale de s'attaquer au fondement même du pacte. Il constate que le PS n'a pas été le premier opposant aux réformes touchant à l'Education nationale. Il a été supplanté par les lycéens et même par les collégiens qui ont reçu la Palme d'or à Cannes, pour un film à l'opposé de la politique de Nicolas Sarkozy.

Refonder le Pacte Républicain passe pour Christian Paul par la réinvention de l'action publique, afin de redonner toute sa place à la puissance publique.

Invitée à conclure ce dernier atelier de la journée, Martine Aubry, maire de Lille et présidente de la Communauté urbaine, s'est exclamée d'entrée : « Comment cela, nous n'avons rien à faire ensemble ? Mais nous sommes socialistes ! ». « Il n'y a pas besoin" » d'accoler un qualificatif au mot « socialiste », a-t-elle ajouté, estimant que « ceux qui ont honte de le dire n'ont rien à faire dans notre parti ».

Le laisser-faire de la droite, qui consiste à permettre au marché de s'insinuer dans l'ensemble des sphères de l'économie, a fragilisé le Pacte républicain.

La désagrégation du lien social conduit désormais à envier son voisin parce qu'il a un travail, à envier son collègue parce qu'il est en CDI. Les citoyens se résignent au discours dominant qui explique que la seule solution réside dans la concurrence entre tous.

Face à cette offensive de la droite, le Parti socialiste doit marteler « qu'il n'y a pas de liberté sans égalité ». Être moderne n'est pas prôner une dérégulation générale, par ailleurs de plus en plus rejetée. Même l'ancien directeur du Fonds Monétaire International Rodrigo Rato demandait plus de régulation.

La politique ne peut se résumer à consulter la population sur ses souhaits. Elle consiste avant tout à mettre en avant des valeurs. Les socialistes doivent porter les leurs avec fierté : « il faut remettre la phrase dans le bon ordre et dire qu'il n'y a pas d'ordre sans justice ». Les socialistes ne doivent pas avoir avoir honte des congés payés, de l'abolition de la peine de mort, de la CMU ou des 35 heures. Il faut d'ailleurs rappeler à la Droite que « la France n'a jamais été aussi forte que lorsqu'elle portait haut ses valeurs et son Pacte Républicain ».

« Si nous continuons comme cela, nous gagnerons le congrès en novembre » a conclu Martine Aubry, très applaudie, appelant les Reconstructeurs à renouer avec « une gauche collective, solidaire et joyeuse ».

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07:58 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

02.06.2008

Martine Aubry en vedette chez les reconstructeurs socialistes

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70a467d94ea0b97b548164dcacb26e82.jpgReuters -Les reconstructeurs socialistes se sont réunis dimanche à Paris pour tenter de jeter les bases d'une nouvelle alliance face au duel Delanoë-Royal, avec Martine Aubry en vedette.

Cette réunion "d'échanges et de débats" regroupait les amis de Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry, Laurent Fabius et Arnaud Montebourg en vue du congrès de Reims, prévu à la mi-novembre.

Officiellement, les reconstructeurs n'étaient là que pour débattre du fond, loin du combat des chefs, et non pour mettre en piste une personnalité susceptible d'incarner une troisième voie.

Pour Montebourg, les reconstructeurs sont ainsi "une force d'interposition pour nous débarrasser de la guerre des chefs".

Laurent Fabius a estimé de son côté que cette démarche était "ce qu'il y a de plus nouveau, de plus utile aux Français qui a été fait au Parti socialiste depuis des années et des années".

"Ce sont des militants, des responsables, qui n'ont pas toujours travaillé ensemble mais là, qui ont décidé de travailler ensemble pour bâtir un projet de gauche", a-t-il expliqué.

"Je suis surtout heureuse de venir à une réunion où nous allons laisser nos petites querelles passées à l'entrée et rentrer avec ce que nous avons d'essentiel en commun, c'est à dire nos valeurs", a déclaré Martine Aubry au début du rassemblement d'environ 800 cadres et militants.

"Je suis fière de pouvoir dire: on va retrouver une gauche enthousiaste, joyeuse, fière d'elle, fière de ses valeurs et qui a envie de les porter collectivement", a-t-elle ajouté.

Au sein des reconstructeurs, des élus de différentes sensibilités vantent néanmoins les qualités de Martine Aubry, ex-numéro 2 du gouvernement de Lionel Jospin.

La maire de Lille, réélue avec brio en mars dernier, incarne pour beaucoup les dernières réformes sociales de la gauche, comme les 35 heures, et pourrait faire barrage aux deux figures en vue du PS, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.

Martine Aubry, qui avance avec prudence, a renvoyé dos à dos le maire de Paris et l'ex-candidate socialiste à la présidentielle, critiquant à la fois "la soi-disant concurrence du marché" et la démocratie participative.

Pour sa part, le député PS de l'Essonne Manuel Valls s'est prononcé contre l'idée "de rassembler tous ceux qui ne veulent ni Delanoë, ni Ségolène Royal" à la tête du PS. "Ca ne marchera pas", a-t-il dit sur France 2.

Manuel Valls prône une relève "générationnelle" avec une véritable confrontation d'idées, notamment sur ses thèmes favoris du travail et de l'autorité.

Gérard Bon

Dimanche 1 juin, 16h23 PARIS (Reuters)

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19:39 Publié dans 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

L’initiative des "reconstructeurs" socialistes est le mouvement le plus novateur au sein du PS

6cf0fc83998059df8bc5de5929a1a2e5.jpgLaurent Fabius a qualifié samedi l’initiative des "reconstructeurs" socialistes de "mouvement le plus novateur" au sein du PS, estimant que le "faux débat" entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë risquait de virer au "pugilat".

Le "pôle des reconstructeurs", qui regroupe des proches de Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Martine Aubry et Arnaud Montebourg doit se retrouver dimanche pour voir s’il est possible de dessiner une nouvelle alliance, puis une nouvelle majorité au congrès de Reims à la mi-novembre.

"C’est le mouvement je crois le plus novateur," a déclaré M. Fabius à Europe 1, évoquant "des responsables et militants qui viennent de sensibilités différentes (et) décident de travailler ensemble sur le fond et de rechercher des solutions communes pour une gauche décomplexée et qui puisse gagner".

"Le début du débat qui s’est instauré (en vue du congrès) est un faux débat", entre Ségolène Royal, candidate déclarée à la direction du parti, et Bertrand Delanoë, candidat présumé mais non déclaré, a estimé l’ancien Premier ministre.

M. Fabius a notamment estimé à propos de la polémique autour du "libéralisme", que tous deux "sont plutôt en accord qu’en désaccord sur ce point".

"Quand il y a un faux débat, en général ça dégénère en pugilat", a-t-il poursuivi, réclamant un "débat de fond". "Ce qu’on attend de nous, c’est quelles sont les réponses concrètes (...) que vous avez à apporter sur l’emploi, sur les délocalisations, sur la santé, sur l’école, sur l’environnement et sur le futur".

Interrogé pour savoir si Mme Aubry pourrait devenir la candidate des "reconstructeurs" à la tête du PS, M. Fabius a déclaré "on verra, on n’en est pas encore là", en souhaitant "sortir des débats de personnes qui empoisonnent la vie politique".

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19:27 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

26.05.2008

Laurent FABIUS juge le débat Royal-Delanoë sur le libéralisme "tout à fait surréaliste" (VIDEO)

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da405cd0a6fd801d3d48b8713e88237f.jpgL'ancien candidat à la présidentielle Laurent Fabius a estimé lundi que le débat entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë sur le "libéralisme" était "tout à fait surréaliste".

"C'est un débat tout à fait surréaliste", a-t-il estimé, interrogé à ce propos sur BFMTV et RMC. Les deux probables rivaux au poste de Premier secrétaire lors du congrès du Parti socialiste en novembre, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, se sont affrontés dimanche, par médias interposés, sur la définition du "libéralisme".

Selon Laurent Fabius, "le débat (au sein du PS) doit porter sur des questions de fonds", comme "l'emploi", les "retraites", "l'Europe", la "santé", "l'environnement". "C'est ça les vrais problèmes, plutôt que d'inventer des oppositions qui sont un peu factices", a-t-il critiqué, estimant qu'il y avait aussi "un aspect un peu tactique" dans la prise de position de Bertrand Delanoë pour se démarquer de Ségolène Royal.

Souhaitant "qu'on évite justement ces pugilats", Laurent Fabius a répété qu'il n'estimait pas que ce soit "une bonne chose" de nommer à la tête de PS quelqu'un qui sera aussi candidat en 2012, car "c'est un peu confondre les échéances". Déclarant soutenir les "reconstructeurs", le député de Seine-Maritime a jugé que le PS devait aussi préciser sa "stratégie" d'alliances par rapport à la gauche et au centre. AP


Fabius bfm
envoyé par RMCBFM


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Laurent FABIUS : « Mes pistes pour financer les retraites » (PODCAST)

e90d69b0ec543beda11ffb56dd3fa508.jpgLaurent Fabius, député PS et ancien Premier Ministre, était l'invité de Bourdin&Co lundi 26 mai. A cette occasion, il a présenté ses solutions face à la crise du pouvoir d'achat et au financement des retraites : « On paye chaque année des intérêts de la dette qui sont énormes. C'est une des raisons pour lesquelles je trouve mauvais le choix qui a été fait par le gouvernement de dépenser au moins 15 milliards d'euros supplémentaires chaque année pour des dépenses qui n'étaient pas prioritaires. Je suis partisan de revenir sur une partie de ces dépenses ».

« Il y a d'autres choses à faire. On parle beaucoup du financement de la retraite, mais nous avons travaillé sur ce financement et je vous donne des pistes : le Cour des Comptes propose de taxer les parachutes dorés et les stock-options, ça peut rapporter 3 ou 4 milliards. Deuxièmement, au fur et à mesure que s'améliorera la situation de l'emploi, la cotisation qui va à l'Unedic pourrait aller sur la retraite. Troisième point : il y a toute une série d'exonérations sociales, les unes sont justifiées, les autres ne le sont pas ».


Laurent Fabius répond aux auditeurs :

podcast


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12:34 Publié dans 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

14.05.2008

Laurent FABIUS : "Ce n’est pas en singeant la droite qu’on va la battre"

Interview de Laurent Fabius publiée dans Paris-Match.

Paris Match. Vous venez d’investir dans une société de vente aux enchères, Piasa. Est-ce un retour à la tradition familiale du négoce d’antiquités ? L’amorce d’une reconversion ?

9e460e1555f67dd20d717e326dd57f71.jpgLaurent Fabius. C’est un hobby. Il s’agit d’une participation, avec des amis, dans une maison de qualité et de renom, de taille moyenne. J’ai toujours été très intéressé par l’art, à la fois traditionnel et contemporain. Je vais souvent à Drouot, je chine chez les brocanteurs, dans les foires à tout... Je mets mon petit chapeau, et hop !

N’êtes-vous pas atterré par l’état de la politique et la course aux ego dans votre propre parti ?

Depuis quelques années, la politique est devenue une sorte de show permanent. On dit que c’est l’influence américaine. Peut-être... Cette conception “bling-bling”, à gauche comme à droite, ne m’intéresse pas. Un jour, je l’espère, on reviendra à des critères de compétence et de sérieux. Quant aux concours d’ego dans mon parti, je ne m’en mêle pas. La cuisine interne me déplaît, alors qu’il y a tant de problèmes importants auxquels nous devrions réfléchir : environnement, vieillissement, protection sociale, mondialisation...

Vous vous opposez au duel annoncé entre Ségolène Royal et Bertrand Delanoë...

Je ne veux tout simplement pas que l’on tranche en 2008 la question de 2012, ni que l’élection présidentielle paralyse tout. Pour cela, je recommande à mes amis socialistes de soutenir le mouvement des Reconstructeurs, qui partage mon analyse. Mais je ne le conduis pas personnellement. Si ces responsables et ces militants socialistes, qui proviennent d’horizons différents, parviennent à s’entendre et à proposer un projet de fond, ce sera un très bon signe. Ils refusent avec moi la “politique people” et sont également convaincus qu’il faut moderniser la pensée du Parti socialiste, sans pour autant confondre la droite et la gauche.

Le PS est-il au plus mal ?

C’est toute la social-démocratie européenne qui va mal, et c’est à cela qu’il faut réfléchir. Le SPD allemand, en s’alliant avec la droite, a perdu des millions de voix et des centaines de milliers de militants. La gauche italienne, dont on nous expliquait qu’elle était l’exemple à suivre, a laissé la place à Berlusconi ! Et le Labour britannique, comme chacun sait, vient de remporter un véritable triomphe aux municipales... Le paradoxe est que la social-démocratie est partout en difficulté alors que, sur le terrain, dans le monde entier, les faits démontrent l’échec de la financiarisation, de la dérégulation et des thèses classiques de la droite. Voilà la question !

La social-démocratie souffrirait-elle d’être social-démocrate ? Insuffisamment à gauche, au fond ?

C’est plus compliqué que cela. Lorsque, d’un côté, la droite fait jonction avec l’extrême droite et que, de l’autre, la gauche officielle ne répond pas aux espoirs placés en elle, laissant ainsi le champ libre à l’extrême gauche, alors les ingrédients sont réunis pour que beaucoup d’électeurs restent à la maison... Il faut, bien sûr, moderniser la pensée de gauche, mais ce n’est pas en singeant la droite qu’on va la battre. C’est tout un aggiornamento qui nous attend.

Faut-il changer le nom du PS - comme le préconise Manuel Valls - en “Parti de la gauche” ?

C’est une vieille lune ! Quand on veut essayer de se distinguer, à gauche, on adopte des positions de droite. Ça peut aider dans les sondages. Mais pourquoi, plus simplement, ne pas se déterminer en fonction de ses convictions ?

A une certaine époque, c’est à vous que l’on reprochait cette droitisation !

J’ai toujours été partisan de concilier la gauche et la modernité. Je le reste. Mais la vraie modernité ! Je ne confonds pas sondages d’opinion et démocratie. S’il y a des points sur lesquels, à partir de l’expérience, j’ai pu évoluer, sur beaucoup je persiste et signe. Regardez ce qui se passe en Europe. Quand je disais que l’euro cher allait démolir notre industrie en obligeant à des délocalisations, certains poussaient des hauts cris. Or même le patronat européen rejoint aujourd’hui ce discours. Comme dit excellemment Hubert Védrine, l’Europe, faute de stratégie, devient “l’idiot du village international”. Je suis favorable à la monnaie européenne, mais celle-ci est très mal gérée. Qu’on arrête de raconter des billevesées sur le fait que “l’euro fort” permet de payer moins cher le pétrole, par exemple. C’est notamment parce que le dollar est faible que les pays producteurs, qui facturent en dollars, l’augmentent ! L’euro n’est pas “fort”, il est cher. Sa gestion est trop dogmatique. Moi qui suis très attentif à ce qui se passe en Allemagne - et partisan du couple franco-allemand -, j’entends le patronat d’outre-Rhin menacer lui aussi de délocalisations si la Banque centrale européenne persiste avec ses taux d’intérêt élevés. Et je m’irrite aussi contre le fait qu’il n’existe pas de politique européenne de la recherche et de l’innovation, alors que c’est la clé de l’avenir. L’inquiétude gagne. En France comme ailleurs : Nicolas Sarkozy n’a pas inventé la crise, mais sa politique l’aggrave, et on peut craindre des tensions sociales sérieuses à l’automne.

“Ça va mal finir”, en somme, selon la formule consacrée ?

Je refuse tout fatalisme, et la France a beaucoup d’atouts. Mais, quand quelqu’un se fait élire en prétendant qu’il sera le président du pouvoir d’achat, alors que chacun constate régression, déception et division, les éléments d’un malaise profond sont réunis... A la gauche, au PS en tout cas, de relever la tête. C’est plus important que les batailles d’ego entre Monsieur X et Madame Y.


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20:07 Publié dans 001 Congrès PS 2008 , 002 RECONSTRUIRE LA GAUCHE : Devoir d'audace ! , 004 Laurent FABIUS 2008 , Actualités , Associations , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

04.05.2008

Laurent FABIUS : Le RSA, c’est "le revenu de solidarité absente"

Texte de l’intervention de Laurent Fabius lors de la séance des questions au gouvernement.

b8d0e07a9b9e98cf34aebab7f12cbdd9.jpgPermettez-moi, Monsieur le Premier ministre, de revenir sur le revenu de solidarité active, idée juste qui est d’ailleurs expérimentée dans bien des départements que nous présidons. Encore faut-il être précis sur ses modalités.

► Se pose d’abord la question du coût. On a entendu les chiffres les plus divers : au départ, c’était 10 à 12 milliards ; puis le ministre du budget nous a dit que ce serait 5 milliards ; M. Hirsch tient pour 3 milliards ; et l’autre jour le Président de la République a parlé de 1 ou 1,5 milliard. Laquelle de ces excellences contradictoires faut-il croire ?

► Se pose ensuite la question du financement. Les départements se demandent en effet s’ils ne vont pas avoir à payer. Les titulaires de la prime pour l’emploi sont quant à eux très inquiets : nous avons cru comprendre qu’au-dessus de 1,2 fois le SMIC, vous supprimeriez la PPE. S’il n’y avait que moi qui m’inquiétais, peu importerait ; mais permettez-moi de vous citer une intervention sur France Inter du début du mois d’avril : « Le projet qui est proposé par Martin Hirsch a deux inconvénients : il est coûteux - de l’ordre de 3 milliards - et il conduit à diminuer la prime pour l’emploi pour un certain nombre de Français. » L’auteur de cette intervention frappée au coin du bon sens est M. le Premier ministre !

Quelle est donc votre conception de la solidarité ? Pour nous, elle ne consiste pas à financer les revenus des plus pauvres en taxant les pauvres ! Ce RSA risque de devenir - à cause de vous- un revenu de solidarité absente ! Vous avez dit que nous étions hostiles à tout. Pas du tout : nous sommes contre les injustices, mais nous sommes pour la solidarité, la vraie solidarité !

Dépêche : Martin Hirsch traité de "Pinocchio" par les députés PS

Le Haut Commissaire aux Solidarités actives, Martin Hirsch, a été chahuté mardi à l’Assemblée lors de la séance des questions au gouvernement, par ses anciens camarades de la gauche qui l’ont traité de "Pinocchio".

Il s’est attiré ce quolibet alors qu’il répondait à Laurent Fabius (PS) qui venait de questionner avec vigueur le Premier ministre sur le coût et le financement du Revenu de solidarité active (RSA).

"On a entendu les chiffres les plus divers, au début c’était 10 à 12 milliards, ensuite le ministre du Budget a dit 5 milliards, M. Hirsch tient pour 3 milliards et le président de la République nous a dit que ce serait plutôt 1 ou 1, 5 milliards, laquelle de ces excellences contradictoires faut-il croire ?" avait lancé M. Fabius.

Puis il avait questionné François Fillon sur "sa conception de la solidarité", l’accusant de "financer les revenus des plus pauvres en taxant les pauvres" et évoquant le recours à la Prime pour l’emploi (PPE) pour financer le RSA.

M. Hirsch, ancien président d’Emmaüs et ancien chef de cabinet de Bernard Kouchner dans le gouvernement Jospin, a réaffirmé qu’il allait "recentrer un peu la prime pour l’emploi" pour financer le RSA en assurant que cela "ne lui posait aucun problème".

Accusant le PS d’avoir, "au congrès du Mans (fin 2005, ndlr), proposé la suppression de la prime pour l’emploi", M. Hirsch s’est alors attiré les huées des élus de gauche qui se sont mis à scander "Pinocchio", "Pinocchio", certains faisant le geste d’allonger leur nez pour signifier qu’il mentait.

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19:18 Publié dans 003 BATTRE LA DROITE : Contredanse hongroise , 004 Laurent FABIUS 2008 , 007 POSITIVE PRECARITE ! , Actualités , Associations , Economie , Famille , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

27.04.2008

Nicolas Sarkozy, c’est l’omniprésidence de courte vue

91f7510ab6ec59b986f94ad84b1ff2b4.jpgLaurent Fabius dénonce dans un entretien publié par La Croix "l’omniprésidence à courte vue" du président Nicolas Sarkozy, dont "l’énergie" s’est selon lui "transformée en agitation". Revenant sur le terme "omniprésidence", qu’il avait utilisé pour qualifier le style de Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius complète : "Après un an d’expérience, je dois préciser : omniprésidence de courte vue."

La Croix :

Nicolas Sarkozy s’exprime cette semaine à la télévision pour tirer le bilan de sa première année à la tête de l’État. Quel regard portez-vous sur son action ? Laurent Fabius : Un regard critique. Non par réflexe pavlovien - c’est l’intérêt général du pays qui m’importe - mais parce que, au vu de son bilan, je constate que la déception l’emporte chez beaucoup de Français qui avaient voté pour Nicolas Sarkozy. De nombreuses promesses n’ont pas été tenues, notamment sur le pouvoir d’achat qui était pourtant son premier engagement. Quant aux marges de manœuvre, elles ont été dilapidées dans le paquet fiscal, que j’appelle plutôt le boulet fiscal, en consacrant 14 milliards d’euros par an à des dépenses qui n’étaient pas toutes prioritaires. Reconnaissez-vous tout de même au président un vrai volontarisme ? Son énergie de départ était incontestable mais elle s’est transformée en agitation ; souvent même en une sorte d’immaturité compulsive.

Reconnaissez-vous tout de même au président un vrai volontarisme ?

Son énergie de départ était incontestable mais elle s’est transformée en agitation ; souvent même en une sorte d’immaturité compulsive. Le problème avec Nicolas Sarkozy, c’est que le mot « réforme » est utilisé à toutes les sauces, au point de rendre impopulaire toute réforme. La France a besoin de changements positifs. Pour être acceptée, la réforme doit être juste. Or ce n’est en général pas le cas. Je déplore aussi l’improvisation qui règne au sommet de l’État. J’ai employé le premier l’expression « omniprésidence ». Après un an d’expérience, je dois préciser : omniprésidence de courte vue. Le président devrait être l’homme du long terme, de l’anticipation et de la pondération.

Vous ne le créditez donc d’aucune réussite ?

Il en existe, bien sûr, mais pas dans les domaines les plus décisifs. J’approuve les dispositions prises sur l’interdiction de fumer, même si on peut en discuter les modalités. De même, la poursuite de l’action sur la sécurité routière était indispensable. Tout n’est pas noir ou blanc, mais le bilan d’ensemble est gris nettement foncé. Regardez les dernières mesures antifamiliales : elles sont provocantes !

Et la relance de la construction européenne, stoppée par le « non » français...

C’est la crise de l’Europe qui a causé le « non », plutôt que l’inverse. En refusant un nouveau référendum sur le traité, Nicolas Sarkozy a court-circuité le peuple français. Sur le fond, on s’apercevra que le nouveau texte laisse beaucoup de points en suspens. Rien sur les moyens d’une Europe plus écologique et sociale ni pour lutter contre l’euro cher, rien sur la gouvernance économique de l’Union, rien sur l’Europe nécessaire de l’innovation et de la recherche. Sur le plan international, je déplore que le zèle déployé vis-à-vis de George Bush dans l’Otan, en Afghanistan, ou sur l’Iran, se double d’une prise de distance vis-à-vis de nos amis allemands. L’Europe a besoin d’un couple franco-allemand solide.

Vu le contexte économique difficile, un président de gauche aurait-il fait mieux ?

Toutes nos difficultés ne viennent pas de la crise financière mondiale. Malgré et avant celle-ci, il y avait moyen de faire largement autrement. Un président de gauche aurait choisi des priorités claires et différentes : éducation, recherche, formation, PME, pouvoir d’achat. C’est ainsi qu’il fallait utiliser nos marges de manœuvre. Si j’avais été en fonction, j’aurais affecté environ la moitié de l’argent disponible à la réduction de nos déficits et l’autre moitié à préparer l’avenir (éducation, recherche, investissements) ainsi qu’à améliorer le pouvoir d’achat des plus modestes. Et je n’aurais instauré ni les taxes sur les malades ni donné le feu vert aux OGM.

Un an après, le PS vous paraît-il avoir commencé à tirer les leçons de son échec ?

Beaucoup de progrès reste à accomplir. Le PS doit clarifier sa stratégie et trancher entre ceux qui veulent, comme moi, actualiser le rassemblement à gauche tout en l’ouvrant à d’autres, et ceux qui veulent lui substituer une démarche louvoyante. Il nous faut aussi adapter nos propositions au monde de demain avec les enjeux majeurs que sont l’allongement de la durée de la vie, le défi écologique ou les inégalités mondiales.

Que peuvent attendre les Français du prochain congrès du PS et de vous en particulier ?

Un congrès du PS réussi serait consacré à proposer des solutions d’avenir et à éviter de se déchirer. Il nous faut travailler sur le fond au lieu de nous focaliser sur la question de la candidature à la prochaine présidentielle. Quant à moi, je refuse de me mêler aux petites bagarres intestines. Il faut éviter le « bling-bling » et les paillettes. Nous avons besoin de sérieux en politique. C’est le choix que je fais.

Recueilli par Mathieu CASTAGNET

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26.04.2008

AGENDA Laurent Fabius du week-end

bd2ac5a66281be0fb4987381fc991316.jpgSamedi 26 avril, Le Parisien/Aujourd'hui en France publie une brève interview de Laurent Fabius sur la question du financement du "revenu de solidarité active" (RSA).

Dimanche 27 avril, Laurent Fabius sera l'invité de Laurence Ferrari à partir de 12h45 dans l'émission Dimanche+ diffusée sur Canal+.


Toute l'actualité de Laurent Fabius sur www.laurent-fabius.net

RAG 34. les lolo's 34

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17.04.2008

Laurent FABIUS "Mon rôle : aider à reconstruire la gauche et à proposer des solutions aux problèmes du pays"

cd0b93c1e4ba0a8962ff88f76b3575e5.jpgInterview de Laurent Fabius parue dans Le Parisien.

Quel jugement portez-vous sur l’action du gouvernement ?

C’est le grand cafouillage. Après les zig-zags gouvernementaux sur la présence à la cérémonie d’inauguration des JO de Pékin, après Mme Kociusko-Morizet dénonçant « la lâcheté » de ses collègues, après le « candidat de la hausse du pouvoir d’achat » transformé en Président du tour de vis, voila l’embrouillamini sur la suppression de la carte familles nombreuses. M. Sarkozy exerce une omniprésidence mais une omniprésidence brouillonne et de courte vue. Av